"J'avais perdu cette flamme" : après plus de deux ans sans jouer, Kevin Dinal revient avec un game-winner !

Abonnez-vous pour profiter dès maintenant d'une lecture fluide, rapide et sans aucune pub.
À partir de 5€Essai gratuit"Et Kevin Dinal qui marque enfin", se sont exclamés les commentateurs de FFBB TV. Il restait dix secondes à jouer entre Mulhouse et Loon-Plage (70-70), l'intérieur alsacien en était alors à 0/3 aux tirs mais venait de capter un rebond offensif après avoir manqué son hook.
Trappé dans le corner par deux Nordistes, il a réussi à lâcher son ballon pour Tom Hyenne avant de se faire oublier, et de scorer facilement sous le cercle. Le panier de la victoire (72-70).
"Je n'étais pas du tout en rythme, mais je mets le tir qu'il faut", souligne-t-il. "J'étais content de ce panier mais pas satisfait de mon match (2 points à 1/4 et 3 rebonds en 14 minutes)."
Un éloignement volontaire des parquets
Alors qu'il offre au double finaliste mulhousien son premier succès de la saison, ce game-winner est aussi tout sauf anodin. Il est l'œuvre d'un joueur qui n'avait plus joué en championnat depuis 2 ans et 4 mois, exactement 865 jours après sa dernière apparition sous le maillot de Nantes (le 10 mai 2024, ndlr). Une pause souhaitée par l'intérieur parisien.
"J'étais arrivé à un moment de ma carrière où j'avais déjà beaucoup donné : mon corps, mon temps, mon énergie", nous raconte-t-il. "Surtout, j'ai fait pas mal de sacrifices." Sans avoir l'impression d'être toujours bien considéré en retour, à l'image de son dernier passage au NBH.

Victime d'une hernie discale à la fin de sa première saison à Nantes, il avait accepté de continuer à jouer, en serrant les dents, pour le club. Mais Kevin Dinal clame ne pas avoir été maître du choix de son lieu de rééducation, privé d'un séjour à Capbreton pour rester proche du club. "J'étais dans un hôpital de Nantes avec les grands brûlés, c'était très compliqué, je ne me suis pas du tout remis à 100%."
Si sa première saison nantaise est une franche réussite (8,2 points à 60%, 7,4 rebonds et 2,1 passes décisives), la suite de l'aventure est une lente désillusion. Son temps de jeu s'effrite, sa production aussi, son physique ne suit pas complètement, les résultats collectifs sont extrêmement décevants. Sous l'ère Laurent Pluvy, Kevin Dinal est presque obligé de s'en remettre aux rebonds offensifs pour avoir des ballons et des munitions de tir.
"J'étais la vieille chaussette à la fin"
En 2023/24, ses statistiques sont divisées par deux par rapport à ses débuts : 4,1 points à 49% et 3,7 rebonds. Forcément, l'étiquette du joueur surpayé afflue (84 000 euros), notamment pour expliquer les difficultés constantes du NBH.
"Il y a certaines choses qui ont été dites dans la presse par l'ancien président. Autant le début s'est très bien passé à Nantes, autant j'étais la vieille chaussette à la fin... Voilà comment on m'a remercié. À la fin de la saison, je me suis rendu compte qu'il était temps que je me consacre à moi-même. L'idée était de couper un peu, profiter de ma famille, de ma conjointe, de respirer un peu. Si je continuais dans cette spirale négative, ça allait être très compliqué."
Kevin Dinal (Nantes) - Kevin Dinal (Nantes) · ELITE 2 2021-2022
| Kevin Dinal | Kevin Dinal | |
|---|---|---|
| MJ | 16 | 33 |
| PTS | 8,4 | 4,1 |
| REB | 7,6 | 3,6 |
| PD | 2,3 | 1,2 |
| IN | 0,6 | 0,5 |
| CO | 0,2 | 0,3 |
De fait, joueur de rotation dans une équipe du bas de tableau de Pro B à 31 ans, ce n'est pas vraiment ce que Kevin Dinal s'imaginait au début de sa carrière. Épatant dans l'antichambre avec Souffelweyersheim à seulement 21 ans (13,8 d'évaluation), il avait rapidement goûté à la Betclic ÉLITE avec Dijon, Orléans et Bourg-en-Bresse, mais avait été embêté par quelques blessures.
Pas de quoi l'empêcher de retourner dominer en Pro B. Entre 2019 et 2021, il tourne pratiquement en double-double avec le BC Gries-Oberhoffen, figure dans le cinq idéal du championnat. La porte s'ouvre de nouveau à l'étage supérieur : retour à Orléans. Mais un nouveau pépin à la cheville en début de saison l'empêche de gagner la confiance de Germain Castano (2,3 points et 1,7 rebond en 12 minutes de moyenne), et il est exfiltré vers Nantes lors de l'hiver 2022. La suite, vous la connaissez.
"Parfois, je me suis buté à dire que ça n'en valait plus la peine"
Et depuis ? Quelques propositions venues de Pro B ou de Nationale 1 en 2024/25, mais rien qui ne l'anime. "J'avais perdu l'appétit de vouloir vivre du basket", témoigne-t-il. "J'avais perdu cette flamme de me lancer dans un nouveau challenge. J'ai vraiment cru que j'allais faire une dépression mais pas du tout. Pourtant, je vis basket, je mange basket, je dors basket. J'ai vraiment aimé ce type de vie pendant deux ans et ça a été une surprise pour moi."
Pendant ce temps, l'ancien blésois fréquente les salles de fitness. "Je me suis quand même entretenu." Il prépare surtout son avenir, avec une formation liée à la société d'événementiel, montée avec sa compagne, qui sera sa reconversion.

