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« Mini-Mike » face à Mike James : « Tu iras signer les autographes à sa place ! »

Passé par l'AS Monaco lors de la présaison en 2022, Clarence Nadolny avait été surnommé "mini-Mike" par les joueurs de la Roca Team en raison de sa ressemblance avec Mike James. Flatteur pour le Chalonnais, qui s'est inspiré de la star monégasque tout au long de sa jeunesse. Dimanche, les deux hommes sont censés se retrouver à l'occasion de la 19e journée de Betclic ÉLITE.
« Mini-Mike » face à Mike James : « Tu iras signer les autographes à sa place ! »
Crédit photo : Sébastien Grasset

Mike James sera-t-il présent dimanche à Chalon-sur-Saône ? « Je l’espère », sourit Clarence Nadolny. Mais si jamais la star monégasque est absente, lui qui a fait partie des leaders du mouvement de menace de grève qui plane sur la rencontre en Bourgogne, alors les spectateurs du Colisée pourront se rabattre sur « mini-Mike » pour leurs éventuelles demandes de selfies.

Ce fut le running gag de l’été 2022 à Monaco, lorsque Clarence Nadolny, tout juste sorti de fac, avait été convié à participer à la préparation de la Roca Team. « Dès que je suis arrivé, les gars ont dit : « mais il ressemble un peu à Mike lui, non ?! » La barbe est bien plus fournie chez le Monégasque, mais pour le reste, la ressemblance est assez étonnante. « Surtout avec les tâches de rousseur », rigole l’Isarien.

« Mon père m’a dit de m’inspirer de Mike James »

À Monaco, le surnom a donc vite été trouvé : mini-Mike. Et les blagues, incessantes. « Dès qu’on sortait, pour m’embêter, ils disaient que si Mike devait signer des autographes, ils m’enverraient à sa place ! » 

Même au niveau basket, certaines similarités sautent aux yeux. Mais là, ce n’est pas le fruit du hasard. Quand il était plus jeune, Clarence Nadolny a pris Mike James comme exemple. « Mon père m’a dit : « Tu vois ce joueur-là ? Si tu veux aller haut, il faut que tu t’inspires de lui ». Du coup, je ne faisais que regarder ses highlights sur mon ordinateur ! À partir de là, j’ai un peu modelé mon jeu auprès du sien : beaucoup de un-contre-un, de l’isolation, une forte agressivité offensive pour un meneur. »  

Clarence Nadolny, sur le banc de Monaco, à côté de Strazel, lors de l’été 2022 (photo : AS Monaco)

Le natif de Portland était alors un joueur NBA à Phoenix. Le Français était lui en U17 Région à Levallois et s’apprêtait à partir chasser son rêve américain dans un lycée à Long Island. Et alors que le premier est devenu une superstar EuroLeague, leurs chemins se sont donc croisés lors de cet été 2022 à Monaco. Une sorte de « full circle moment » pour Nadolny, comme un petit clin d’œil du destin.

« Mon cahier et mon stylo dans la tête »

« Quand je défendais sur lui à l’entraînement, j’avais mon cahier et mon stylo dans la tête », glisse-t-il. « Je prenais des notes. » Clarence Nadolny avait beau être « familier » du style James, il a tout de même pu se rendre compte que le spécimen était encore différent dans la vraie vie. « J’ai beaucoup appris. De visu, j’ai vu comment il utilise les écrans, les séparations, sa vitesse. La facilité qu’il a tout dans ce qu’il fait, aussi. » 

Instructif, alors que l’ancien étudiant de Texas Tech était plongé dans une période de doute à sa sortie d’université, ne recevant pas le coup de fil tant espéré. « Je cherchais à aller en Pro B mais aucune équipe n’était intéressée. » Après avoir refusé quelques propositions en Nationale 1, Clarence Nadolny a été contacté par Sasa Obradovic qui cherchait un remplaçant pour Élie Okobo, retenu par l’EuroBasket pendant la préparation, et éventuellement densifier son ossature JFL.

Clarence Nadolny au premier rang, juste derrière Mike James, dans un huddle monégasque en 2022 (photo : AS Monaco)

« Un contrat était à portée de main, il m’avait dit qu’il avait besoin de joueurs français. Mais il m’avait surtout indiqué qu’il fallait que je vois cela comme une opportunité d’apprendre, pour avoir une expérience du haut-niveau. » 

Le tout auprès d’une équipe qui finira par décrocher un ticket pour le Final Four en fin de saison et où le Chalonnais a gardé quelques contacts. « J’étais déjà pote avec Matthew Strazel et Yoan Makoundou. Mais j’ai aussi pu tisser de très bons liens avec Alpha Diallo, John Brown III, Jordan Loyd, qui m’avait d’ailleurs vraiment impressionné. Donatas Motiejunas était aussi un super gars. » Et Mike James, alors ? « On a souvent échangé à table. Il y avait plein de petits débats entre nous, sur le basket, le cinéma, la musique, plein de choses ! » 

« Très dur de repartir de rien en NM1 »

Sportivement, le Chalonnais qualifie cette présaison de « déclic » avec du recul. « S’entraîner face à Mike était un bon moyen de se jauger. En termes de confiance et de détermination, ça a été un tremplin pour moi. J’ai montré de bonnes choses, je me suis rendu compte que j’avais le niveau. » Sauf que le contrat espéré à Monaco n’est jamais arrivé. Pas un scandale, même pour Nadolny, qui reconnait qu’il n’était « pas prêt pour jouer à l’ASM avec de vraies minutes à l’époque ». Mais toujours aucun coup de téléphone en Pro B non plus…

