Test de caractère réussi pour les Bleus face à la Slovénie !

2/2 pour les Bleus du capitaine Yabusele !
Et les chants de « MVP, MVP » sont tombés des gradins de la Spodek Arena… Pour le génie Luka Doncic, forcément, auteur de 39 points, 8 rebonds et 9 passes décisives ? Non, pour un petit lutin d’1,79 m à qui l’on n’avait rien promis, engagé par la lanterne rouge de Pro B (Paris) l’année où le prodige du Real Madrid s’envolait vers la NBA : Sylvain Francisco…
Un visage naïf avant la pause
Loin de ses fantômes de Jakarta, où son tir ouvert raté avait précipité l’élimination tricolore de la Coupe du Monde 2023, le meneur du Zalgiris Kaunas a mis toute l’équipe de France sur ses épaules pour la sortir d’un bien mauvais pas face à la Slovénie, avec une performance royale, de loin sa meilleure sous le maillot de la sélection nationale (32 points à 9/15, 7 rebonds, 5 passes décisives et 2 interceptions pour 40 d’évaluation). « Il a été incroyable », souffle Jaylen Hoard, admiratif de « l’énergie » développée par son coéquipier.
Au-delà du seul cas Francisco, c’est toute l’équipe de France qui a su revenir des vestiaires avec le visage qu’il fallait pour s’offrir une victoire de référence dans cet EuroBasket. Le visage entrevu lors des 20 premières minutes était cependant assez décevant, particulièrement naïf, révélateur de l’inexpérience de cette équipe. « C’est là où l’on a vu que notre effectif était jeune », acquiesce le sélectionneur Frédéric Fauthoux, qui agrandit sa série d’invincibilité à la tête des Bleus à 11 matchs.
Pour résumer, avant la pause, l’équipe de France se trompait complètement de combat, s’engageant dans un match offensif, avec 54 points encaissés dès les 20 premières minutes. Le tout avec 31 lancers-francs concédés aux Slovènes… « On faisait des erreurs bêtes, comme sauter sur les feintes de Luka », retrace Jaylen Hoard. De l’autre côté du parquet, une forme d’entêtement à vouloir shooter derrière la ligne majorée (21 tentatives), avec un manque d’alternance problématique avec une si faible adresse (6/21).
« Dans les vestiaires, on s’est dit qu’on devait être beaucoup plus disciplinés », poursuit l’intérieur du Maccabi Tel-Aviv. « On s’est répété qu’il fallait rester solides, soudés, et vivre avec les tirs contestés. C’est ce qu’on a réussi à faire en deuxième mi-temps. »
Un money-time fondateur ?
Un temps repoussée à -8 (51-59, 24e minute), sur une énième flèche primée d’Edo Muric, l’un des rares lieutenants de Luka Doncic au niveau, l’équipe de France a ensuite fait souffler le vent de la révolte avec plusieurs fers de lance : Sylvain Francisco, évidemment, mais aussi les rookies Zaccharie Risacher et Alexandre Sarr, particulièrement précieux dans leur registre, ou Élie Okobo, qui est venu enfoncer le dernier clou dans le cercueil slovène. « La réaction en deuxième mi-temps a été parfaite », apprécie Freddy Fauthoux.
Beaucoup moins candides, développant une intensité physique qui a fini par essouffler Luka Doncic (tenu à 4/11 après la pause) et poussé le sélectionneur Sekulic à se demander s’il regardait un match de basket ou un combat de boxe, les Bleus ont terminé très forts, s’offrant une deuxième victoire quasiment synonyme de billet pour la phase finale à Riga.

Surtout, dans leur construction collective, les tricolores pourront se satisfaire de ce money-time parfaitement géré, avec l’uppercut adéquat dans le final (de 83-83 à 103-95 dans le money-time). A contrario de l’entame face à une faible Belgique qui n’apportait quasiment aucune certitude, les coéquipiers de Bilal Coulibaly (13 points et 4 rebonds) pourront ressortir de cette deuxième levée avec beaucoup plus de certitudes. « C’est toujours bien d’être challengé, d’être vraiment mis en difficulté et de trouver un moyen de s’en sortir », clame Jaylen Hoard. « Ça nous unit, ça améliore la cohésion de groupe et ça peut nous servir pour la suite. » Qui s’écrit dès dimanche, à 17h, face à Israël, avec l’ambition de continuer à grandir…
À Katowice,








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