ITW Jacob Gilyard, la ch’tite étincelle américaine qui rallume la flamme du BCM Gravelines-Dunkerque

Le cœur avant les centimètres : Jacob Gilyard, le nouveau grand maître du Nord
Il ne lui a fallu que quelques matchs pour prouver que le talent ne se mesurait pas en centimètres. Débarqué sur les côtes du Nord en plein cœur de l’hiver, Jacob Gilyard (1,75 m, 27 ans) n’est pas venu en touriste, mais en général. Avec son profil de meneur de poche et son regard qui semble toujours avoir trois passes d’avance sur la défense adverse, l’ancien joueur des Memphis Grizzlies a immédiatement insufflé un vent d’espoir sur un BCM Gravelines-Dunkerque en quête de second souffle.
Passeur d’élite, intercepteur compulsif et leader par l’exemple, le « Chti » Américain a fait de sa petite taille son arme la plus redoutable pour se fondre dans l’identité résiliente des Maritimes.
Les chiffres parlent d’ailleurs pour lui. En seulement trois sorties sous la tunique maritime, Jacob a déjà pris le pouls de la Betclic ÉLITE avec une ligne de statistiques impressionnante : 13,3 points (à 35% derrière l’arc), 3,3 rebonds, 5,7 passes et 1,7 interception pour 17,3 d’évaluation en 30 minutes de moyenne. Après une première rencontre de rodage face à Strasbourg (9 d’évaluation), le meneur a passé la vitesse supérieure, compilant 24 d’évaluation face à Dijon puis 19 contre Nancy. Des performances majuscules qui ne sont pas restées vaines, puisqu’elles se sont soldées par deux victoires cruciales pour le maintien du club.
Entre deux entraînements, celui qui pourrait bien être la pièce manquante du puzzle de Jean-Christophe Prat a pris le temps de se poser. Pour nous, il retrace son parcours, son arrivée express, sa connexion spéciale avec Neal Quinn et son ambition de transformer la fin de saison du BCM en une véritable épopée.
Rencontre avec le nouveau métronome nordiste.
Un nouveau chef d’orchestre sur la côte
Jacob, ton arrivée a été fulgurante. Pourquoi avoir choisi Gravelines si vite après ton départ de Cantù ?
« Honnêtement, je n’avais pas le sentiment de pouvoir vraiment jouer mon jeu à Cantù. Le style de jeu que le coach souhaitait mettre en place ne me correspondait pas forcément. Je connaissais un peu le championnat français, et après mes échanges avec le coach Jean-Christophe Prat et notre GM Romuald Coustre, j’ai senti que le BCM serait un très bon fit pour moi. »
Tu as retrouvé ici Neal Quinn, ton coéquipier à Richmond en NCAA. Est-ce que sa présence a facilité ton intégration ?
« Tous les gars de l’équipe sont cools, mais Neal a vraiment rendu ma transition ici beaucoup plus simple. J’ai fait partie de ceux qui l’avaient aidé à être recruté à Richmond à l’époque, donc c’est assez drôle de voir la boucle se boucler et de l’avoir aujourd’hui en train de me “recruter” à Gravelines. »
L’art de dominer sans toiser
Quelles sont tes premières impressions sur le niveau de la Betclic Élite ?
« Le championnat est aussi rapide que ce qu’on m’avait annoncé ! Il y a énormément d’athlétisme et de talent, donc c’est vraiment agréable à découvrir. J’aime beaucoup cette ligue et j’ai pris du plaisir sur les premiers matchs que j’ai joués. L’ambiance, l’énergie et le niveau de jeu sont très élevés. Je pense que le fait d’utiliser ma vitesse et ma vivacité pour compenser la dimension physique est mon plus gros avantage. C’est comme ça depuis toujours pour moi, donc j’essaie simplement de transformer ma taille en un atout. Je me définirais comme un vrai meneur gestionnaire, qui cherche avant tout à tout faire pour aider son équipe à gagner : contrôler le jeu et le tempo, et rendre ses coéquipiers meilleurs. »
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— One Motive Sports (@OneMotiveSports) January 24, 2026
Comment se passe ta relation avec Jean-Christophe Prat sur le terrain ?
« Je pense que notre relation est très bonne. J’apprécie beaucoup le coach Prat. Il a une vision claire de là où nous en sommes en tant qu’équipe et de la manière dont nous pouvons progresser. Je sens qu’il me fait confiance, et pour un joueur, c’est essentiel. Cette confiance me donne toute la liberté et la sérénité nécessaires pour jouer mon basket, presque comme une extension du coach sur le terrain. Nos échanges portent surtout sur ce que nous voyons dans le jeu, en comparant les bonnes et les mauvaises lectures, ce qui m’aide individuellement mais aide aussi l’équipe collectivement. »

