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Des anciens de G-League bientôt en NCAA : la frontière amateur/pro toujours plus floue en championnat universitaire

NCAA - Tom Izzo, coach emblématique de Michigan State, s’insurge contre la décision de la NCAA d’autoriser d’anciens joueurs de G-League, comme London Johnson et Thierry Darlan, à rejoindre la NCAA. Une révolution qui bouleverse les règles d’éligibilité et pourrait redéfinir le paysage du basketball universitaire américain.
Des anciens de G-League bientôt en NCAA : la frontière amateur/pro toujours plus floue en championnat universitaire

Les temps changent : London Johnson a joué trois saisons en G-League avant de… découvrir la NCAA

Crédit photo : London Johnson
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Tom Izzo, figure respectée du basketball universitaire américain, a pris la parole après les récentes signatures de deux anciens joueurs de G-League – London Johnson à Louisville et Thierry Darlan à Santa Clara. Pour le coach de Michigan State, cette évolution décidée sans concertation marque un tournant inquiétant pour la NCAA, déjà fragilisée par la montée du NIL (Name, Image and Likeness) et la dérégulation du marché des transferts.

La NCAA repousse encore les limites de l’amateurisme

Pendant des décennies, la règle était claire : tout joueur ayant perçu une rémunération au-delà de ses frais réels perdait son éligibilité en NCAA. Mais dans le sillage de la mondialisation du basket et des multiples exceptions accordées à des joueurs étrangers passés par des clubs professionnels, la ligne s’est progressivement brouillée.

Aujourd’hui, c’est une brèche historique : Johnson, ancien joueur quatre étoiles au lycée, a joué trois saisons professionnelles en G-League Ignite (7,6 points de moyenne) avant de s’engager avec Louisville. Quant à Darlan, issu du programme NBA Academy Africa, il est devenu le premier joueur de G-League autorisé à évoluer en Division I.

Ces décisions, validées sans communication publique claire de la part de la NCAA, remettent en question la notion même d’amateurisme. Pour Izzo, « le problème ne vient pas des joueurs, mais des adultes qui prennent ces décisions sans concertation », indique-t-il dans des propos rapportés par ESPN.

Tom Izzo tire la sonnette d’alarme

Le coach légendaire de Michigan State n’a pas mâché ses mots : « C’est ridicule. C’est embarrassant. Je ne respecte plus les gens qui décident de ça. » Selon lui, la NCAA agit par peur d’éventuelles poursuites judiciaires, sans mesurer les conséquences sur les jeunes qu’elle est censée protéger.

Izzo s’inquiète surtout pour les lycéens qui voient leurs places menacées par des joueurs plus âgés et déjà professionnels. « Que dire au freshman que vous avez recruté ? Il croit avoir trouvé sa place, et soudain on lui impose un joueur de 22 ans sorti de la G-League. »

Le coach ironise même : « Si c’est comme ça, je vais peut-être rappeler Magic Johnson et Jaren Jackson Jr. pour qu’ils rejouent pour nous. » Mais derrière l’humour, son message est grave : le système est en train de perdre sa cohérence.

Un virage à haut risque pour le basket universitaire

Avec ces ouvertures, la NCAA semble glisser vers un modèle hybride, entre université et ligue semi-professionnelle. Les effets d’entraînement pourraient être nombreux : hausse des transferts, perte de repères pour les jeunes, et concurrence directe avec des structures comme la G-League Ignite.

Pour Izzo, une refondation s’impose : « La NCAA doit se regrouper. Ce n’est pas aux joueurs qu’il faut en vouloir, mais aux adultes qui permettent ces absurdités. »

Le coach, fidèle à ses principes, résume la situation d’une phrase : « Peut-être que je suis vieux jeu, mais je ne serai jamais d’accord avec ça. »

Image Gabriel Pantel-Jouve
Gabriel Pantel-Jouve est le fondateur et rédacteur en chef de BeBasket, qu’il anime depuis 2010 (sous le nom de Catch & Shoot). Passé par l’Ecole Publique de Journaliste de Tours, puis deux universités en Amérique du Nord, il a pu développer son expertise sur le basket français, de la Ligue Nationale aux divisions amateurs, durant ces 20 dernières années. En parallèle, il est aussi engagé dans le développement de clubs du côté de Montpellier.

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