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De la Nationale 1 aux Milwaukee Bucks : Jordan Barham raconte son grand saut vers la NBA

NBA - Quelques semaines après avoir disputé les play-offs de Nationale 1 avec Tours, Jordan Barham a rangé ses baskets pour intégrer le staff des Milwaukee Bucks. Le jeune retraité raconte les coulisses de ce virage spectaculaire, ses ambitions au sein de la franchise NBA et aussi son attachement à la France.
De la Nationale 1 aux Milwaukee Bucks : Jordan Barham raconte son grand saut vers la NBA

Quelques semaines après les play-offs de NM1, il réalise son rêve de NBA

Crédit photo : Tours Métropole Basket
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À Tours, rien ne laissait forcément penser que Jordan Barham (1,95 m, 31 ans) vivait les derniers matchs de sa carrière. Encore performant sous le maillot de l’Union Tours Basket Métropole, l’Américain, qui est parfaitement bilingue Anglais/Français, a terminé la saison avec 9,1 points, 3,5 rebonds et 1 passe pour 9,4 d’évaluation en seulement 17 minutes sur 42 matchs au sein d’une formation quart de finaliste des Playoffs de Nationale 1.

Mais derrière cette ultime campagne en Nationale 1 se préparait déjà une nouvelle vie. Après près de dix années passées en France, entre Challans, Vanves, LyonSO et Tours, le natif de Cleveland dans l’Ohio a choisi de mettre un terme à sa carrière de joueur professionnel. Une décision mûrement réfléchie, accélérée par une occasion difficile à refuser : rejoindre la cellule vidéo des Milwaukee Bucks.

Désormais lancé dans une nouvelle trajectoire, l’ancien tourangeau participera au scouting, à l’élaboration des plans de jeu et au développement individuel des joueurs. Pour BeBasket, il revient sur sa dernière saison, son attachement à la France et les étapes qui l’ont conduit de la NM1 à une franchise NBA.

« Au fond de moi, je pensais que ce serait probablement ma dernière saison »

 

Il y a quelques semaines à peine, vous disputiez les play-offs de Nationale 1 avec Tours. À quel moment avez-vous décidé de mettre un terme à votre carrière de joueur ?

C’est fou de se dire que je disputais encore les play-offs au début de l’été. Mais, honnêtement, la retraite était une idée qui me trottait dans la tête depuis un bon moment au cours de la saison. Même avant de signer à Tours, je réfléchissais déjà à ce que je voulais faire après le basket.

Il y a deux ans, au Luxembourg, j’ai dû gérer des blessures et je n’ai pas terminé la saison comme je l’aurais souhaité. J’avais toujours cette passion pour le jeu et cette envie de faire partie d’une équipe. Alors, lorsque le coach Moatassim Rhennam et le directeur sportif Nicolas Serdos m’ont parlé du projet de Tours, j’ai senti que c’était une belle occasion de tenter une dernière aventure. Nous avons finalement vécu une année vraiment spéciale ensemble, et c’était exactement le genre d’expérience que je recherchais. (Tours a terminé quart de finaliste face à Mulhouse. Lors de la série, Jordan a marqué 10, 12 puis 18 points pour ses derniers matchs).

Au moment de signer à Tours, je gardais néanmoins au fond de moi l’idée que ce serait probablement ma dernière saison professionnelle. Je voulais m’offrir une année supplémentaire de compétition, prendre du plaisir sur le terrain et vraiment savourer l’expérience. Même si la décision a pu paraître soudaine de l’extérieur, elle ne l’était donc pas vraiment. Après les play-offs, j’en ai discuté avec ma famille. J’étais très satisfait de ce que j’avais accompli et convaincu d’être prêt à passer à autre chose.

Après une saison à 9,1 points et 3,5 rebonds de moyenne en seulement 17 minutes de jeu par match, aviez-vous encore des offres ou l’envie de poursuivre votre carrière ?

Oui, bien sûr. Le basket a rythmé ma vie pendant plus de vingt ans, et rien ne me plaît autant que d’entrer sur le terrain pour livrer bataille avec mes coéquipiers. J’ai évidemment connu des blessures au cours de ma carrière, mais je me sentais très bien physiquement et j’ai réalisé de bonnes performances vers la fin de la saison. Je n’avais aucun doute sur ma capacité à continuer à jouer à haut niveau, et plusieurs équipes ont effectivement contacté mon agent.

Cependant, lorsque des occasions de travailler en NBA se sont présentées, j’ai su que c’était le bon moment pour arrêter de jouer et entamer ce nouveau chapitre de ma vie.

PROFIL JOUEUR
Poste(s): Arrière / Ailier
Taille: 195 cm
Âge: 31 ans (18/09/1994)

Nationalités:

logo usa.jpg
Stats 2025-2026 / NM1
PTS
9,1
#136
REB
3,5
#149
PD
1
#243

« Tout s’est enchaîné rapidement avec Milwaukee »

 

Comment l’occasion de rejoindre les Milwaukee Bucks s’est-elle présentée, et quelles ont été les étapes menant à la confirmation de votre arrivée ?

