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On a revu le 20-0 à la fin de Monaco – Villeurbanne : l’ASVEL a-t-elle vraiment été lésée ?!

Le Match 4 entre l'AS Monaco et l'ASVEL a donné lieu à l'un des renversements les plus fous de l'histoire du basket français : un 20-0 dans les cinq dernières minutes pour propulser la Roca Team en finale. Sauf que les Villeurbannais ont dénoncé un scandale arbitral. Est-ce vraiment le cas ?
On a revu le 20-0 à la fin de Monaco – Villeurbanne : l’ASVEL a-t-elle vraiment été lésée ?!

La fin de match entre l’AS Monaco et l’ASVEL a ulcéré les Villeurbannais

Crédit photo : A.S. Monaco Basket
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4 minutes et 45 secondes à jouer entre l’AS Monaco et l’ASVEL. Matthew Strazel précipite un tir à 3-points, airball. Quelques sifflets pleuvent des travées, avant qu’un silence de mort ne s’installe à Gaston-Médecin. Villeurbanne mène 86-71 et a la balle en main. « Les joueurs de Monaco ne savent plus quoi faire », lance le commentateur de DAZN, Erwan Abautret.

Moins de 20 minutes plus tard, c’est pourtant du délire en Principauté. La Roca Team a renversé le match grâce à un improbable 20-0, « dans le Top 3 des scénarios les plus dingues de la carrière » de Vassilis Spanoulis. Du côté des vaincus, le discours est différent, incriminant les arbitres. Les coupables idéaux ? On a revu les cinq dernières minutes pour savoir exactement ce qu’il s’est passé…

6 fautes à 0 :
oui, mais… 

Déjà, les statistiques sont effroyables : 7/7 aux tirs pour l’AS Monaco, qui avait, en plus, un peu de marge avec 2 balles perdues, et 0/6 pour l’ASVEL, qui a également égaré 4 possessions. Quant aux fautes ? Factuellement, cela rejoint ce que disait Paris Lee au micro de DAZN (« Monaco a eu tous les coups de sifflets dans les trois dernières minutes ») : 0 faute sifflée à l’ASM, 6 pour Villeurbanne. Mais y-a-t-il vraiment scandale ? La réponse est non.

Rejeter la faute sur les décisions arbitrales est toujours la justification facile mais ce money-time irrationnel dépasse largement ce cadre-là. Premièrement, l’ASVEL a relancé toute seule Monaco, avec deux balles perdues, dont la première de façon bien évitable, en l’espace d’une minute (deux interceptions de Jordan Loyd) pour faire passer le score de 71-86 à 79-86. Ce qui changeait radicalement la physionomie de la fin de match…

Quelques décisions discutables à la marge 

Ensuite, les attitudes ont totalement changé des deux côtés. Insupportable de légèreté pendant 35 minutes, avec une attitude très corporelle « très mauvaise » du propre aveu d’Elie Okobo, la Roca Team a haussé son intensité au rang d’une finale d’EuroLeague. En face, l’ASVEL a considérablement ralenti ses possessions, flirtant souvent avec la limite des 24 secondes, quand elle ne perdait pas le ballon avant. Et souvent, cela n’a pas donné des shoots très bons à prendre…

Alors évidemment, il y a quelques décisions qui peuvent se discuter, mais rien de foncièrement choquant, même si le moindre coup de sifflet (donné ou non) a forcément une grande incidence sur une fin de match aussi serrée. Ainsi, l’ASM aurait-elle pu revenir si Théo Maledon avait obtenu deux lancers-francs à 73-86 suite au léger contact de Matthew Strazel lors de son drive ? L’ASVEL pourra également pester contre l’écran illégal sifflé à David Lighty à 1’37 de la fin mais le capitaine américain aurait tout aussi bien pu écoper d’une faute antisportive deux minutes plus tôt à la suite d’un contact très haut sur Elie Okobo. Après vidéo, Joseph Bissang en a décidé autrement, malgré les doutes de son collègue Hugues Thépenier, estimant qu’il n’y avait pas de rudesse. Dont acte.

