La Pologne sort l’ogre slovène et défiera la France en demi-finales !

Crédit photo : FIBA

La Pologne a signé un immense exploit en battant le tenant du titre, la Slovénie, 90 à 87 en quarts de finale de l'EuroBasket. Les Polonais, qui sont pourtant passés de +23 à -5, joueront leur première demi-finale d'EuroBasket vendredi contre la France, à 17h15.

« C’est exceptionnel… exceptionnel. On ne s’en rend pas compte, je pense qu’on ne s’en rendra pas compte non plus demain (jeudi) ». Inutile de pincer Aaron Cel, la Pologne a bel et bien battu la Slovénie (90-87) en quarts de finale de l’EuroBasket. Le tenant du titre et sa star Luka Doncic sortent donc de la compétition prématurément, comme la Grèce de Giannis Antetokounmpo et la Serbie de Nikola Jokic avant eux.

La Pologne a fait la différence en deux temps

A.J. Slaughter Pologne
A.J. Slaughter a marqué des paniers décisifs dans le dernier quart-temps

Après avoir joué comme dans un rêve en première mi-temps et compté jusqu’à 23 points d’avance (54-31, 18′), la sélection d’Igor Milicic a subi la réaction de Luka Doncic & co dans le troisième quart-temps (6-24) au point de perdre pied et de passer derrière au score (68-73, 33′). Mais face à des Slovènes étonnamment fébriles et peu sereins, ils ont repris les commandes grâce à la force du poignet d’A.J. Slaughter (16 points à 6/14 aux tirs, 6 rebonds et 4 passes décisives pour 20 d’évaluation en 34 minutes) et de Mateusz Ponitka (26 points à 8/17, 16 rebonds et 10 passes décisives pour 41 d’évaluation en 35 minutes), mais aussi à la cinquième faute d’un Luka Doncic en difficulté (14 points à 5/15, 11 rebonds, 7 passes décisives et 6 balles perdues pour 15 d’évaluation en 35 minutes) et plus agaçant que jamais.

Luka Doncic : « J’ai laissé tombé mon équipe »

Luka Doncic Slovénie EuroBasket
Luka Doncic n’a pas su porter la Slovénie dans ce quart de finale

Pourtant, le joueur des Dallas Mavericks s’était bien repris au retour des vestiaires après avoir enchaîné les choix forcés et être apparu boitant avant la pause. Mais lorsque lui et les siens sont passés devant, l’équipe d’Aleksander Sekulic est retombée dans ses travers : jeu en isolation à outrance, replis défensifs suspects, contestations intempestives auprès du trio arbitral… Tout le contraire de Polonais qui n’ont rien lâché malgré la dynamique qui leur semblait défavorable. « On a montré beaucoup, beaucoup, vraiment beaucoup de caractère pour, une fois qu’on s’est fait rattraper au score, les redépasser et enfoncer le dernier clou », savourait Aaron Cel, qui a noté le non-match de Luka Doncic. « Il avait un body-language pas top. On l’a poussé dans ses retranchements, dans ses limites, on l’a fait défendre – c’est pour ça qu’il a fait 5 fautes aussi. Ça reste un être humain, du coup en deuxième mi-temps, quand il les a aidés à remonter au score, il a perdu un peu de force aussi. Et puis le tournoi est long… C’est mentalement très épuisant. Donc on le voyait un peu épuisé, j’avais l’impression qu’il voulait déjà être en finale mais ‘non mon coco’, il fallait d’abord passer par nous et ce n’est pas passé (sourire). »

Une première demi-finale historique pour la Pologne

Aaron Cel Michal Sokolowski Pologne
Aaron Cel dans les bras de Michal Sokolowski après le match

Une dernière frayeur suivie d’une erreur d’arbitrage a quelque peu atténué l’explosion de joie polonaise sur le buzzer, mais la sélection d’outre-Oder a bien réalisé l’exploit de se qualifier pour sa première demi-finale d’EuroBasket – la médaille de bronze en 1967 ayant été acquise sans véritable phase finale. Une demi-finale qu’ils joueront face à la France, ce vendredi à 17h15. « On n’a pas un seul joueur en NBA, pas un seul joueur en EuroLeague, mais on a une équipe avec un grand E », rappelait Aaron Cel, tout heureux de retrouver les Bleus à ce stade d’une compétition internationale. Son leader Mateusz Ponitka, après une saison compliquée marquée par son départ du Zénith Saint-Pétersbourg en raison de la guerre en Ukraine et une polémique familiale autour de la non-sélection de son frère ennemi, pouvait philosopher. « Chaque tournoi a son Cendrillon et nous y voici : nous sommes Cendrillon ». Luka Doncic, quant à lui, a su faire son mea culpa en conférence de presse. « J’ai très mal joué. J’ai laissé mon équipe tomber. J’ai laissé tout le pays qui nous supportait tomber », a regretté la star qui a échoué dans sa quête de médaille, comme aux Jeux olympiques de Tokyo.

Avec Alexandre Lacoste, à Berlin,

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Qui a écrit ce papier ?

Gabriel Pantel-Jouve

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