La justice française approuve l’extradition du basketteur russe vers les États-Unis

Daniil Kasatkin va-t-il être extradé par la France vers les Etats-Unis
La justice française a rendu mercredi un avis favorable à l’extradition vers les États-Unis du basketteur professionnel russe Daniil Kasatkin. Le joueur de 26 ans, qui évoluait la saison passée avec l’équipe de Moscou MBA-MAI, avait été arrêté le 21 juin à l’aéroport parisien de Roissy alors qu’il se rendait en France avec sa fiancée qu’il venait de demander en mariage.
Un réseau de hackers présumé aux lourdes conséquences
La justice américaine soupçonne Daniil Kasatkin d’avoir fait partie d’un réseau de pirates informatiques particulièrement actif. Ce groupe aurait, via un rançongiciel, attaqué plus de 900 entreprises, associations et entités gouvernementales entre 2020 et 2022. Le basketteur est spécifiquement accusé d’avoir négocié le paiement des rançons, ce qu’il conteste fermement.
Placé sous écrou extraditionnel le 23 juin, Kasatkin fait l’objet d’un mandat d’arrêt américain pour « complot en vue de commettre une fraude électronique » et « complot en vue de commettre une fraude informatique ». Ces accusations lui font encourir un total de 25 ans de prison.
Une défense qui dénonce l’absence de preuves
« Je n’ai aucun lien » avec cette affaire, avait affirmé le basketteur lors d’une audience le 8 octobre, où il était apparu amaigri et fatigué, vêtu d’un sweat et T-shirt noirs. Son avocat, Me Frédéric Bélot, estime qu’« aucun élément de preuve » n’est apporté par la justice américaine. La défense souligne notamment que l’adresse IP incriminée était en fait « un VPN auquel tout le monde peut se connecter ».
L’avocat avait également tenté une stratégie procédurale, demandant la libération immédiate de son client en invoquant le dépassement du délai de 60 jours prévu par le traité bilatéral d’extradition franco-américain pour communiquer une demande complète, des traductions manquant au dossier.
Un dossier suivi de près par Moscou
L’affaire attire l’attention des autorités russes, comme en témoigne la présence du consul de Russie en France Alexey Popov lors des audiences, accompagné d’un journaliste de l’agence Tass. « Cela n’a pas de sens qu’un sportif qui n’a aucune connaissance en informatique puisse être soupçonné d’avoir commis de telles choses », a déclaré le consul, expliquant que le basketteur avait simplement acheté « un ordinateur d’occasion » lors de ses études aux États-Unis.
Me Frédéric Bélot réfléchit désormais avec son client à se pourvoir en cassation. Comme l’avait prédit l’avocat : « Devant un jury américain, basketteur le jour et hacker la nuit, ça ne passera pas », mais « sa tragédie » sera le « grand préjudice » porté à sa carrière de basketteur.






















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