Honnêtement, les choses se sont passées assez vite avec Milwaukee. Au fil des années, j’avais noué des liens avec l’un des entraîneurs adjoints, qui était passé par plusieurs autres équipes avant de rejoindre les Bucks. Après notre élimination des play-offs, il m’a contacté au sujet du poste et j’ai entamé le processus de recrutement. J’ai passé un entretien en personne à Milwaukee, puis j’ai eu plusieurs échanges par visioconférence avec des membres du staff technique. Peu de temps après, ils m’ont proposé le poste et j’ai accepté.

Tout s’est enchaîné rapidement, mais je suis très reconnaissant de cette opportunité. J’avais également passé des entretiens avec d’autres équipes, mais je savais que Milwaukee était l’endroit idéal pour moi et pour la suite de ma progression.

Pourquoi avez-vous choisi de devenir coordinateur vidéo ? Aviez-vous déjà commencé à préparer votre après-carrière pendant que vous étiez encore joueur ?

J’ai toujours voulu travailler en NBA et, traditionnellement, la cellule vidéo constitue une porte d’entrée pour beaucoup de personnes.

Comme je l’ai dit, c’était un rêve pour moi. J’ai donc commencé, tout au long de ma carrière de joueur, à tisser des liens avec des personnes gravitant autour de la NBA. Je savais qu’un jour, je voudrais intégrer la ligue. J’ai donc veillé à nouer des relations et à apprendre autant que possible en chemin.

Concrètement, quelles seront vos principales responsabilités quotidiennes au sein du staff des Bucks ?

L’un des aspects les plus gratifiants de ce travail réside dans son caractère fluide et dynamique. Pendant la saison, aucune journée ne se ressemble. Une part importante sera évidemment consacrée à la vidéo. J’analyserai les images pour aider les entraîneurs dans le scouting, l’élaboration des plans de jeu et différents projets. Mais je jouerai également un rôle dans le développement des joueurs sur le terrain, en participant aux entraînements, aux séances de travail individuel et au suivi de la réathlétisation. En résumé, je suis là pour aider le staff de toutes les manières possibles, lui faciliter la tâche et contribuer à faire gagner l’équipe.

« La France est vraiment devenue mon foyer »

 

Comment vos années passées dans les championnats français, notamment à Challans, Vanves, LyonSO et Tours, vous ont-elles préparé à analyser le jeu au plus haut niveau mondial ?

Je pense que mes années en France m’ont préparé de bien des manières. En évoluant au sein de ces différents clubs, j’ai eu l’occasion de côtoyer divers entraîneurs et coéquipiers, mais aussi de découvrir plusieurs systèmes et styles de jeu.

Chaque étape m’a appris quelque chose de nouveau sur la manière dont le basket se joue et, peut-être plus important encore, sur la façon dont les joueurs et les équipes réagissent face au changement et à l’adversité. En tant que joueur, on passe son temps à regarder des matchs, à étudier les adversaires, à repérer leurs habitudes et à essayer de comprendre pourquoi certaines équipes gagnent et d’autres non. Au fil des années, je me suis davantage intéressé à ces détails et j’ai commencé à percevoir le jeu au-delà de mon simple rôle sur le terrain. Cette longue expérience de joueur m’a également appris à identifier rapidement certaines situations en temps réel : le spacing, les systèmes, les dispositifs défensifs et tous ces petits ajustements capables de faire basculer un match.

La NBA représente évidemment le sommet du basket mondial et j’ai encore énormément à apprendre. Mais je pense que mon long parcours de joueur m’offre une perspective particulière. Je suis ravi de pouvoir mettre à profit tout ce que j’ai appris en France et de continuer à enrichir ces connaissances à Milwaukee.

Photo: Tours Métropole Basket

Après près de dix ans en France, quel regard portez-vous sur la Nationale 1 et sur le rôle qu’elle a joué dans votre parcours personnel et professionnel ?

Honnêtement, après presque dix ans en France, il est difficile de mettre des mots sur ce que ce pays et la Nationale 1 représentent pour moi, tant sur le plan personnel que professionnel. Je crois que l’on sous-estime parfois le niveau de compétitivité et la qualité de la Nationale 1. Ce championnat m’a permis de mener une longue carrière, d’évoluer à un niveau élevé et d’appréhender de multiples facettes du jeu. Il m’a aussi véritablement appris à jouer au basket dans les règles de l’art. Il faut faire preuve d’intelligence, comprendre le jeu, savoir lire les situations, s’adapter et trouver le moyen d’avoir un impact sur la rencontre, soir après soir.

Au-delà du basket, cette expérience m’a beaucoup appris sur la gestion de l’adversité et sur la création de liens avec des personnes issues d’horizons différents. Lorsque je regarde en arrière, je suis extrêmement reconnaissant pour ce parcours et pour toutes les relations que j’ai nouées en chemin.