L’ASVEL n’avait surtout plus d’agressivité

Au final, les arbitres ont surtout accompagné l’agressivité du money-time, complètement envolée pour l’ASVEL et omniprésente pour Monaco. On dit que les coups de sifflet vont dans le sens du jeu, et cette fin de Match 4 en fut la parfaite illustration. Les Villeurbannais ont trop cherché à gérer leur avance, oubliant de jouer par séquence, et face à une équipe aussi physique que l’ASM, cela ne pardonne pas. Sur plusieurs possessions, l’ASVEL aurait notamment pu amener la balle à l’intérieur mais Joffrey Lauvergne n’a pas touché une seule fois la gonfle dans le money-time.

« Je suis en colère que mes joueurs n’aient pas la fin qu’ils méritent », a exprimé Pierric Poupet en conférence de presse, dans des propos relayés par L’Équipe, promettant aussi d’aller « revoir le match », pour avoir « un regard objectif sur ce qu’il s’est passé ». On l’a fait, et voici l’autopsie des cinq dernières minutes de l’un des renversements les plus fous de l’histoire du basket français.

Le film de la fin de match

71-86

73-86

  • Au bout des 24 secondes, Théo Maledon initie un drive et est légèrement touché en bas du corps par Matthew Strazel. L’absence de coup de sifflet peut se discuter.
  • Jordan Loyd conclut une superbe action collective d’un tir primé dans le corner. Temps-mort ASVEL. 3 minutes et 46 secondes à jouer

76-86

  • Encore pressé avec le chrono des 24 secondes, Andre Roberson commet une faute de carre : son appui gauche se dérobe et Jordan Loyd vient lui chiper le ballon proprement par derrière.
  • Sur la contre-attaque, David Lighty vient toucher Elie Okobo juste en dessous du visage. Faute simple sifflée, pendant que les Monégasques réclament une antisportive. « Le joueur joue le ballon pendant que l’attaquant avance. Ce n’est pas le coude mais avec l’avant-bras », juge Joseph Bissang à la vidéo. « La question n’est pas de savoir s’il joue le ballon, plutôt s’il y a rudesse », lui rétorque Hugues Thépenier. Joseph Bissang répond par la négative, et son collègue finit par se rang à son avis après hésitation. « Le contact est en-dessous du visage et il ne maintient pas le contact. » 
Faute simple de David Lighty sur Elie Okobo (capture d’écran DAZN)
  • Sur la possession suivante, Matthew Strazel plante son cinquième tir longue distance de la soirée. L’ASM revient à -5 à trois minutes de la fin.

79-86

  • De nouveau au bout des 24 secondes, Paris Lee se débarrasse de la pression de Matthew Strazel pour tenter un floater. Raté, et Mouhammadou Jaiteh sécurise le rebond.
  • Sur la contre-attaque, Nando De Colo joue intelligemment le coup et se met in extremis sur la route de Matthew Strazel pour tenter d’obtenir un passage en force. Thomas Bissuel choisit finalement la faute défensive. L’affaire se joue à la seconde près, mais l’Arrageois est encore en train de décaler son pied droit au moment de l’impact avec son coéquipier vice-champion olympique.
  • Elie Okobo se dribble sur le pied droit face à la bonne défense de Nando De Colo et perd le ballon
  • L’AS Monaco réclame un écran illégal suite à un écran en mouvement de Nando De Colo après un main à main avec Paris Lee. No-call. Au bout des 24 secondes, l’ancien MVP de l’EuroLeague tente un shoot lointain sur la tête de Strazel mais ne trouve pas la cible.
  • Sur la contre-attaque, Alpha Diallo déborde bien trop facilement Paris Lee et file au cercle. L’Américano-Guinéen s’agace de l’absence d’and-one après un contact avec Joffrey Lauvergne mais l’absence de faute semble légitime.
Alpha Diallo réclame, en vain, une photo de Joffrey Lauvergne (photo : Miko Missana)

