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Soupçons de prise illégale d'intérêt en faveur de l'ADA Blois : des élus visés par un signalement

L'association de lutte contre la corruption soupçonne des élus du Loir-et-Cher de s'être rendus coupables de prise illégale d'intérêt dans l'attribution de subventions à la SASP ADA Blois Basket.
Soupçons de prise illégale d'intérêt en faveur de l'ADA Blois : des élus visés par un signalement
Y'a-t-il eu conflit d'intérêts à l'ADA Blois ?
Crédit photo : Tuan Nguyen
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Si l’ADA Blois a bien lancé sa saison avec un succès à Chartres ce 15 septembre en Coupe de France, une ombre plane en coulisses. La veille de ce match, l’association Anticor 41 a rendu public un signalement transmis au procureur de la République de Blois le 1er juin dernier pour « prise illégale d'intérêts », selon MagCentre. Ce dernier est « en cours d'évaluation » selon Stéphane Javet, le procureur de la République de Blois, cité par L'Équipe.

L’association de lutte contre la corruption reproche à Michel Pillefer, élu de l’opposition blésoise, d’avoir voté, entre 2021 et 2024, au moins six délibérations soumises au conseil municipal pour accorder des subventions au club sportif. Elle expose qu’il aurait dû se mettre en retrait puisqu’il est également actionnaire de la SASP ADA Blois Basket, ce qui représente un potentiel conflit d'intérêts.

L’actionnaire Michel Pillefer principalement en cause

Cette société anonyme sportive professionnelle (SASP) existe depuis 2018, époque où le club du Loir-et-Cher tente de se développer afin de suivre ses ambitions sportives. Plusieurs actionnaires sont présents depuis cette création, notamment Michel Pillefer, ancien directeur de banque et conseiller municipal Les Républicains à Blois, ainsi que l’entrepreneur Paul Seignolle, président du club et du Medef de Loir-et-Cher depuis 2017.

Parmi les délibérations en cause, Anticor 41 cite une convention de partenariat entre la commune et la SASP votée en décembre 2024 lors d’un conseil municipal où Michel Pillefer était présent, à hauteur de 165 299,50 euros. Contacté par L’Équipe, ce dernier a choisi de « réserver [ses] déclarations au parquet si le procureur décide de se saisir de cette non-affaire ». 

Depuis 2018, Michel Pillefer n'aurait pas touché de dividendes, pas plus que les autres actionnaires de la SASP. Il ne figure plus dans les organes dirigeants de la société et aurait refusé de se faire racheter ses parts. 

Une infraction passible de 500 000 euros d’amende

Par ailleurs, Anticor 41 s’intéresse aux subventions accordées par le conseil départemental, où siège Bernard Pillefer, frère de Michel et vice-président de la collectivité. L’association demande des éclaircissements sur sa participation éventuelle à certaines délibérations et sur la mise à disposition, à des conditions très favorables, d’un ancien site industriel destiné au centre de performance du club, via un bail très longue durée de 40 ans.

De son côté, le président Seignolle défend la légalité des financements publics dans un communiqué sur sa page Facebook : « Les collectivités territoriales financent le sport professionnel dans un cadre précisément défini par le Code du sport. Ces modalités de financement ne constituent ni une singularité blésoise ni une dérogation accordée à l'ADA Blois Basket. Ces financements accordés sont décidés par les assemblées délibérantes des collectivités compétentes. Ils ont été formalisés par des délibérations, des conventions d'objectifs ou des contrats définissant leur montant, leur destination et les obligations correspondantes ». Le dirigeant assure qu’il sera « au rendez-vous de la transparence ».

« Si des élus locaux ont tiré un avantage de leur position dans ces décisions, il appartient à la justice d'en tirer toutes les conséquences », demande Anne Cantegreil, ancienne élue locale, enseignante et référente d'Anticor dans le Loir-et-Cher, dans un communiqué. Si elle est établie, la prise illégale d’intérêts est passible de cinq ans d’emprisonnement et de 500 000 euros d’amende.

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