Alors le natif de Montreuil (mais élevé dans l’Oise) a dû se résoudre, fin octobre 2022, à accepter une pige de deux mois à… Andrézieux-Bouthéon (NM1), avant de rejoindre Rouen pour y finir son exercice rookie, toujours en Nationale 1. Reste que le grand écart entre le futur troisième de l’EuroLeague et la troisième division française a été vertigineux…

Clarence Nadolny a démarré sa carrière professionnelle avec un contrat de deux mois à Andrézieux-Bouthéon (photo : ABLS)

« Ça a été très dur pour moi de repartir de rien », retrace-t-il. « Cette saison en NM1 a été très difficile, la plus difficile de ma carrière, à la fois mentalement et sportivement. La NM1 n’est pas le championnat le plus esthétique qui soit mais ça m’a forgé, ça m’a obligé à step-up dans mon rôle. » 

Cela a aussi constitué le début de son ascension vers la Basketball Champions League : pigiste champion de France NM1 avec Rouen, qualifié « d’escroc » par ses ex-coéquipiers, il a accompagné le RMB vers l’étage supérieur, où il a séduit pendant deux saisons (11,8 points et 3,5 passes décisives en 2024/25), avant de rejoindre l’Élan Chalon.

« Montre leur qui est le baby-Mike ! » 

Dès qu’il est arrivé en Bourgogne, le sujet Mike James a été évoqué. « C’est la première chose qu’on lui a dit », nous souffle-t-on en interne, au sein du club. « Les gars m’ont directement chambré sur ma ressemblance avec lui », indique-t-il. Et cela n’a fait que prendre de l’ampleur à l’approche du déplacement à Monaco lors de la 2e journée le 5 octobre. « Toute la semaine, c’était : « Montre leur qui est le baby-Mike ! » C’est resté. » 

Mike James et Clarence Nadolny, le jeu des sept différences ? (photo : Sébastien Grasset)

Problème : il y eut « baby-Mike », oui, avec 16 points en 19 minutes, mais surtout le vrai Mike, qui en a lui planté 31. « Il y a beaucoup de tirs où je suis avec lui mais qu’il met quand même », soupire Nadolny. « Il n’y avait pas grand chose à faire de plus. Je revois au moins 3-4 paniers où il shoote au-dessus de moi. J’avais beau l’orienter comme il fallait, c’était impossible de l’arrêter. » 

Son meilleur match avec Chalon à Monaco

C’est pourtant bien Clarence Nadolny qui eut le dernier mot avec sa performance référence en Betclic ÉLITE (record offensif), une vraie agressivité (17 lancers-francs shootés en 19 minutes) et un impact fondamental dans la victoire surprise de l’Élan. « Alpha Diallo était pourtant venu me voir avant le match pour me dire de faire doucement », sourit-il. « J’ai sorti un gros match qui nous a aidés à l’emporter. J’ai su saisir mon opportunité, sachant que Jeremiah Hill ne jouait pas. » 

De quoi lui valoir, à la fin, les compliments de son modèle. « Mike m’a dit : « Bon match, continue comme ça ! » Il y a du respect entre nous. » Évidemment pas un habitué des matchs d’Andrézieux ou de Rouen, le meilleur scoreur de l’histoire de l’EuroLeague a pu apprécier la métamorphose de son ancien sparring-partner en l’espace de trois ans, devenu beaucoup plus mature.

« Dans mes lectures de jeu, je vois une très grosse pression », se réjouit le combo-guard bourguignon. « J’ai un rôle moins conséquent qu’en Pro B mais j’arrive à mieux discerner les situations où je dois jouer en un-contre-un ou créer pour les autres. Je sens que je gravis les échelons année après année et j’entends toujours que je peux aller au niveau au-dessus, c’est encourageant. » 

Des bumps ou changements de rythme labellisés MJ

Engagé dans sa première saison en Betclic ÉLITE et en Coupe d’Europe (7,1 points à 48%, 2,1 rebonds et 2,7 passes décisives en 33 rencontres), Clarence Nadolny ne compte justement pas s’arrêter là et ne masque pas ses envies d’EuroLeague à terme. Où, justement, sa performance monégasque a également été précieuse pour sa confiance personnelle. « C’est un match où je me suis prouvé que j’avais le niveau. » 

Mike face à mini-Mike, un beau duel en octobre dernier à Gaston-Médecin (photo : Miko Missana)

Pour cela, il s’inspire toujours de Mike James, et tente d’ajouter certains éléments de son jeu à son arsenal personnel. « Il y a des choses qui lui sont propres mais il y a aussi des flashs dans ce que je fais qui viennent de lui. J’aime bien les petits bumps (aller chercher le contact avec le défenseur, ndlr) ou les changements de rythme, ce sont des choses que je l’ai vu faire et que j’ai reproduites. L’an dernier, j’avais plus de liberté à Rouen et cette capacité à jouer plus de un-contre-un ou à mettre des pull-up à 3-points. Mais je continue à regarder ses un-contre-un. Et quand l’opportunité me sera donnée, il n’y aura pas de souci : je serai capable de le montrer. » Dès dimanche, pour le round 2 de mini-Mike versus Mike ?

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Image Alexandre Lacoste
Alexandre Lacoste est arrivé sur BeBasket en 2011, lorsque le site se prénommait encore Catch & Shoot. Amateur de portraits et de reportages, généralement au plus près des équipes de France lors des compétitions internationales, il aime chercher des angles originaux et des sujets qui vont au-delà du simple résultat sportif.