81-86

  • Hugues Thépenier siffle un écran illégal à David LightyAlpha Diallo vend très bien le contact, la décision est litigieuse. D’aucuns diront qu’elle vient compenser l’absence de coup de sifflet sur une situation similaire lors de la possession précédente. Reste 1’37 à jouer, Spanoulis prend un temps-mort.
  • Matthew Strazel trouve Mouhammadou Jaiteh seul sous le cercle pour un dunk. L’ancien pivot de la Virtus Bologne réclame le lancer supplémentaire en se plaignant de la contestation de Neal Sako, mais cela semble trop léger pour siffler une faute.
Mam’ Jaiteh aurait voulu une faute, mais les arbitres ne lui ont logiquement pas accordé le and one (photo : Miko Missana)

83-86

  • Dès la remise en jeu, Andre Roberson se démarque de façon bien trop virile, avec les deux mains sous le menton de Jordan Loyd. Faute offensive légitime, alors que les Monégasques auraient voulu une antisportive, mais leur challenge vidéo était déjà épuisé.
  • Alors que Pierric Poupet a demandé trop tardivement l’entrée de Shaquille Harrison pour Nando De Colo, l’ASVEL paye au prix fort ce remplacement avorté. Bien plus vif, Matthew Strazel prend le meilleur sur De Colo en le contournant par la droite. Joseph Bissang lui accorde le panier avec la faute. Cela peut sembler sévère, mais le contact, certes léger, par l’arrière sur l’épaule gauche est bien réel au début du double pas. L’international tricolore inscrit le lancer bonus. Il reste 1 minute et 19 secondes à jouer.

86-86

  • Pour la cinquième fois du money-time, l’ASVEL emmène une possession au bout des 24 secondes mais hérite d’un tir ave maria. Nando De Colo envoie une brique à 3-points, sauf qu’Alpha Diallo envoie le ballon sur le pied de Jordan Loyd alors que le rebond était sécurisé. Nouvelle chance pour Villeurbanne.
  • Face à Alpha Diallo« meilleur défenseur sur l’homme d’Europe » selon Vassilis Spanoulis, Théo Maledon tente de naviguer dans la raquette. L’ancien ailier de Lavrio semble poser légèrement sa main sur la hanche du Normand avant le tir, mais celui-ci exagère beaucoup trop le contact, en se jetant en arrière, au moment de shooter, afin d’obtenir un coup de sifflet qui ne viendra jamais.
  • Main droite (!), Elie Okobo prend l’intervalle et file au lay-up à 27 secondes de la fin. Il manque le coche mais Thomas Bissuel lui accorde deux lancers-francs pour une faute d’Andre Roberson, pas évidente au premier abord. Le ralenti démontrera pourtant bien un impact certain en bas du corps lorsqu’il était en l’air. Le Bordelais marque ses deux lancers-francs pour placer l’ASM devant, avec 24,8 secondes à jouer.
Roberson a déjà la main sur le torse d’Okobo, le contact avec le bas du corps interviendra quelques dixièmes de secondes plus tard (photo : Miko Missana)

88-86

  • En profitant du mismatch, Paris Lee se contorsionne main droite pour essayer de trouver une ouverture vers le cercle face aux longs segments de Mam’ Jaiteh. Pas de faute, malgré son regard noir vers Thomas Bissuel. Cela ne parait pas scandaleux, mais on n’aura pas de ralenti pour se faire une meilleure idée.
  • Sur la contre-attaque, Elie Okobo parvient à éviter la faute volontaire de Nando De Colo. Les joueurs de la Principauté restent insaisissables pendant les dix dernières secondes, avant qu’Okobo ne plante le dernier clou dans le cercueil villeurbannais d’une flèche envoyée devant le banc rhodanien.

91-86, score final

Image Alexandre Lacoste
Alexandre Lacoste est arrivé sur BeBasket en 2011, lorsque le site se prénommait encore Catch & Shoot. Amateur de portraits et de reportages, généralement au plus près des équipes de France lors des compétitions internationales, il aime chercher des angles originaux et des sujets qui vont au-delà du simple résultat sportif.

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On a revu le 20-0 à la fin de Monaco – Villeurbanne : l’ASVEL a-t-elle vraiment été lésée ?!