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Sekou Doumbouya, l’aube de la deuxième carrière : « Roanne est le contexte parfait »

Betclic ÉLITE - 4 ans, 9 mois et 7 jours après son dernier match en France, presque un an après sa dernière sortie officielle en G-League, Sekou Doumbouya va redevenir un basketteur ce samedi. Relancée par la Chorale de Roanne, l'ancienne pépite du basket français est attendue sur le parquet de Strasbourg à 16h.
Sekou Doumbouya, l’aube de la deuxième carrière : « Roanne est le contexte parfait »

Arrivé à Roanne le lundi 18 février, Sekou Doumbouya joue son premier match officiel ce samedi à Strasbourg

Crédit photo : Nolhan Joanin

C’est long quatre ans. Demandez à Paul Pogba, tout juste suspendu jusqu’en 2028 par le tribunal antidopage italien… D’ailleurs, cela en fait même presque cinq que Sekou Doumbouya (2,06 m, 23 ans) n’a plus foulé les parquets de Betclic ÉLITE, depuis le 26 mai 2019, et un naufrage de Limoges contre l’AS Monaco en quart de finale de playoffs (62-90). 8 points à 3/9 et 3 rebonds en 24 minutes, pour une note de 4 attribuée par Le Populaire du Centre, qui le jugeait ainsi ce soir-là. « Il n’a pas été adroit et a eu plusieurs mauvais choix mais le gamin de 18 ans s’y est collé en défense. C’est au moins ça… »

Sekou Doumbouya n’a plus joué en France depuis la saison 2018/19 (photo : Guillaume Poumarède)

Huit jours plus tôt, il cumulait 34 points à 13/18 et 9 rebonds pour 37 d’évaluation en seulement 29 minutes contre les Metropolitans 92. Le dernier éclair d’un phénomène de précocité rarement vu en France, capable de marquer 15 points en Nationale 1 à 14 ans avec l’INSEP, professionnel dès ses 15 ans au Poitiers Basket 86 (Pro B). Le natif de Conakry était promis à une place au soleil, il est finalement tombé dans la nuit, perdu dans la vaste jungle américaine.

« Prends-le avec toi, tu peux en faire quelque chose »

Tout a déjà été dit, redit, écrit mille fois, sur son passage en NBA : les flashs inachevés de sa saison rookie (ses 24 points contre Boston, son énorme dunk sur Tristan Thompson), les écarts de conduite, un gamin de 18 ans jeté seul dans le grand monde avec des millions sur son compte en banque et un entourage douteux, les Pistons qui se lassent puis l’abandonnent, son agence Comsport aussi, le cercle infernal des blessures, etc.

Mais tout ça, c’est du passé. Onze mois après son dernier match officiel, qui avait pris la forme de 5 minutes anonymes – à l’image de sa saison – en G-League, Sekou Doumbouya va redevenir un basketteur ce samedi après-midi à Strasbourg, sous les couleurs de la Chorale de Roanne. Vendredi, loin du confort des jets privés de la NBA, il a redécouvert la joie des voyages interminables en bus, avec arrêt sur l’aire d’autoroute pour déjeuner. Une sorte de retour vers le passé orchestré par… Bouna Ndiaye, son premier agent qui lui a récemment de nouveau tendu la main après la rupture du printemps 2020. « Il m’a dit : « Sekou est en forme, il s’entraîne en Espagne, prends-le avec toi, je suis sûr que tu peux en faire quelque chose », nous racontait Jean-Denys Choulet la semaine dernière.

Revenu transfiguré à Roanne

À l’opposé de la silhouette douteuse de 122 kilos aperçue pendant la préparation monégasque en août dernier, le technicien ligérien a vu débarquer un joueur affûté, délesté de plus de 20 kilos, prêt physiquement grâce à deux mois de préparation à Dallas. Dès le deuxième jour du Loirétain à Roanne, les deux hommes ont déjeuné ensemble : JDC lui a indiqué qu’il n’aurait aucun passe droit mais qu’une éventuelle collaboration serait une situation de win-win entre deux parties qui ont besoin d’aide, la Chorale pour son maintien, le joueur pour relancer sa carrière. « Je suis prêt à t’aider tous les jours, tant que tu voudras, mais ça doit aller des deux côtés », a lancé le Bisontin.

