Jean-Aimé Toupane : « On gagnera gros si on est ensemble ! »

Cinquième compétition internationale pour Jean-Aimé Toupane, et quatrième demi-finale
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À partir de 5€Essai gratuitJean-Aimé, vous redoutiez ce quart de finale, mais tout s’est bien passé…
Un quart de finale est toujours piégeux. On jouait contre une équipe atypique et on s’est bien préparé par rapport à cette adversité. On a réussi le plan qu’on avait mis en place, les filles y ont vraiment adhéré, ça a fonctionné.
Quel était ce plan de jeu, justement ?
Il y avait une volonté de les faire courir : lles vont beaucoup de l’autre côté du terrain en attaque mais sur le repli défensif, elles encaissent 33% de leurs points sur la relance. C’était un axe important pour nous. On voulait aussi essayer de bien défendre sur leurs deux grandes. On ne leur a pas donné beaucoup d’opportunités.
« Je reste vigilant sur l’alternance »
C’est notamment en ce sens que vous avez fait démarrer Valériane Ayayi en défense sur Han Xu ?
On sait que Han Xu est mobile, peut aller au large, revenir. Il y avait une volonté de ne pas lui donner de tirs. Autant elle peut être efficace proche du panier, mais quand on lui enlève l’efficacité extérieure, ce n’est déjà que deux points. Comme on avait une articulation défensive à deux ou à trois, on l’a limité. Pour autant, c’est une très forte joueuse et elle a trouvé ses opportunités.
Offensivement, leur défense de zone ne vous a pas trop gênés…
On n’a pas eu de souci là-dessus, non. On a réussi ce qu’on voulait faire : on a trouvé des tirs, on a amené la balle au poste. C’est ce qu’on voulait. On a eu des tirs ouverts dans l’alternance, dans les intervalles. Ça a bien fonctionné et on a eu un peu d’adresse.

Quels sont les axes de progression pour la demi-finale ?
Je suis toujours vigilant sur l’alternance. On l’a bien vu sur le début de match : certains penseront que c’est nous qui demandons du run and gun mais il faut aussi comprendre les filles qui défendent fort et qui ont des opportunités de tirs. Moi, je leur dis : prenez les. La seule chose, c’est d’avoir une alternance, de dire : « Tiens, là, on vient de courir trois ou quatre fois donc on ne peut pas cette fois ! » Il faut plutôt transférer la balle, aller chercher des paint-touch (passes dans la raquette, ndlr) pour sortir les ballons. C’est comme ça qu’on construit. Il y a encore eu cette volonté de bien faire. On finit à 25 passes décisives. Le partage est là, même si on peut l’améliorer.
Depuis le début de la Coupe du monde, Marine évolue à un très haut niveau de confiance…
Marine joue son meilleur basket (en carrière). Je suis allé passer du temps avec elle aux Etats-Unis. Avec son coach à New York, Chris DeMarco, on est tous d’accord pour dire qu’elle joue son meilleur basket. On ne sait pas pourquoi ça ne serait pas pareil chez nous. Elle est heureuse d’être là, de partager ce moment là. Parfois, il faut du temps, je la vois épanouie dans un groupe où ça vit bien. C’est aussi la résultante de tous les échecs qu’on a pu avoir. On a tout rmis à plat. Comme ce sont des filles très intelligentes, qui savent ce qu’elles veulent, pour l’instant ça marche. On n’en est qu’à une étape, on veut aller plus haut, et on va continuer à travailler dans ce sens.
« Marine serait dans le cinq de n’importe quelle équipe WNBA »
Elle sort du banc sans sourciller : cette acception des rôles est-elle le symbole d’une équipe qui fonctionne bien ?
Ce n’est pas que cette année. Quand je suis arrivé, je lui en ai parlé : qu’il fallait qu’elle sorte du banc et joue son meilleur basket. Dans n’importe quelle franchise en WNBA, Marine serait dans le cinq. Je lui ai dit ça dès le début, en WNBA on lui dit la même chose. C’est pareil pour Janelle : elle va peut-être être la meilleure sixième joueuse de WNBA. On part du principe qu’il y a un cinq qui commence et un cinq qui finit. Le danger doit être partout. Quand on a compris ça, on est focus sur ce qu’on a à faire. Elle le vit très bien et je suis ravi que ça se passe bien.
Vous avez confié le capitanat à Gabby Williams et on la voit extrêmement impliquée et active…
Elle emmène les autres avec elle. Tout le monde a compris que Gabby est notre capitaine et on a à cœur de la suivre, de l’écouter et de la soutenir. C’est un effort collectif que les filles ont bien compris. J’espère que ça va continuer comme ça parce qu’on a encore deux étapes. Plus particulièrement, la prochaine (la demi-finale). Elles ont compris l’importance d’être ensemble. Mon mot d’ordre depuis le début, c’est : « on gagnera, et on gagnera gros si on est ensemble ». Que chacune comprenne que ce qu’on lui demande, c’est de mettre à profit ce dont l’équipe a besoin.
Êtes-vous d’accord avec ses propos sur le changement de mentalité ?
Je n’étais pas là quand Gabby est arrivée (en 2021) mais les fills aujourd’hui ont de l’ambition et elles le revendiquent. C’est légitime. Quand on fait du sport de haut niveau, on a envie de gagner. Après, il faut se donner les moyens de le faire et elles le font. Quand on voit ce qu’elles donnent de l’autre côté de l’Atlantique, ce n’est pas par hasard que les filles qui sont là-bas ont un impact dans leur franchise.
Propos recueillis à Berlin,





























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