ITW Nando De Colo : « À l’ASVEL, il n’y avait pas d’objectif bien défini »

9 matchs, 9 victoires pour Nando De Colo avec le Fenerbahçe
Nando, vous êtes au Fenerbahçe depuis près d’un mois désormais. Comment se déroule votre intégration ?
Ça se passe bien dans l’équipe. Comme je l’ai dit à ma famille quand je suis arrivé ici, ça ne reste que du basket et c’est quelque chose que je maîtrise plutôt bien. Je dois apporter mon expérience à l’équipe, essayer de comprendre la philosophie du coach. Après, je connaissais les attentes du coach (Sarunas Jasikevicius) me concernant. C’est toujours plus simple d’arriver dans un environnement où l’on sait ce que l’on attend de soi. Et puis l’équipe tourne bien, je ressens que les gars sont contents de mon arrivée. Il y a pas mal de communication, à la fois de mon côté, parce que c’est mon rôle, mais aussi du leur, pour savoir comment on peut évoluer ensemble.
« Mais vu que le Fenerbahçe a continué de pousser… »
Quand le Fenerbahçe a appelé, était-ce une évidence de quitter l’ASVEL ?
Non, ce n’était pas une évidence du tout. J’avais eu des contacts d’un autre club juste avant le Fenerbahçe (avec l’Olympiakos, en novembre, ndlr). Il y avait donc déjà eu cette réflexion auparavant, surtout par rapport à ma famille. Je n’ai jamais trop aimé le confort baskettement parlant, mais c’est différent quand il y a une famille. C’était compliqué de chambouler la vie de mes petites. Elles arrivent bientôt pour me rejoindre à Istanbul (entretien réalisé jeudi 29 janvier, ndlr).
Au début, je me suis dit que ça ne servait à rien de trop se prendre la tête tant qu’il n’y avait rien de concret. Ce n’était pas forcément une situation que j’attendais. Mais vu que le Fenerbahçe a continué de pousser… Il y a eu un long moment sans réponse de l’ASVEL. Je me suis dit que le Fenerbahçe allait arrêter de se renseigner. Mais non, ils ont continué, jusqu’à ce que Gaëtan (Muller) ait écho de la situation. Il a pris contact avec mon agent et les discussions se sont enchaînées. J’ai eu le temps d’en discuter avec ma femme, même avec mes filles, surtout la plus grande, qui était motivée. Ça a été un peu les montagnes russes au début, car elle pensait à ses copines. Mais elle était motivée à l’idée de venir à Istanbul, les petites aussi. C’est cool quand la famille suit.
Mais qu’est-ce qui vous a convaincu d’un point de vue sportif ?
J’ai pesé le pour et le contre. J’avais eu des discussions avec l’ASVEL quelques mois auparavant où ils m’ont bien fait comprendre que l’objectif était surtout une année de transition pour le club, donc bon… Je leur ai dit que je les entendais, que j’allais continuer à être la personne que je suis : c’est-à-dire venir aux séances et m’entraîner à fond, même s’il n’y avait pas d’objectif bien défini. C’est compliqué d’être dans un environnement professionnel où il n’y a pas d’objectif de la direction, mais en essayant de faire le maximum tous les jours. Ça commence par le coach Pierric (Poupet) et c’est ce qu’ils continuent à faire. Je ne doute pas qu’ils tenteront d’aller chercher le plus possible, même s’il n’y a pas d’objectif défini.

Là, au moins, vous avez un objectif clair : aller chercher votre troisième EuroLeague…
Bien sûr. C’est toujours bien d’avoir des objectifs. Mais quand j’ai eu Saras au téléphone, on s’est dit qu’il y avait un but, oui, mais que pour l’atteindre, c’est autre chose. Il faut du boulot. On ne sait pas ce que ça va donner mais il y a une vraie motivation pour ça. Le Fenerbahçe est le champion en titre, il y a un trophée à défendre. Et il n’y a pas que l’EuroLeague : il y a une Coupe de Turquie, un championnat de Turquie. Il y a plusieurs choses à aller chercher, c’est sympa.
« Ma dernière saison ? Je ne sais pas »
Ce renouveau peut-il vous pousser à repousser l’heure de la retraite et étirer votre carrière une saison supplémentaire ?
Je ne sais pas. C’est une question très vaste. À l’heure actuelle, je suis en contrat jusqu’à la fin de la saison car ils m’ont bien expliqué qu’ils n’avaient pas de visibilité sur la suite. D’un côté, cela me convenait, car c’était ce que j’avais avec l’ASVEL. Mais on verra bien maintenant…

S’il n’y avait pas l’EuroLeague au bout, cela pourrait être une bonne raison de continuer, non ?
Il n’y a pas que cela qui va jouer. Évidemment que ça reste la priorité d’un sportif de haut niveau mais il y a plein de paramètres qui vont rentrer en compte. Je ne suis pas là pour faire mes adieux à tout le monde, même si ça doit être ma dernière saison. À côté de ça, il y a plein de belles choses qui peuvent s’offrir à moi pour l’après et il y a un temps pour tout. Donc chaque chose en son temps. C’est compliqué à dire, c’est une situation que je vais gérer en fin de saison. Avec les réseaux sociaux, vous savez comment ça fonctionne : tout le monde a le droit de dire ce qu’il a envie mais le seul qui est capable de prendre une décision, c’est moi. Donc je verrai bien.
Propos recueillis à Istanbul,



























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