La balle orange le titille tout de même, mais pas trop. À l'occasion, il fréquente quelques terrains de 3x3. C'est tout. "Lors de certains moments, je me suis buté à me dire que ça n'en valait plus la peine." Sauf que les mots de sa compagne, Valentine Zambelli, son plus fort soutien avec son cousin, seront le déclic. "C'est une ancienne basketteuse qui a dû arrêter sa carrière à cause d'une très grosse blessure au doigt. Elle m'a dit que tant qu'on a la capacité de jouer, il faut le faire. Elle ne voulait pas que j'ai des regrets."
Aperçu en préparation avec Antibes l'an dernier, Kevin Dinal se rend compte qu'il n'est pas du tout prêt physiquement. "Après une aussi longue pause, c'est dur de revenir en forme", admet-il. Habitué des séances de Golfe-Juan (NM2), il aurait pu revenir dans le circuit plus tôt, à Casablanca ou en Islande, mais a finalement bien fait d'attendre l'été pour recevoir l'appel de Mulhouse.
"Mulhouse, une opportunité de dingue"
"J'avais suivi leur parcours l'an dernier et c'était franchement incroyable", applaudit-il. "J'avais beaucoup aimé leur style de jeu et ce que proposait le coach (Frank Kuhn). On a passé 1h30 au téléphone cet été et c'était une opportunité de dingue de voir qu'il était intéressé par moi. J'ai adoré son discours : on sent qu'il vit de basket et qu'il a plein de projets pour enfin faire monter Mulhouse en ÉLITE 2"
Un enthousiasme qui ne s'est pas franchement calmé depuis son retour en Alsace, la région où il a connu ses plus belles années de basketteur avec Souffelweyersheim et Gries-Oberhoffen. "L'accueil a été incroyable. Je l'ai ressenti directement, c'est une sensation que je n'avais pas eu depuis des années. C'est le moment parfait pour me relancer et faire quelque chose d'exceptionnel avec cette équipe qui mérite sa place au plus haut niveau. Je suis à jamais reconnaissant de cette opportunité."
De retour en NM1, treize ans après sa saison rookie à Blois, Kevin Dinal est censé assumer beaucoup de responsabilités, malgré ses 28 mois de pause. Il a d'ailleurs été nommé co-capitaine (avec Marius Chambre) par Frank Kuhn, qui s'en était expliqué dans les DNA. « Kevin est un joueur expérimenté qui a été un joueur majeur en Élite 2. Il doit transmettre son vécu aux plus jeunes. Il a la maturité nécessaire pour remplir ce rôle de co-capitaine, nouveau pour lui. Il est polyvalent, il dispose d’une palette de jeu très large qui lui permet d’évoluer indifféremment aux postes 5 et 4. Son objectif est de revenir en forme rapidement. Il travaille dur pour y arriver et il est sur la bonne voie. »
"À moi de me bouger"
Le chemin vers la pleine possession de ses moyens est tout de même semé d'embûches. Entre une blessure au quadriceps au début de la pré-saison puis une entorse de la cheville deux jours après son retour aux entraînements, le champion de France Espoirs 2011 (avec le Paris-Levallois) n'a pas participé à la moindre rencontre amicale, signant simplement son retour la semaine dernière en Coupe de France contre l'ASA (2 points et 5 rebonds en 17 minutes), avant d'être jeté dans le grand bain de la NM1 mardi face à Loon-Plage.

"À moi de me mettre au boulot", clame-t-il. "Après deux ans sans jouer, c'est très compliqué. Contre Loon-Plage, ce n'était pas le meilleur des matchs mais l'essentiel était de gagner. À moi de me bouger pour apporter mon expérience et tout ce que je sais faire sur un terrain." Mais quand on plante le panier de la gagne dès son retour, le rythme peut bien attendre un peu.




























Commentaires (0)