Victorieux du Mali, les Bleuets au rendez-vous des quarts de finale

Deux ans après, leurs aînés ont été vengés. Battue par le Mali en demi-finale de la Coupe du Monde 2019 (73-76), l’équipe de France U19 a cette fois surmonté sans difficulté l’obstacle malien en huitième de finale à Riga (86-52). Bien sûr, les Aigles n’avaient plus les serres aussi puissantes qu’à Héraklion, quand bien même Oumar Ballo était toujours de l’aventure, mais au moins, les Bleuets ont eu le mérite de se rendre la tâche facile, face à une équipe qui, chose rare, était en mesure de rivaliser athlétiquement avec eux.

Clément Frisch en homme providentiel inattendu

Une nouvelle fois, il a cependant fallu passer par une entame difficile, marquée par les deux fautes extrêmement rapides de Victor Wembanyama et une intensité défensive suspecte (19-18, 7e minute). Le nouvel intérieur de l’ASVEL benché pendant toute la première mi-temps, Frédéric Crapez a dû trouver d’autres solutions et, en relais de Matthew Strazel et Lucas Ugolin qui avaient été les premiers détonnateurs, la lumière est venue de Clément Frisch, si peu en vue au cours du premier tour mais terriblement précieux en ce mercredi midi par sa polyvalence défensive et sa justesse offensive (12 points à 5/10, 8 rebonds et 2 passes décisives en 20 minutes. « C’est vrai que je n’étais pas trop en réussite depuis le début de la compétition mais je suis resté prêt et je savais que le jeu allait venir à moi à un moment donné », apprécie le MVP du championnat Espoirs.

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Des deux côtés du terrain, l’impact de Clément Frisch a fait le plus grand en première mi-temps
(photo : FIBA)

Comme souvent, après les ronronnements de la première période, les Bleuets ont appuyé sur l’accélérateur au retour des vestiaires, face à une équipe du Mali qui s’est trompée de match à en croire Oumar Ballo. « Après une très bonne première mi-temps, nous avons arrêté de défendre lors du troisième quart-temps. On leur a laissés trop de tirs faciles, on a été tellement soft. On a pris beaucoup de tirs extérieurs alors que notre vrai point est dans la raquette. » Effectivement, outre l’imperméabilité défensive retrouvée (seulement 6 points encaissés dans le troisième acte) à l’image des 4 contres de Wembanyama sur ce laps de temps), les tricolores ont profité des nombreux échecs lointains du Mali (2/18), des balles perdues offertes à la pelle (26) pour enfin réussir à développer leur jeu rapide et définitivement couper les ailes des Aigles (66-39, 30e minute). « En seconde mi-temps, nous sommes restés concentrés sur ce qu’on avait à faire. Le Mali est une équipe qui donne son cœur. Il fallait réussir à gérer le repli défensif et le rebond. On a su le faire, ce qui nous a permis de dérouler notre basket et d’avoir une fin de match beaucoup plus tranquille. »

« L’objectif, c’est d’aller au bout »

Comme face à l’Argentine mardi, le sélectionneur Frédéric Crapez pourra se satisfaire d’une véritable belle performance collective, avec la preuve qu’il y a tellement d’autres options que Victor Wembanyama dans ce groupe. Contenu à 7 points à 3/8, aucunement la pierre angulaire du jour, sa discrétion offensive – si l’on excepte un tir du logo qui fait déjà le tour des réseaux sociaux – est passée complètement inaperçue et c’est peut-être la meilleure nouvelle du jour. Les qualités athlétiques de Lucas Ugolin, l’adresse de Louis Lesmond, l’énergie de Yvan Ouedraogo et le talent de Jayson Tchicamboud (14 points à 3/5, 5 rebonds et 8 passes décisives pour 22 d’évaluation en 23 minutes) ont permis à l’équipe de France de rayonner dans tous les secteurs, si ce n’est peut-être à la mène où Matthew Strazel a perdu sa réussite (3/13) après une entame convaincante et où Rudy Demahis-Ballou continue de vivre un Mondial délicat. « C’est une belle victoire d’équipe », synthétise Louis Lesmond. « Nous avons joué dur, en se partageant la balle. On a fait le boulot. »

Un travail bien fait qui permet à l’équipe de France d’être la première nation qualifiée pour les quarts de finale où ils affronteront probablement la Lituanie (opposée à l’Iran dans l’après-midi) vendredi à Riga. Face à Azuolas Tubelis et les siens, les Bleuets subiront leur premier vrai test sur un match couperet. Avec l’idée d’en disputer encore deux supplémentaires ensuite…  « Quoiqu’il arrive, ce sera un match difficile. À nous d’être prêts pour pouvoir passer en demi-finale. On est un groupe ambitieux, on ne se fixe pas de limites. L’objectif, c’est d’aller au bout », conclut Clément Frisch.

À Riga,

par

Qui a écrit ce papier ?

Alexandre Lacoste

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