Qui sont les adversaires des Bleus ? La Pologne présentée par son ancien sélectionneur

Crédit photo : FIBA

Sélectionneur de la Pologne entre 2014 et 2021, Mike Taylor livre son avis sur les douze joueurs polonais qui affronteront l'équipe de France ce vendredi en demi-finale de l'EuroBasket.

Assis sur le banc de la Pologne pendant 111 rencontres de 2014 à 2021, Mike Taylor (50 ans) est un observateur privilégié de la formidable aventure polonaise à Berlin puisqu’il commente les matchs pour la FIBA. Il peut même toujours en être considéré comme l’un des acteurs majeurs, si l’on en croit les propos d’Aaron Cel. « On a construit tous ces automatismes avec coach Mike Taylor depuis 2014. C’est lui qui a inculqué cet état d’esprit collectif, cette osmose… On a changé de coach il y a un an. S’il a voulu faire trop de changements au début en rajeunissant l’équipe, il a ajouté sa cerise sur le gâteau au niveau tactique. Nous avons un collectif extraordinaire grâce aux années Mike Taylor et tactiquement, nous sommes à un très haut niveau grâce à Igor Milicic. »

Alors que la plupart des joueurs de l’équipe de Pologne sont méconnus en France, Mike Taylor a accepté de nous les présenter.

Mike Taylor lors de l’EuroBasket 2015 (photo : FIBA)
  • A.J. Slaughter (poste 1, 1,91 m, 35 ans, Gran Canaria)

« Il a été d’une importance fondamentale dans le succès de l’équipe polonaise depuis sept ans. Il est bien connu du basket français, notamment grâce à son passage à l’ASVEL. Quand il nous a rejoint, il est d’abord venu pour endosser le rôle de combo-guard. Les gens disaient que ce n’était pas un poste 1, et il s’est finalement développé en un fantastique meneur. La clé avec A.J., c’est qu’il peut créer son jeu offensif, il peut aller chercher un panier tout seul. Quand les équipes mettent la Pologne sous la pression, il peut se créer un 3-points ou attaquer le cercle. Quand les choses deviennent difficiles, la Pologne se tourne vers A.J.. Humainement, il est extrêmement intelligent, avec la petite touche de caractère qu’il faut. Je ne peux pas trouver un meilleur exemple d’intégration d’un joueur naturalisé que lui. »

Ses statistiques de l’EuroBasket : 14,3 points à 43% de réussite aux tirs, 2,4 rebonds et 3,1 passes décisives en 27 minutes

 

  • Lukasz Kolenda (poste 1, 1,95 m, 23 ans, Slask Wroclaw)

« Pendant mon mandat de sélectionneur, j’ai vraiment travaillé très dur pour l’aider à progresser. Je pense qu’il est le meneur du futur pour la Pologne. Il a joué à Sopot avant de partir au Slask Wroclaw, donc il possède déjà un peu l’expérience de compétitions européennes. Il apprend à contrôler le jeu, à maîtriser le tempo. C’est un joueur très explosif, excellent athlète pour sa taille et je pense que cet été lui servira grandement pour la suite. Il faudra garder un oeil sur lui. Pour l’instant, il gagne en expérience dans son rôle »

Ses statistiques : 4,3 points à 55%, 0,8 rebond et 0,3 passe décisive en 8 minutes

 

  • Jakub Schenk (poste 1, 1,84 m, 28 ans, Tours)

« Il a joué en Pologne pendant l’intégralité de sa carrière avant d’arriver en France la saison dernière. Je crois qu’il était heureux de voir autre chose. Schenk fait partie des joueurs qui a gravi les échelons jusqu’à la sélection nationale. Il a fait du bon boulot dans le championnat polonais. C’est un gamin dur, très compétitif. Lui aussi bénéficie à plein de cette expérience à l’EuroBasket. »

Ses statistiques : 1,7 point à 36%, 0,5 rebond et 0,8 passe décisive en 6 minutes

 

  • Michal Michalak (poste 2, 1,97 m, 28 ans, Manisa)

