France – Pologne : aux portes du grand monde

Crédit photo : FIBA

Seulement une journée après le second miracle du quart de finale contre l'Italie, l'équipe de France va disputer une place en finale de l'EuroBasket avec la Pologne ce vendredi après-midi à 17h15. Si les Bleus sont bénis des dieux, ils se méfient d'une équipe qui jouera de façon décomplexée après avoir sorti la Slovénie de Luka Doncic.

Du soulagement, de l’excitation, de la concentration et de la prudence. Voilà l’atmosphère qui règne autour de l’équipe de France après un nouveau miracle face à l’Italie (93-85 a.p) en quart de finale de l’EuroBasket. Ce jeudi midi, la pression est retombée pour Vincent Collet. Face aux journalistes français lors du traditionnel point presse des Bleus à l’aube d’un match qui peut voir les tricolores rallier la finale de l’EuroBasket, le sélectionneur des Bleus s’est confié sur la défaite des Slovènes et a fait le point sur son équipe.

Dans l’autre quart de finale de la soirée, la Pologne a créé la sensation en sortant une Slovénie méconnaissable. Portés par un immense Mateusz Ponitka (26 points à 8/17, 16 rebonds et 10 passes décisives pour 41 d’évaluation en 35 minutes), les Polonais ont donné le ton dans le premier quart juste avant que la Slovénie ne s’écroule dans le deuxième quart-temps. Maladroits en attaque et à trois points, incapables de faire des stops en défense, les Slovènes se sont liquéfiés alors que les Michal Sokolowski, Olek BalcerowskiA.J. Slaughter et Jaroslaw Zyskowski ont récité leurs gammes, jusqu’à même prendre 23 points d’avance (54-3118′). Une vague tellement agressive, qu’elle a ébranlée les Slovènes et inquiété le sélectionneur des Bleus, Vincent Collet : « Cette équipe de Pologne en première mi-temps me faisait plus peur qu’autre chose. Enfin, peur, c’est un peu fort, mais au moins, elle m’inquiétait. »

La Pologne : moins de talent offensif, mais une défense intraitable

Mateusz Ponitka
Mateusz Ponitka et les Polonais n’auront rien à perdre face aux Bleus en demi-finales. (Photo : FIBA)

Une crainte à juste titre quand on voit comment les Polonais sont revenus dans la rencontre alors que le momentum n’était clairement pas de leur côté, bien aidés par leur homme providentiel Mateusz Ponitka (26 points, 16 rebonds et 10 passes décisives !). « Même quand j’ai cru que la Slovénie allait quand même gagner au début du quatrième quart-temps, on les a senti émoussés par rapport à ce qu’on a vu la semaine dernière », a déclaré Collet. « En l’occurrence, il faut jouer la Pologne comme une demi-finale de championnat d’Europe. Ils ne l’ont pas volé. Ils sont allés la chercher. Dans le troisième quart-temps, les Polonais ont eu une panne de courant. Comme nous, mais après, ils se sont finalement bien repris au moment où on aurait pu penser qu’ils allaient perdre et ils ont su trouver de l’énergie pour faire la différence. »

Cependant, les Bleus vont devoir hausser leur niveau de jeu face à une équipe ultra agressive en défense. Un paramètre que Vincent Collet avait déjà pris en compte face à la Turquie et l’Italie et dont il va falloir s’attacher à appliquer sérieusement. « Je sais qu’on connaît moins les joueurs, mais pour avoir déjà regardé cette nuit les matchs de poules, c’est une autre opposition. Ils ont beaucoup moins d’armes offensives, mais une défense beaucoup plus solide que ne l’aurait été celle de la Slovénie », a dit le Normand, avant de poursuivre. « Il ne faut pas du tout s’attendre au même type de match. Il faut vraiment qu’on se prépare à cette agressivité défensive contre une des équipes qui à mon sens, entoure le mieux dans la balle dans la compétition. Ils mettent de la pression, ils sont très agressifs et il va falloir qu’on trouve les solutions sur ce qu’ils vont nous proposer. »

Les Bleus, plus grand adversaires d’eux-mêmes

Après une première phase de poules en dents de scie, l’équipe de France a sans doute été galvanisée par les deux victoires à l’arrachée, acquises face à la Turquie et à l’Italie. Un petit supplément d’âme qui peut porter les Bleus, mais pas question de compter dessus dans un premier temps. « Ce petit supplément d’âme est dépendant de nos objectifs initiaux. Nous avions vraiment envie d’être là. J’ose espérer que nous n’auront pas besoin de ça. Par contre, ça peut porter la Pologne, qui n’est pas arrivée en demi-finales de l’Euro depuis 51 ans (1971). Je n’ai pas d’inquiétude. On veut aller au bout, mais maintenant, ça ne se joue pas que là-dessus. En ce qui nous concerne, ce sont toutes les choses que nous montrons en termes d’inconstance, les pertes de balles, mais pas seulement. Il y a des moments où nous n’exploitons pas bien les rapports de force. »

Timothé Luwawu-Cabarrot
Timothé Luwawu-Cabarrot et les Bleus sont à 40 minutes d’une finale de l’EuroBasket. (Photo : FIBA)

Dans le rayon des carences, l’équipe de France n’est pas vernie. Une inconstance qui a longtemps préoccupé le sélectionneur français dans cet EuroBasket, mais qui désormais ne rêve plus d’effacer la tâche. « Ça fait partie de notre équipe, et il faut l’accepter. Oui, il y a beaucoup de choses qu’on pourrait travailler, mais le problème, c’est que c’est utopique de penser qu’on puisse le faire en 24 h. On ne va pas pouvoir tout travailler. Il va déjà falloir qu’on cible comment jouer contre notre adversaire en attaque. Le problème qu’on a dans les troisièmes quart-temps, c’est structurel. Là, ça se répète. Il faut qu’on vive avec et qu’on essaie de minimiser cela. Je ne rêve plus par rapport à ça. » Cependant, à 40 minutes d’une potentielle finale de l’EuroBasket, l’équipe de France n’a toujours pas rassuré dans le jeu et a apprivoisé le goût du risque« On va jouer contre une équipe qui peut nous battre, mais on peut les battre aussi. Et il ne faut pas oublier qu’on n’a pas encore fait notre match référence dans le tournoi. Il faut se dépêcher parce qu’il n’en reste plus que deux. Il est temps de le faire ! » 

Une mission capitale à bien négocier pour continuer de nourrir l’espoir de la médaille d’or. Une conviction de plus en plus d’actualité, grâce à la récente tournure des évènements. Deux soirs pour l’histoire, place au premier !

À Berlin,

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Qui a écrit ce papier ?

Théo Tetard

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