Damien Inglis, l’âge de raison : « J’ai été patient »

Crédit photo : FIBA

A 27 ans, Damien Inglis a mesuré le chemin parcouru après avoir brillé en équipe de France pour sa première sélection, contre la Lituanie ce vendredi.

15 points, 8 rebonds, 3 passes décisives, Damien Inglis (2,03 m, 27 ans) n’a pas manqué sa grande première en équipe de France masculine A. Complémentaire à Victor Wembanyama, l’intérieur de Gran Canaria a démontré toute sa puissance et son sens du jeu lors de la victoire des Bleus en Lituanie vendredi. Pourtant, beaucoup avaient cessé de croire à un destin international pour Damien Inglis, rookie à l’âge de 27 ans. Il faut dire que la carrière du Guyanais n’a pas été un long fleuve tranquille. Prospect NBA à l’adolescence alors qu’il était le leader de la génération 95 au Centre Fédéral, il n’a connu qu’un passage éclair en NBA (20 matchs entre 2013 et 2015) avant de devoir se réaffirmer en Europe. Mais après plusieurs expériences contrastées dans le championnat de France, c’est finalement au sein d’un championnat espagnol qu’il semble se réaliser, à tel point qu’il a fait son entrée dans le cinq majeur des Bleus dès sa première à Panevezys.

Au cours d’un énorme succès, le plus large de l’histoire entre la France et la Lituanie (+25, 65-90), Damien Inglis a brillé et s’est montré comme l’un des plus en vue de son équipe avec Victor Wembanyama (20 points) et Sylvain Francisco (21 points). Une juste récompense pour le natif de Cayenne passé par Roanne lors de ses débuts professionnels (2013-2014) et qui bonifie son bon début de saison en Espagne à Gran Canaria en Liga Endesa (10,9 points, 5,3 rebonds, 2,6 passes décisives) et en EuroCup aux côtés d’Andrew Albicy. « Ça fait plaisir, ça faisait très longtemps que je n’avais pas porté le maillot de l’équipe de France », a-t-il déclaré, en référence aux nombreuses compétitions jeunes disputées jusqu’ici. « C’est toujours un plaisir de revenir chez les Bleus, mais j’ai surtout envie d’aider l’équipe à atteindre ses objectifs. »

Plus affuté physiquement car stable mentalement

Damien Inglis, ici lors de l’Euro U16 en 2010 en compagnie de Benjamin Sene et Alexandre Chassang (Photo : FIBA)

Entré avec un an d’avance au Centre Fédéral, Damien Inglis a donc joué un an en Pro A, à Roanne, avant de tenter l’aventure NBA. Drafté en 31e position par les Milwaukee Bucks en 2014, il a surtout évolué en G-League. « Je me suis blessé à mon premier workout NBA. Lors de la Draft, j’étais déjà out pour un an et demi. J’ai quand même sauté sur l’occasion et je suis parti quand je me suis senti prêt. Trop tôt ? Je ne sais pas… J’ai passé 3 ans en NBA, mais je n’étais en bonne santé que durant un an. »

À son retour en Europe, Damien Inglis a tâtonné avant de retrouver le championnat de France (en 2017), d’être mis de côté à Limoges (en 2018-2019), de rebondir à Strasbourg (2019-2020) puis de se rendre utile dans la conquête de l’EuroCup 2021 à Monaco, en partageant la raquette avec Mathias Lessort, J.J. O’Brien et Wilfried Yeguete. En équipe de France, ce joueur formé en tant que point-foward (ailier créateur) a retrouvé Vincent Collet, son entraîneur de la SIG qui ne l’avait alors jamais oublié. « La première chose qu’il m’a dite lorsque que je suis arrivé au stage : « Tu vois, il fallait être patient », confessait Damien Inglis, dont le physique plus affiné (120 kg et 14% de masse graisseuse contre 127 kg et 18% de masse graisseuse lorsqu’il était à Monaco) n’est pas pour rien dans ses bonnes performances actuelles. « Quand tu es jeune, tu veux tout avoir tout de suite. Tu entends ta famille, tes agents, ton entourage qui veulent te mettre à un certain endroit. Et tu as tendance à brûler les étapes. C’était mon cas. Vincent m’a fait comprendre le basket européen, m’a aidé à être meilleur et m’avait dit que les choses viendraient à moi. J’ai été patient. J’ai passé les deux meilleures années de ma carrière en Espagne et maintenant, je suis en Équipe de France. »

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« Aujourd’hui, je suis là où j’ai envie d’être »

Damien Inglis
Damien Inglis s’est longtemps cherché après son retour en NBA et durant son passage en France. (Photo : Sebastien Grasset)

Malgré son retour en Europe, l’intérieur s’est longtemps « cherché » et a eu du mal à remettre les pieds sur terre après avoir été un prospect de premier plan à 19 ans. « Il y a eu beaucoup de hauts et de bas. J’ai mis énormément de temps pour arriver à une certaine maturité, je cherchais la personne que j’étais avant de trouver le basketteur », avouait l’intérieur en début de stage à Nanterre. « Maintenant, j’ai enfin passé ce cap. Ce n’était pas facile de passer de meilleur prospect de sa génération aux blessures où j’ai dû réapprendre à courir et à marcher, à m’adapter à un basket en constante évolution, mais aussi à gérer mes problèmes de poids, les doutes, etc. Pas mal de choses qui m’ont beaucoup retardé et qui ont mis un gros coup de frein sur ma progression. Aujourd’hui, je suis enfin stable dans ma tête et je suis là où j’ai envie d’être. »

Ce lundi, contre la Bosnie-Herzégovine (20h30), devant le public de Pau, l’intérieur pourra s’appuyer sur cette première remarquée afin de confirmer son très bon début de saison et sa première sélection réussie en Bleus, mais surtout de qualifier la France pour la Coupe du monde. Avant de continuer sur sa lancée en club et goûter à de nouvelles sélections chez les Bleus ?

Propos recueillis à Nanterre,

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Qui a écrit ce papier ?

Théo Tetard

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