« Ce qu’il faut apprécier avec lui, c’est sa capacité à scorer ! Il peut shooter de loin, il joue très bien en sortie d’écran, il a un bon jeu sans ballon. Il a su s’expatrier en Espagne, en Italie, en Allemagne et ailleurs (même à Boulogne-Levallois pour une pige en fin de saison dernière sous les ordres de Vincent Collet, ndlr). Aller à l’étranger lui a permis de développer son jeu. Il est l’une des clefs de la profondeur de l’effectif polonais. Il est vu comme l’un des lieutenants des leaders. En sortie du banc, c’est vraiment un joueur essentiel. »

Ses statistiques : 6,3 points à 44%, 3,1 rebonds et 1,1 passe décisive en 16 minutes

Michal Michalak n’a pas réussi ses playoffs avec les Mets de Vincent Collet (photo : FIBA)
  • Jakub Garbacz (poste 2, 1,97 m, 28 ans, Stal Ostrow Wielkopolski)

« Il connait très bien le coach Igor Milicic puisqu’il a évolué sous ses ordres en club. Jakub apporte des flashs offensifs immédiats en sortie de banc. C’est un shooteur de série à 3-points. Il fera de son mieux pour mettre le porteur de balle sous pression mais ce n’est pas un grand défenseur. Son rôle est vraiment d’artiller de loin. Dans le championnat polonais, je l’ai vu prendre des coups de chaud et gagner des matchs à lui tout seul grâce à son adresse longue distance. »

Ses statistiques : 3,7 points à 42% et 1,1 rebond en 10 minutes

 

  • Mateusz Ponitka (poste 2-3, 1,98 m, 29 ans, Reggio Emilia)

« Le fait qu’il ait réalisé le troisième triple-double de l’EuroBasket révèle son talent à l’Europe entière mais toute la Pologne sait depuis une décennie ce que ce mec est capable de faire. Sur la plus grande scène internationale, il peut poser sa main sur un match d’une multitude de façons différente. Il l’a fait lors de la Coupe du Monde, il le refait aussi. C’est un joueur de niveau EuroLeague et quand je vois à quel point la FIBA met certaines stars NBA en avant, je pense qu’il passe un peu inaperçu. Il joue avec son cœur, avec beaucoup de détermination. Ce qui m’impressionne le plus est son leadership, il a quand même été le capitaine du Zénith Saint-Pétersbourg en EuroLeague. C’est lui qui tient le plus le ballon, il se décale facilement sur le poste 1. Son EuroBasket est fantastique, il doit être dans le cinq majeur de la compétition, et peut-être même candidat au trophée de MVP. »

Ses statistiques : 15 points à 44%, 6,4 rebonds et 6,9 passes décisives en 28 minutes

26 points, 16 rebonds et 10 passes décisives pour Mateusz Ponitka contre la Slovénie ! (photo : FIBA)
  • Michal Sokolowski (poste 3, 1,96 m, 29 ans, Trévise)

« Soko est l’un des joueurs les plus sous-estimés de cette équipe selon moi. Il est incroyablement physique. Malgré sa petite taille, il peut même se décaler sur le poste 4 tellement il excelle au rebond. Vous avez vu contre la Slovénie comment il a défendu sur Doncic et l’a challengé sur le plan athlétique. Il peut jouer en post-up, il attaque très bien les close-outs et il ne cesse de progresser au tir. Je ne vois pas un autre joueur qui a autant progressé que lui lors de mon époque avec la Pologne. Sans prendre la lumière des projecteurs, il est véritablement un membre fondamental de cette équipe depuis plusieurs années. »

Ses statistiques : 12,9 points à 48%, 4,4 rebonds et 2,4 passes décisives en 31 minutes

 

  • Jaroslaw Zyskowski (poste 4, 2,03 m, 30 ans, Sopot)