La France est vraiment devenue mon foyer. J’ai appris la langue et découvert la culture française. Je conserverai toujours un lien particulier avec ce pays ainsi qu’avec les personnes qui ont jalonné mon parcours.

Tours Métropole Basket

Une expérience de joueur au service du staff des Bucks

 

Votre expérience de joueur professionnel vous permettra-t-elle d’apporter un regard différent de celui d’un membre du staff issu exclusivement de la vidéo ou du scouting ?

Absolument. Même si je n’ai jamais joué en NBA, je pense que mon expérience de joueur professionnel m’offre une perspective différente, car j’ai connu l’autre versant de l’information.

Je sais ce que signifie vivre dans un vestiaire, préparer les matchs, assister aux séances vidéo, recevoir des rapports de scouting et devoir ensuite utiliser toutes ces informations pour être performant sous pression.

Je comprends les besoins des joueurs, leur façon d’assimiler les choses et la manière de communiquer pour qu’ils saisissent correctement le message. Je connais également leur quotidien : les entraînements, le travail physique, les déplacements, la récupération, la rééducation, les réunions et tout ce qui entre dans la préparation nécessaire pour atteindre le haut niveau. La NBA représente évidemment un niveau différent, et j’ai beaucoup à apprendre sur la ligue et sur son fonctionnement. Mais je pense que mon expérience de joueur sera précieuse pour mieux comprendre les joueurs et créer un lien avec eux.

Que représente pour vous le fait de rejoindre une franchise NBA et de travailler avec des joueurs, des entraîneurs et des ressources technologiques et financières d’un niveau largement supérieur à la Nationale 1 française ?

Cela compte énormément pour moi. Travailler en NBA a toujours été mon rêve. Avoir enfin l’occasion d’intégrer une organisation comme celle des Bucks est une chance pour laquelle je suis extrêmement reconnaissant. Le niveau des ressources, de la technologie, de l’encadrement et du talent au sein du club est impressionnant. Je suis ravi de pouvoir côtoyer des personnes qui figurent parmi les meilleures au monde dans leur domaine.

Mon objectif est vraiment d’agir comme une éponge et d’apprendre un maximum de choses chaque jour. Je passe du statut de joueur à celui d’acteur de l’autre côté du jeu. Il y aura donc naturellement une période d’adaptation. Mais je suis enthousiaste à l’idée de travailler quotidiennement avec des joueurs et des entraîneurs de NBA, et d’observer leur préparation ainsi que leur approche au fil d’une saison de 82 matchs.

Le Fiserv Forum et ses 17,341 places, nouveau lieu de travail de Jordan Barham (USA TODAY Network)

Ce déménagement à Milwaukee constitue-t-il une première étape vers un objectif précis, comme devenir entraîneur adjoint, vous spécialiser dans le développement des joueurs ou bâtir une carrière dans le recrutement et l’analyse vidéo ?

Je pense qu’il s’agit effectivement d’une première étape pour construire une carrière à long terme en NBA. Mais je ne vise pas un poste ou un titre en particulier dans l’immédiat.

Pour l’instant, mon objectif principal est d’apprendre autant que possible et d’exceller dans mon travail. Je veux comprendre chaque aspect du processus et faire tout mon possible pour aider nos joueurs et nos entraîneurs à réussir au quotidien. J’aimerais évidemment continuer à progresser et assumer davantage de responsabilités à mesure que j’acquerrai de l’expérience. Que cela débouche à terme sur le coaching, le développement des joueurs, le recrutement ou même un poste au sein de la direction ou des opérations basket, je reste ouvert à toutes les possibilités que ce parcours pourra m’offrir.

Mais je ne suis pas pressé de définir précisément à quoi ressemblera la suite. Je suis simplement très reconnaissant d’occuper ce poste et honoré de faire partie de la famille des Milwaukee Bucks.

Pour clôturer son chapitre en France, Jordan a tenu à laisser un dernier message en Français:

 » Quand je regarde mon parcours, je ne peux pas partir sans remercier tous les clubs et toutes les personnes en France qui m’ont ouvert leurs portes. De Challans à Vanves, en passant par LyonSO et Tours, merci de m’avoir accueilli à bras ouverts et de m’avoir fait sentir comme chez moi. Vous m’avez donné la chance de jouer au basketball, mais surtout, vous m’avez donné une famille, des souvenirs et des moments que je n’oublierai jamais. La France, ce n’est pas seulement un pays où j’ai joué au basketball. C’est devenu ma deuxième maison. À tous mes coéquipiers, mes coachs, les staffs et les supporters, merci d’avoir cru en moi et d’avoir fait partie de mon histoire. Je garderai toujours avec moi tous ces souvenirs, toutes ces rencontres et tout l’amour que j’ai reçu ici. Merci du fond du cœur. Jordan Barham. « 

Visuel : Jordan Barham

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