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Finances du basket pro : des résultats plutôt positifs, malgré le poids structurel de l’EuroLeague

La DNCCG, le gendarme financier de la Ligue Nationale de Basket (LNB), a détaillé son rapport financier au 30 juin 2025. Des revenus records, une part croissante de ressources privées et un encadrement renforcé, mais toujours un déséquilibre marqué en Betclic ÉLITE lié aux trois clubs participant à l’EuroLeague.
Finances du basket pro : des résultats plutôt positifs, malgré le poids structurel de l’EuroLeague

Une fois de plus, l’ADA Blois a été exédentaire en 2024-2025, malgré un passage de la Betclic ELITE à l’ELITE 2

Crédit photo : Tuan Nguyen

La DNCCG a publié son rapport financier détaillé au 30 juin 2025, confirmant une tendance déjà observée ces dernières saisons : le basket professionnel français continue de croître en revenus, mais la Betclic ÉLITE demeure marquée par un fort déséquilibre économique, largement concentré sur les clubs engagés en EuroLeague. À l’inverse, l’ÉLITE 2 poursuit sa structuration et affiche des indicateurs financiers de plus en plus solides.

Des revenus records, mais une rentabilité difficile à trouver en Betclic ÉLITE

Sur le plan des recettes, la Betclic ÉLITE maintient en 2024-2025 les niveaux historiquement élevés atteints lors des deux exercices précédents. Malgré le passage de dix-huit à seize clubs, les produits d’exploitation progressent encore de 1%, preuve de l’attractivité commerciale et médiatique du championnat.

Les revenus privés y prennent une place prépondérante : ils représentent désormais 83% des produits d’exploitation, contre 80% la saison précédente. Sponsoring et recettes de matchs constituent ainsi le socle du modèle économique de la majorité des clubs, traduisant une volonté claire de réduire la dépendance aux subventions publiques.

Un déficit d’exploitation toujours massif, concentré sur l’EuroLeague

Derrière cette dynamique de revenus, la réalité économique reste préoccupante. Le résultat d’exploitation cumulé de la Betclic ÉLITE s’élève à -34 M€ au 30 juin 2025, un niveau quasi identique à celui de la saison précédente (-32,6 M€).

Comme chaque année, ce déficit est quasi exclusivement porté par les clubs engagés en EuroLeague. À eux seuls, les trois représentants français concentrent 32,2 M€ de pertes d’exploitation. L’AS Monaco Basket pèse particulièrement lourd, avec près de 60% de ce déficit total.

Le résultat d’exploitation moyen par club se dégrade encore (-2,1 M€), tandis que le nombre de clubs à l’équilibre ou bénéficiaires recule fortement : seulement quatre clubs présentent un résultat d’exploitation positif, contre huit un an plus tôt.

Un résultat net artificiellement stabilisé

La perte nette cumulée de la Betclic ÉLITE est limitée à – 813 000 € au 30 juin 2025, contre -9,7 M€ un an auparavant. Une amélioration en trompe-l’œil, essentiellement liée aux abandons de créances et apports financiers des actionnaires.

Ces opérations capitalistiques ont permis de stabiliser la situation nette de la division, qui reste proche de 8,6 M€. Les fonds propres cumulés ont certes diminué (9,7 M€ un an plus tôt), mais restent à un niveau jugé confortable par la DNCCG. Des opérations de recapitalisation ont notamment été réalisées par le Limoges CSP et l’ESSM Le Portel.

À l’issue de la saison 2024-2025, un seul club de Betclic ÉLITE présente une situation nette négative, avec l’obligation réglementaire de revenir à l’équilibre sous trois saisons.

Des modèles économiques très contrastés

L’analyse des recettes de matchs et du sponsoring met en lumière de fortes disparités entre clubs. Certains financent plus de 70% de leur exploitation grâce à ces revenus privés, quand d’autres demeurent très dépendants des subventions d’exploitation.

Cette hétérogénéité illustre la coexistence, au sein même de la Betclic ÉLITE, de modèles économiques très différents, rendant toute comparaison globale délicate et renforçant la complexité de la régulation financière.

L’ÉLITE 2 poursuit sa montée en puissance

En contraste avec la première division, l’ÉLITE 2 affiche une dynamique globale plus saine. Les produits d’exploitation y progressent fortement en 2024-2025, avec une hausse globale de 30%, liée à la fois au passage de dix-huit à vingt clubs et à une croissance réelle des revenus générés.

En moyenne, les recettes de matchs atteignent 847 000 euros par club, contre 571 000 euros la saison précédente, portées par une fréquentation record dans les salles pour la troisième année consécutive. Les revenus de sponsoring progressent également, à 1,3 M€ par club en moyenne.

Un déficit d’exploitation ciblé, une majorité de clubs à l’équilibre

Comme en Betclic ÉLITE, l’ÉLITE 2 reste déficitaire sur le plan de l’exploitation (-2,4 M€ cumulés). Mais ce déficit est très concentré : quatre clubs expliquent à eux seuls plus de trois millions d’euros de pertes, parmi lesquels l’Elan Béarnais Pau-Lacq-Orthez, les Antibes Sharks ou le Nantes Basket Hermine.

À l’inverse, plus de la moitié des clubs présentent une exploitation équilibrée ou bénéficiaire. Le Caen Basket Calvados se distingue même par un résultat d’exploitation positif de 550 000€, accentué par l’organisation de la Leaders Cup.

Une division désormais assainie financièrement

Grâce aux apports des actionnaires et à plusieurs opérations de capitalisation, le résultat net consolidé de l’ÉLITE 2 ressort bénéficiaire à hauteur de 1 M€ en 2024-2025. La situation nette cumulée de la division atteint ainsi 7,1 M€, contre 2,9 M€ un an plus tôt.

Alors que quatre clubs affichaient une situation nette négative au 30 juin 2024, tous les clubs d’ÉLITE 2 présentent désormais des fonds propres au moins à l’équilibre, et plus de la moitié dépassent les 200 000 euros, offrant un réel matelas de sécurité financière.

Une prudence affichée pour 2025-2026

Les budgets prévisionnels pour la saison 2025-2026 traduisent une approche globalement prudente, tant sur les revenus privés que sur les ambitions de masse salariale. Dans un contexte socio-économique et géopolitique incertain, la DNCCG appelle à la vigilance, tout en soulignant que le niveau actuel des fonds propres permet d’absorber les cycles économiques.

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Image Gabriel Pantel-Jouve
Gabriel Pantel-Jouve est le fondateur et rédacteur en chef de BeBasket, qu’il anime depuis 2010 (sous le nom de Catch & Shoot). Passé par l’Ecole Publique de Journaliste de Tours, puis deux universités en Amérique du Nord, il a pu développer son expertise sur le basket français, de la Ligue Nationale aux divisions amateurs, durant ces 20 dernières années. En parallèle, il est aussi engagé dans le développement de clubs du côté de Montpellier.