Les clubs d’EuroLeague utilisent toujours moins les joueurs de leur pays
Souvenez-vous, il y a une dizaine d’années encore le grand public comme les acteurs du championnat de France et les spécialistes fustigeaient le basketball français pour son incapacité à responsabiliser les joueurs français dans les clubs de Pro A. Lors de l’EuroBasket 2007 en Espagne, le jeune leader de l’équipe de France Tony Parker réclamait en Bleu, comme son sélectionneur Claude Bergeaud avait l’habitude de le faire, des spécialistes du basketball européen plutôt qu’une floppée de joueurs de bout du banc en NBA. « 30 minutes de jeu à Barcelone ou à Wroclaw vaudront toujours plus que deux minutes en NBA », disait-il dans L’Equipe Magazine. L’équipe de France comptait deux types de joueurs depuis la fin de la génération des médaillés de Sydney : trois ou quatre joueurs installés en NBA et des joueurs évoluant en Pro A avec des rôles pas toujours majeurs.
Depuis, le grand réservoir du basketball français a formé un énorme volume de joueurs de haut-niveau. Chaque année, des prodiges prennent place dans le championnat alors qu’ils ont à peine l’âge de voter ou conduire pendant que d’autres finissent par exploser vers 24 ou 25 ans avant d’être recrutés dans des clubs grands clubs étrangers.
De plus, le contingent français a doublé de volume (17 joueurs) depuis que l’ASVEL a retrouvé l’EuroLeague, en 2019. A la tête d’un club, TP est resté fidèle à sa sortie médiatique de Madrid. A l’ASVEL, il responsabilise les joueurs français (8 sur 14 joueurs de l’effectif professionnel) si bien que son équipe est celle qui fait le plus confiance aux ressortissants de son pays.
La France, le bon élève
L’ancien joueur serbe Dimitrije Curcic a réalisé une étude (à retrouver au complet ici) sur le temps de jeu moyen des joueurs nationaux (« domestics players » en anglais) des équipes EuroLeague (les Grecs au Panathinaikos, les Espagnols au Real Madrid etc.) depuis la création de l’EuroLeague version ECA. Il en ressort qu’une nette baisse du temps de jeu moyen accordé aux joueurs nationaux a eu lieu entre les cinq premières saisons (44%) et les trois dernières (environ 30%).
Seule la Grèce et la France ont vu le temps de jeu de leurs ressortissants progresser dans les équipes de leur pays évoluant en EuroLeague, cette fois sur les périodes entre 2001 et 2003 puis 2019 et 2021.
Plus inquiétant encore, le temps de jeu accordé aux U26 (joueurs de 26 ans et moins) diminue, parfois drastiquement dans certains pays, comme l’Italie, la Turquie ou la Russie (qui n’ont plus de bons résultats sur la scène internationale). A ce jeu-là, la France est le « moins pire » des élèves :
Rappelons que l’EuroLeague n’impose aucun quota sur l’utilisation des joueurs nationaux, contrairement aux ligues nationales. Reste à savoir si ce manque d’utilisation est problématique pour l’avenir du basketball européen ou si l’EuroLeague reste un moteur pour son attractivité et sa capacité à faire progresser les joueurs qui y jouent, notamment ceux issus du Vieux continent.
L’ensemble de l’étude est à lire en cliquant-ici

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