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La question qui divise les Monégasques : quelle valeur accorder à la saison de la Roca Team ?

Sacrée championne de France 2024, mais hors de ses objectifs en EuroLeague et dans les trophées annexes (Leaders Cup, Coupe de France), l'AS Monaco présente un bilan final contrasté par rapport à ses ambitions initiales. À tel point qu'il est difficile de juger de la valeur de la saison monégasque...
La question qui divise les Monégasques : quelle valeur accorder à la saison de la Roca Team ?

Que restera-t-il de cette AS Monaco championne de France 2024 ?

Crédit photo : Julie Dumélié

C’est un débat impossible à trancher, mais qui obnubile Sasa Obradovic, toujours vent debout pour défendre son bilan. Quelques instants après avoir décroché le titre de champion de France mercredi à l’Adidas Arena, l’entraîneur monégasque a démarré sa conférence de presse par un plaidoyer spontané sur la question qui divise : la Roca Team a-t-elle réussi sa saison ? Le Serbe clame évidemment que oui.

Une vraie régularité… sauf dans les matchs décisifs

Il y a pourtant des raisons d’avancer l’inverse. Terminer sous les confettis en Betclic ÉLITE semble être le strict minimum pour la nouvelle superpuissance du championnat de France, aux moyens démesurés par rapport à ceux de ses concurrents (27,5 millions de budget et 13,1 millions de masse salariale). L’an dernier, l’AS Monaco avait en plus décroché la Coupe de France et composté son billet pour le Final Four de l’EuroLeague. Il y a donc indéniablement un recul de ce point de vue-là.

Le buzzer final face au Fenerbahçe, le moment où le rêve monégasque s’effondre (photo : Sébastien Grasset)

Ce qui est factuel, c’est que le club de la Principauté n’a coché qu’un objectif sur quatre. Soit un bilan tout juste moyen… Le doublé en Betclic ÉLITE, c’est fait. Cependant, il n’y eut ni trophée en Leaders Cup ni en Coupe de France, ce qui ressemble à un petit camouflet pour un club censé être aussi dominant sur la scène nationale. Ces éliminations viennent également caractériser la suffisance occasionnelle de la Roca Team, mise en lumière par sa domination insolente à Paris (+29 et +39) lorsqu’elle est concentrée. Mais la plus grande désillusion remonte évidemment au 8 mai, date de l’élimination aux portes du Final Four de l’EuroLeague des mains du Fenerbahçe Istanbul au terme d’une rencontre disputée sans aucune des recrues estivales de l’ASM : les JFL sur courant alternatif (Mouhammadou Jaiteh, Petr Cornelie, Terry Tarpey) et le flop Kemba Walker… « Cela se joue à un tir (d’Élie Okobo) : qu’auriez-vous dit s’il était rentré ? », persiflait encore Sasa Obradovic mercredi. Sauf que c’est justement sur ce genre de moment sur un fil où se joue le destin des grandes équipes, des grandes saisons…

Cela dit, la régularité de l’AS Monaco fut remarquable. Seulement cinq défaites en Betclic ÉLITE, dont trois après avoir verrouillé la première place (24v-2d fin mars). Surtout, un strapontin sur le podium de l’EuroLeague, avec un bilan rehaussé par rapport à l’an dernier (23v-11d contre 21v-13d), certes mal récompensé à la dernière seconde de la prolongation du dernier match… Et il y a des circonstances atténuantes sur les éliminations en Leaders Cup et Coupe de France, notamment celle du calendrier surchargé : 11 matchs en 22 jours avant la défaite contre Paris à Saint-Chamond, 5 en 10 jours avant celle contre Strasbourg à Trélazé…

Des arguments recevables des deux côtés. Ce qui fait que personne n’était réellement d’accord dans le camp monégasque, entre ceux qui pensent que le titre en Betclic ÉLITE est une manière de sauver la saison et ceux convaincus que le bilan est satisfaisant…

La saison de l’AS Monaco est-elle réussie ?

Oui…

Sasa Obradovic et Jordan Loyd tout à leur joie mercredi après le titre de champion de France (photo : Julie Dumélié)

Sasa Obradovic (entraîneur) : « Je pense que nous avons vécu une superbe saison. Il y a certes un tir (d’Élie Okobo contre le Fenerbahçe), qui aurait pu rentrer ou non. Peu importe ce que les gens disent, nous avons réalisé une grande saison (il le répète). Comment l’auriez-vous jugé si l’on avait joué le Final Four ? Nous avons été réguliers. Nous avons décroché deux victoires de plus en EuroLeague que l’an dernier. Nous avons dominé la Betclic ÉLITE, à l’image des deux derniers matchs à Paris. Comment peut-on dire que la saison a été juste normale (propos tenus juste après ceux de Mike James, à lire ci-dessous, ndlr) ?! Ce n’est pas facile de rester aussi régulier pendant dix mois. Ce n’est pas facile d’avertir les joueurs à l’approche des matchs de Coupe en France. Mes mises en garde n’ont pas été suffisantes avant la Leaders Cup, surtout que l’on jouait un basket incroyable à l’époque. Mais on a été trop faciles et on a laissé Paris nous battre. Mais si je dois juger la saison d’EuroLeague, il nous manque juste un tir pour le Final Four… Je ne peux pas dire que c’est un échec. J’ai entendu certains joueurs dire ça et je ne suis vraiment pas d’accord. On a fait un boulot incroyable ! »

