Service minimum pour les Bleus contre la Hongrie

Crédit photo : FIBA

Au terme d'un match extrêmement médiocre, l'équipe de France s'est faite très peur dans le money-time mais a assuré l'essentiel en battant la Hongrie (78-74). Un succès qui qualifie officiellement les Bleus pour les huitièmes de finale, mais qui a révélé des signes inquiétants en terme de comportement, à l'image de la "querelle" entre Thomas Heurtel et Rudy Gobert.

Quand la parabole envoyée par David Vojvoda s’est élevée dans le ciel de la Lanxess Arena, on a revu danser les fantômes du Liban 2006 ou de la Nouvelle-Zélande 2010 devant nous. Le tir était ouvert, pris en rythme et propre à donner les commandes de la rencontre à la Hongrie à 22 secondes du buzzer final (74-72). Heureusement, le ballon a frappé le devant du cercle puis le plexiglas avant de terminer dans les grandes mains de Rudy Gobert. « On était tout proche de la catastrophe », souffle Vincent Collet.

Trois heures après avoir observé la mine déconfite de Luka Doncic quitter le parquet après avoir subi sa première défaite dans un EuroBasket (93-97 contre la Bosnie-Herzégovine), il faut déjà savoir se satisfaire d’une chose : l’essentiel est assuré. « Le plus important était vraiment de gagner », lance ainsi Guerschon Yabusele, de nouveau MVP du soir (17 points à 6/8, 3 rebonds et 2 passes décisives en 24 minutes). Un succès qui qualifie officiellement les Bleus pour les huitièmes de finale de la compétition. C’est bien la seule certitude que les tricolores pourront conserver ce dimanche sur le chemin de leur hôtel, de l’autre côté du Rhin.

La qualification, et c’est tout…

La mine circonspecte d’Andrew Albicy (photo : FIBA)

Car pour le reste, la troupe du capitaine Fournier a été en deçà des standards requis pour un match de cette envergure, à point qu’une équipe constituée – pour caricaturer – de onze anonymes entourés par Adam Hanga a failli terrasser le vice-champion olympique. Une fois n’est pas coutume : les Bleus ont démarré très sérieusement. À la 7e minute, avec 7 points de Rudy Gobert, ils menaient 19-5. Fin de l’histoire, déjà ? Non, la France ralentit et s’arrête de jouer : un 11-0 remet la Hongrie dans le coup (21-20, 11e minute). Au retour des vestiaires, les tricolores appuient de nouveau sur l’accélérateur et l’écart enfle jusqu’à 15 points (65-50, 29e minute). Cette fois, ils ont forcément appris leur leçon et ne redonneront plus une seule raison aux Hongrois d’espérer ? Encore raté : un invraisemblable total de 8 balles perdues dans le quatrième quart-temps (!) portera l’équipe de France jusqu’au bord du précipice. « Si on jouait aux cons avec eux, on savait qu’ils allaient revenir », soupire Guerschon Yabusele. Et pourtant, c’est exactement ce qu’ils ont fait…

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Les raisons à cette frayeur sont nombreuses, et trouvent d’abord leur source dans la prestation réussie de la veille. Rassurée par sa belle performance contre la Lituanie (77-73), l’équipe de France n’a pas abordé cette rencontre avec autant d’application et de concentration. « Il y a eu un relâchement un peu idiot de notre part », admet Vincent Poirier, rejoint par Andrew Albicy : « On n’a pas été sérieux. » L’enchaînement des matchs commence également à se faire sentir sur les organismes. « C’était un back-to-back : il y avait un peu moins d’énergie, un peu plus d’erreurs, on était moins rigoureux sur les détails », explique Guerschon Yabusele.

Une altercation Heurtel – Gobert comme symbole d’une attitude défaillante

Rudy Gobert termine avec 15 points et 9 rebonds (photo : FIBA)

Au-delà de ces considérations, énormément de signaux ont été négatifs. « On a manqué d’enthousiasme, on se frustre trop vite, on ne s’est pas battu comme on devrait en match international, on était trop tranquilles, on ralentissait dès qu’on creusait l’écart, on montait la balle en marchant alors qu’on pouvait courir… », a énuméré un Vincent Collet passablement agacé par « le comportement » de son équipe. Jusqu’à une acmé en forme d’altercation verbale entre Rudy Gobert et Thomas Heurtel au cours d’un temps-mort du money-time. « C’est une petite querelle, ça arrive avec l’adrénaline des matchs », dédramatise le triple All-Star NBA. « Il y a des moments où c’est chaud, et c’était un de ces moments-là. C’est une histoire qui va rester dans le vestiaire entre nous. Ça fait des années qu’on joue ensemble avec Thomas et le sang est toujours chaud. Ça vient de notre côté compétiteur, de notre envie de gagner et de bien faire car on sentait que l’on pouvait jouer mieux et ça amenait de la frustration. » De quoi pousser Vincent Collet, très fort dans ses propos en parlant de « déconstruction de l’équipe », à appeler à « une prise de conscience sur le comportement général ». Une expression déjà employée à trois reprises cette semaine, après la défaite à Sarajevo puis après le revers contre l’Allemagne. Comme pour illustrer le surplace des Bleus… Quand bien même le ticket pour Berlin est désormais en poche. Mais allez demander à la Lituanie, fanny après trois journées et en respiration artificielle suite à l’exploit bosnien, si la qualification était réellement une formalité…

À Cologne,

 

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Qui a écrit ce papier ?

Alexandre Lacoste

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