Après dix jours d’entraînement à Vacheresse, Sekou Doumbouya est attendu sur les lattes du Rhénus ce samedi (photo : Nolhan Joanin)

Pour l’instant, les paroles de Jean-Denys Choulet ont trouvé un écho. En interne, le comportement de Sekou Doumbouya fait l’unanimité après dix jours. « J’avais entendu parler de ses déboires donc j’attendais de voir pour me faire ma propre opinion : or, il est irréprochable, il a la bonne attitude, il est hyper souriant, il amène beaucoup d’énergie et de joie de vivre », salue Antoine Diot. « Je m’attendais à gérer un sujet et je suis très agréablement surpris : il est à l’heure, respecte le dress code, est poli », renchérit Frédéric Titre, le team manager. De quoi venir corroborer les propos du principal intéressé, qui s’est exprimé le week-end dernier dans Le Progrès avant que son agence ne décrète un embargo médiatique. « J’ai pris conscience de beaucoup de choses. Ma deuxième carrière commence. C’est reparti, je suis très content que Roanne me donne la chance de pouvoir me montrer, je m’entends très bien avec tout le monde ici. »

Soit l’âge de maturité, après les turbulences de son début de parcours ? « Il n’a que 23 ans justement, il est encore jeune », le défend son ami, Boris Dallo, l’autre revenant de ce Strasbourg – Roanne. « Ce qui est difficile, c’est que le public français est très exigeant. Il faut lui laisser du temps, on a tous le droit de faire des erreurs, on en a tous fait. C’est comme ça qu’on devient beaucoup plus mature, calme, serein. Peut-être qu’il avait besoin de passer par là pour prendre conscience de certaines choses. Je suis fan de ce genre de retour car ça montre la force de caractère. »

Un match amical pour payer les pots cassés

Et sportivement ? Sekou Doumbouya a dix semaines pour prouver sa valeur, dix semaines pour réussir sa rédemption, dix semaines pour sauver la Chorale, dix semaines pour enfin réussir à exploiter tout son potentiel. « Il fait partie des basketteurs français qui ont le plus de talent qu’on ait vu », souligne Boris Dallo, qui sera peut-être amené à défendre sur lui cet après-midi. « J’ai très envie qu’il performe, sauf ce samedi ! J’espère qu’il prouvera aux gens qu’ils avaient tort sur lui et qu’il se prouvera à lui-même qu’il est capable de revenir à ce niveau. Je pense que Roanne est le contexte parfait pour pouvoir s’exprimer sur son basket. C’est quelqu’un de très intelligent sur un terrain, qui a beaucoup d’instinct donc il va vite trouver sa place. » 

Face à Saint-Chamond, Sekou Doumbouya a été agressif mais maladroit (photo : Nolhan Joanin)

À cet égard, le match amical du week-end dernier contre Saint-Chamond (82-56) pourrait s’avérer particulièrement utile. Peut-être un peu trop désireux de prouver sa valeur, un peu trop heureux de retrouver les parquets aussi, l’ailier aux 96 matchs NBA a vécu une première mi-temps très difficile, shootant à 1/8. « J’ai eu une petite discussion avec lui », révèle Antoine Diot. « Il en faisait tellement qu’il se mettait dans des situations qui étaient difficiles. Mais je lui ai dit que c’est plus que normal d’avoir faim comme ça, d’avoir autant envie, mais qu’il est tellement talentueux que le jeu viendra naturellement à lui, qu’il s’exprimera encore plus en attendant, surtout avec un formidable passeur comme D.J. Cooper à la mène. » Un aparté utile puisque l’ancien Laker a ensuite su se canaliser, terminant avec 16 points à 6/18 et 8 rebonds. « Il est revanchard, il en a plein les mains, il peut tout faire sur un terrain », poursuit le meneur bressan.

Ce n’est pas la croisée des chemins : Sekou Doumbouya est déjà passé par là, a déjà emprunté le mauvais sentier, s’est presque perdu en route, égaré dans une impasse. Mais tout au bout du tunnel, là-bas, une petite lumière a rejailli, comme le retour d’une flamme, indiquant la direction à suivre. Celle de la dernière chance ? Pour l’ex-futur ailier des Bleus, tout (re)démarre ce samedi au Rhénus…

À Strasbourg,

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derniermot
Toute la magie du basket français dans cet article - un embargo médiatique pour Doumbouya, c'est sur il doit etre tellement sollciité, la Pro A est si populaire, il peut pas gérer autant d'interviewes - encore plus drole, mais lié à la bulle dans laquelle ils vivent où ils ont l'impression qu'ils sont importants, Dallo qui dit que le public français est très exigeant. Lol. Mais personne ne vous connait les gars... Votre entourage proche ptet, la consanguinité du milieu ptet mais le grand public surement pas car il ne suit pas la Pro A. Si tu peux pas supporter cette pseudo pression, c'est inquiétant
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the_viking
concernant l'embargo médiatique décrétée par son agence, je trouve ça plutôt pertinent non pas parce qu'il est débordé d'interviews mais parce que l'heure pour lui est surtout de faire parler de lui sur le terrain. Qu'il performe, qu'il montre qu'il est redevenu un basketteur et ensuite il aura largement les possibilités de s'exprimer auprès des médias.
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mick7142
Un nouveau maçon que l'on va voir au pied du mur dès cet après midi avec la Chorale de Roanne. Bonne chance à eux, car il y a du boulot à faire !
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