Plutôt oui…

Oleksiy Yefimov (GM de l’AS Monaco) : « Je ne juge les résultats que sous une seule perspective : quelle est la probabilité que nous fassions aussi bien la semaine prochaine ? À mes yeux, nous avons fait preuve d’une remarquable régularité, et c’est la clef. Le back-to-back en Betclic ÉLITE, la troisième place en EuroLeague, un troisième Match 5 de playoffs d’EuroLeague représentent d’incroyables accomplissements. Cependant, on rêve encore plus grand et on a envie de faire mieux ! Peut-on progresser ? Bien sûr que oui. Devons-nous être déçus de cette saison ? Bien sûr que non ! Je suis ravi que les gens autour de nous mais aussi que certains joueurs et membres de la Roca Team aient l’impression que ce n’est pas assez. C’est exactement la mentalité que nous voulons garder. Nous sommes ambitieux et nous ne serons jamais 100% satisfaits. Cela fait partie de notre ADN, on va se battre pour accéder à l’échelon supérieur. »

Yakuba Ouattara (capitaine de l’AS Monaco) : « Pour moi, on fait une belle saison, sans plus. Car tous les objectifs n’ont pas été atteints. Malgré tout, cela reste une belle saison. On gagne un titre de champion de France, ce n’est pas rien. Cela reste une belle saison mais il y a quand même un petit goût amer. »

À moitié…

Mike James : « Aux États-Unis, on a une expression qui dit : it’s a wash. Cela veut dire que ça a été une saison normale. Je pense qu’il est difficile de juger la Leaders Cup et la Coupe de France car ce n’était que l’histoire d’un match. Quoiqu’il arrive, on ne peut pas dire que notre saison est un succès ou un échec sur la base des rencontres de Coupe. En revanche, une qualification pour le Final Four aurait fait de notre saison une réussite. De fait, je dirais que le curseur est au milieu. Le trophée de champion de France est une grosse victoire pour nous : on veut le remporter autant de fois que possible et prendre la Betclic ÉLITE de manière aussi sérieuse que possible. On y accorde une vraie valeur car ce n’est pas facile de décrocher un titre de champion, c’est encore moins facile de réaliser un doublé. Il faut savoir s’en souvenir. »

Mouhammadou Jaiteh : « La saison a été bonne dans la durée, mais on n’a malheureusement pas réussi à conclure. On a connu un problème de finition. Mais notre troisième place en EuroLeague prouve que nous avons été extrêmement solides sur la saison. On perd le Match 5 sur des détails. Idem pour la Leaders Cup. Il ne faut pas tout jeter mais il faut accepter que l’on n’a pas réussi à atteindre tout ce qu’on voulait. Il faut prendre le bon et retenir le moins bon. »

Plutôt non…

Donatas Motiejunas (propos tenus la veille du titre de champion de France) : « J’entends beaucoup de gens dire qu’on a gagné 80% de nos matchs, que c’est une très bonne saison. Tout le monde a un avis différent. Dans l’équipe, certains vous diront que la saison a été incroyable… À mes yeux, c’est une mauvaise saison, car on n’a encore gagné aucun titre. C’est à la fin du bal que l’on compte les musiciens : or, on approche de la fin et on n’a toujours rien… Si l’on est champion de France, la saison deviendra correcte pour moi, pas réussie. Lors de ma première saison ici, on a perdu contre l’ASVEL qui avait réalisé un triplé. Parce que je suis un compétiteur, j’étais jaloux de cela ! Je voulais faire la même chose. Trois titres d’affilée, c’est énorme, c’est une vraie domination, ça veut dire que l’on est vraiment la meilleure équipe. C’est le message envoyé par l’ASVEL à l’époque. C’est ce qu’on doit faire aussi si l’on veut s’établir comme une grande équipe en France et en EuroLeague. Il faut gagner tous les ans. Au bout du compte, il n’y a que les trophées qui importent. Pour moi, on n’a pas d’autre option que de remporter cette finale pour que la saison devienne convenable. On a perdu la Leaders Cup, la Coupe de France et on ne s’est pas qualifié pour le Final Four. On peut faire 1/4 avec nos objectifs : ce serait correct mais ce n’était pas ce que je voulais. »

Propos recueillis à Paris,

Commentaires


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lulutoutvert
Motiejuenas, James et Mam sont sur la même longueur d'onde. Très bien pour le championnat, pour avoir été dominant, mais les coupes mais surtout le match 5 en 1/4 est resté en travers de la gorge. Surtout après la saison précédente où ils avaient goûté le final four. Donc correcte. Mais oui à un tir près cela aurait pu changer la saveur et la perception.
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