« Son père a déjà été international, il est issu d’une grande famille basket. C’est un joueur majeur du championnat polonais, qui est aussi un peu parti à l’étranger. Sa force est d’étirer les défenses, c’est un stretch 4. Il possède de grosses qualités de shoot. Lui aussi peut enchaîner les paniers. Contre la Slovénie, sa contribution en sortie de banc a été essentielle. Il est arrivé sur le tard en sélection mais il est vite devenu important car il n’est pas égoïste et intelligent. Pour écarter le jeu et tirer de loin, il peut être particulièrement efficace. »

Ses statistiques : 4,3 points à 29%, 1,9 rebond et 0,6 passe décisive en 18 minutes

 

« J’ai une histoire à vous raconter : en 2015, lors de sa deuxième campagne internationale, on avait joué l’équipe de France à Montpellier. Il était tellement motivé pour ce match que je l’ai mis dans le cinq de départ, à la place de Damian Kulig. Quand je lui ai dit qu’il allait démarrer, il avait tellement de fierté et d’énergie que je savais qu’il n’allait pas me décevoir. Il ne m’a pas déçu. Je sais très bien ce que ces matchs contre les Bleus représentent pour Aaron. Il sera prêt à jouer, il va donner le meilleur de lui-même. Il comprend très bien la portée de cet évènement. Il a été un joueur clef dans la progression de l’équipe de Pologne, un super coéquipier avant tout. Il y a eu des époques où il s’est établi comme un gros shooteur à 3-points, alors qu’il peut aussi marquer du poste. C’est un défenseur intelligent. Ce match va être particulièrement spécial pour lui. »

Ses statistiques : 5,6 points à 44%, 2,9 rebonds et 1,4 passe décisive en 19 minutes

 

  • Aleksander Dziewa (poste 4, 2,07 m, 24 ans, Slask Wroclaw)

« Il sort de deux excellentes saisons avec le Slask Wroclaw. Il peut jouer sur les deux postes intérieurs donc il se distingue par sa polyvalence avec l’équipe de Pologne. Par son alternance offensive aussi puisqu’il peut marquer de près comme de loin. Il était sur le terrain lors des moments cruciaux contre la Slovénie donc je pense que cela va énormément lui servir, notamment en terme de confiance. À mon avis, il sera incontournable à l’avenir. »

Ses statistiques : 2,6 points à 38%, 3,3 rebonds et 0,8 passe décisive en 13 minutes

 

  • Aleksander Balcerowski (poste 5, 2,15 m, 21 ans, Gran Canaria)

« L’oiseau ! A.J. Slaughter lui a trouvé ce surnom et quand il dunke, les gars sur le banc font semblant de battre des ailes. Il continue de se développer, il va devenir un grand pivot. Sa palette offensive est développée : 3-points, jeu au poste, pick and roll, mobilité. Il a gagné en confiance grâce à son bon championnat d’Europe. Il espérait être drafté en NBA mais ça n’a pas pu se faire. Je suis persuadé que c’est un late-bloomer : ses meilleures années sont devant lui. Il sera un leader de la sélection pendant très longtemps et je pense qu’il aura une carrière européenne remarquable. En plus, sa connexion avec A.J. Slaughter est excellente grâce à leurs années à Gran Canaria. A.J. arrive vraiment à tirer le meilleur de lui. »

Ses statistiques : 12 points à 66%, 4 rebonds et 2,1 passes décisives en 22 minutes

L’oiseau Balcerowski, élu meilleur jeune de l’EuroCup en 2021 (photo : FIBA)
  • Dominik Olejniczak (poste 5, 2,08 m, 26 ans, Gravelines-Dunkerque)

« Son surnom est Yogi. Il a longtemps joué en NCAA. Lui aussi est un joueur important de cette équipe grâce à sa dimension athlétique. Offensivement, il est assez brut de décoffrage, il doit continuer à travailler sur ce plan. Mais tout le monde apprécie sa physicalité, sa dureté, sa défense, son état d’esprit. Je pense que jouer en France sera une étape importante dans sa carrière et je suis heureux qu’il ait prolongé son contrat avec Gravelines. »

Ses statistiques : 1,3 point à 25% et 1,3 rebond en 8 minutes

À Berlin,

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Qui a écrit ce papier ?

Alexandre Lacoste

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