Méritante, l’ASVEL triomphe à Valence

Crédit photo : Miguel Angel Polo / Valencia Basket

Pourtant très poussive en début de match, l'ASVEL l'a finalement emporté à Valence (77-76). Les huit points de Nando De Colo dans le dernier quart-temps ont porté Lyon-Villeurbanne vers son premier succès européen de la saison.

« Grande De Colo, los años no pasan para el ! », s’égosillait le commentateur radio assis à côté de nous à Valence (« Que De Colo est grand, les années n’ont pas d’emprise sur lui », en version française). Mi-désabusé mi-admiratif, notre confrère local s’est retrouvé plongé dans un flash vieux de douze ans, lorsque l’Arrageois offrait l’EuroCup au club espagnol. Mais cette fois, NDC est revenu à la Fonteta pour livrer son premier chef-d’œuvre sous le maillot villeurbannais : 8 points dans le dernier quart-temps afin de permettre à l’ASVEL de décrocher sa première victoire européenne de la saison (77-76). « Et il faut aussi dire que c’est lui qui nous a remis en selle dans le deuxième quart-temps en faisant scorer les autres », ajoutait Paul Lacombe. « À la fin du match, il a pris les choses en main. Je l’ai aussi trouvé mieux physiquement que sur ses premières sorties : peut-être que ça a eu un impact, qu’il était un peu court auparavant. Au final, il nous a grandement aidés. » En isolation sur Rivero, à mi-distance devant Dubjlevic, en attaquant Radebaugh ou en back-door : Nando De Colo a fait étalage de toute sa palette offensive pour porter l’ASVEL en terre promise à Valence.

Des coups de sifflets surprenants dans les dernières secondes

Applaudi par la Fonteta avant le match, De Colo n’a fait aucun cadeau à son ancien public (photo : Miguel Angel Polo)

Un succès à la petite valeur symbolique pour le club villeurbannais puisqu’en six visites, l’équipe rhodanienne n’était jamais repartie triomphante de la Fonteta. Mais plus que les livres d’histoire, T.J. Parker pourra apprécier la première pierre posée par son groupe en EuroLeague cette saison. « Ça fait du bien », appréciait l’entraîneur double champion de France. « C’était un match très dur mais on prend la victoire ! Surtout que cela aurait pu aller des deux côtés… » Une pièce en l’air, en effet, dans le money-time où les décisions arbitrales ont suscité autant d’incompréhension dans les deux camps. D’abord quand les arbitres n’ont pas visionné tous les angles du challenge vidéo sur un tir de Nando De Colo à 16 secondes du buzzer final (à 76-76), capté par Joffrey Lauvergne après la sirène des 24 secondes. Vu de sous le panier, le shoot semblait bel et bien avoir effleuré le cercle mais les officiels ont redonné le ballon à Valence. « Quand tes coéquipiers sont sûrs d’eux, tu les crois », soufflait Paul Lacombe. « Donc quelque part, il y a une justice sur la dernière action ! » Une possession phagocytée par le lutin Jared Harper, tout droit débarqué de La Nouvelle-Orléans, qui a suscité la colère du public local en tentant sa chance seul à 7 mètres et, surtout, en balançant sa jambe vers Jonah Mathews. Les arbitres ont sifflé faute sur une balle considérée comme neutre, puisque après le tir, et ont donc accordé deux lancers-francs à l’ancien scoreur de Wloclawek, qui a converti celui de la victoire. « En sifflant quelque chose comme ça, je comprends que les gars de Valence soient complètement frustrés », relativisait ensuite Paul Lacombe.

Charles Kahudi, « le facteur X »

Dominant des deux côtés du terrain, Youssoupha Fall a livré l’une de ses meilleures prestations en EuroLeague (photo : Miguel Angel Polo)

En dehors des polémiques, l’ASVEL pourra également apprécier le caractère entrevu ce vendredi. Très poussifs en début de match (25-36, 15e minute), stéréotypés en attaque, maltraités par leur ex Chris Jones (auteur de 13 points en première mi-temps), les coéquipiers de Retin Obasohan (13 unités) ont renversé le match par un improbable 23-2, jusqu’à mener 48-38 à la 22e minute. Outre l’étincelle amenée par De Colo, cette série fut également marquée par le retour en fanfare de Charles Kahudi, auteur de 9 points à 100% dans les derniers instants du deuxième quart-temps. « Au-delà de ses paniers, il a eu un impact très positif des deux côtés du terrain », soulignait Paul Lacombe. « Il a été le facteur X ! Je ne pense pas que Valence l’ait scouté donc peut-être qu’il a eu plus d’espace. Cela a été fondateur pour la suite du match. » On retiendra enfin le chantier de Youssoupha Fall, clairement beaucoup plus dominant que la saison dernière, à créditer d’un double-double de haut vol (10 points à 5/6 et 13 rebonds). Il fallait bien tout cela pour mater une équipe de Valence avide de se racheter devant un public légèrement circonspect devant son début de saison. Et surtout… « Il fallait le prendre ce match ! », clamait l’arrière originaire de Vénissieux.« On va avoir une très grosse semaine avec des déplacements chez le Fenerbahçe et au Maccabi Tel-Aviv donc cette victoire est très importante. » D’autant plus que l’ASVEL ne sait que trop bien combien il est difficile de gagner loin de ses bases en EuroLeague, elle qui n’est repartie souriante que d’un seul déplacement continental en 2022 (à Kaunas en mars). « Une victoire en EuroLeague, franchement, c’est une valeur quadruplée par rapport au championnat », savourait ainsi Lacombe. « Même si c’était un très gros match, aller gagner au Portel, c’est censé être normal pour nous. Alors que venir battre Valence à Valence, ce n’est peut-être pas un exploit non plus mais c’est quelque chose, c’est une très grosse victoire ! Un succès en EuroLeague a toujours plus d’impact sur la suite des évènements. » Aux Villeurbannais, repartis en avion dans la foulée du match, de construire dessus désormais, avec une seconde pierre à poser dimanche à l’Astroballe face à Gravelines-Dunkerque…

À Valence,

 

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Qui a écrit ce papier ?

Alexandre Lacoste

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