« Le BCM est le club le plus pro que j’ai connu en Europe »
Le club a traversé des épreuves difficiles depuis deux ans et l’incendie de Sportica, sa salle. Ressens-tu cette atmosphère particulière ?
« Oui, il y a clairement quelque chose de spécial entre la communauté, les supporters et le club. On ressent une vraie résilience dans toute la ville. J’adore ce club. C’est le club le plus professionnel que j’ai connu en Europe jusqu’à présent. Ils font un excellent travail pour prendre soin des joueurs et nous fournir toutes les ressources dont on a besoin. C’est très familial, et ça nous permet de nous concentrer pleinement sur notre travail sur le terrain. »
Et la vie dans le Nord, ce n’est pas trop dur pour un Américain de débarquer en plein hiver ?
« Honnêtement, je suis assez habitué au froid, donc ça va ! Mais surtout, les supporters ont été incroyables. Je n’ai pas encore goûté aux spécialités locales, mais je compte profiter de la trêve FIBA dans quelques semaines pour explorer un peu plus le nord de la France. Le match du Carnaval approche et j’ai vraiment hâte de vivre ça, puis de découvrir Dunkerque ensuite ! »
De Memphis à la mission maintien nordiste
Tu as connu la NBA avec les Grizzlies et les Nets. Que gardes-tu de cette expérience ?
« Être avec les Grizzlies pendant la série de playoffs contre les Lakers a été un moment fort pour moi, notamment pour voir le niveau de préparation et de concentration que demandent les playoffs NBA. Il y a eu énormément de belles rencontres et de souvenirs durant mon passage en NBA. La principale chose que j’essaie de transmettre aux plus jeunes, c’est la confiance. Je suis passé par là moi aussi. Louka Letailleur et Soren Bracq ont déjà montré qu’ils pouvaient apporter et jouer à ce niveau. Il faut simplement qu’une mauvaise passe ou quelques erreurs ne les détournent pas de ce dont ils sont capables, tout en continuant à apprendre et à progresser. Je suis aussi très enthousiaste pour l’avenir de Romain Valakou. Nous avons de très jeunes talents prometteurs ici au BCM. »

Comment as-tu trouvé ta place en tant que meneur et te considères-tu comme l’un des nouveaux leaders vocaux de ce collectif ?
« Nous avons plusieurs leaders dans cette équipe. L’environnement est sain, chacun peut s’exprimer, dire ce qu’il voit ou même responsabiliser les autres. Ça dépend donc des moments. Personnellement, je suis plutôt un leader vocal, mais pas dans le sens de crier. Plutôt dans une manière de communiquer qui me permet de m’adapter à la personne à qui je parle et de l’aider avec ce que je vois sur le terrain. »

Quelles sont tes ambitions pour cette fin de saison ?
« Individuellement, je pense pouvoir encore jouer à un meilleur niveau, et c’est ce qui m’enthousiasme le plus par rapport à ce bon début. Collectivement, je crois que nous pouvons nous donner une chance d’accrocher les play-in. Personne n’est satisfait de notre situation actuelle, donc nous essayons de nous sortir de cette position délicate. Si nous continuons à jouer comme nous le faisons actuellement, on verra où cela nous mène en fin de saison. »
𝗘𝗡 𝗠𝗔𝗜𝗧𝗥𝗘 🎩
Jacob Gilyard n’en finit plus de régaler en #BetclicELITE 🏴☠️
Une nouvelle grosse performance pour notre meneur Américain 🇺🇸#MoreThanTheNorth pic.twitter.com/ISLAufYPd1
— BCM Basketball (@BCMBasket) January 31, 2026
Jacob hors des parquets
Qui est Jacob Gilyard en dehors du basket ?
« Je dirais que je suis quelqu’un de très tourné vers la famille. J’aime être entouré de mes proches, de mes amis, et passer de bons moments. J’aime penser que je suis quelqu’un d’assez drôle, mais ça dépend sûrement de à qui vous posez la question ! En dehors du basket, je joue surtout aux jeux vidéo, aux jeux de cartes, ou je discute avec mes amis et ma famille. Après ma carrière, je me vois bien me diriger vers le coaching, comme mon père, ou éventuellement vers le journalisme sportif. Mais il est difficile pour moi d’imaginer une vie sans le basket, sous une forme ou une autre. »
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