Nicolas Batum, légende parmi les légendes, tire sa révérence

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À partir de 5€Essai gratuitIl avait déjà dit adieu au maillot bleu au soir d’une finale olympique, devant son public, à Paris. Deux ans plus tard, Nicolas Batum range définitivement ses chaussures. L’un des plus grands joueurs de l’histoire du basket français a annoncé ce lundi la fin de sa carrière sportive, trois mois après celle de son compagnon de route Nando De Colo.
Pour l’annoncer, Nicolas Batum n’a pas choisi Los Angeles, où il vit désormais avec sa famille, ni une salle NBA. Il est revenu à Pont-l’Évêque. Dans le gymnase où l’enfant normand a commencé à jouer au basket, son fils à ses côtés, il a refermé une histoire qui avait débuté plus de trois décennies auparavant. À une date symbolique, le 21 septembre, jour-anniversaire du décès de son père, Richard, sur les parquets...
De Pont-l’Évêque à la NBA, une carrière devenue immense
Pont-l’Évêque, Caen, puis Le Mans : avant la NBA, il y a eu la Normandie et la découverte du haut-niveau avec le MSB. Le jeune ailier longiligne, athlétique et capable de presque tout faire sur un terrain s’est ensuite installé à Portland, avant de devenir un joueur majeur à Charlotte puis un vétéran recherché pour son intelligence de jeu et sa polyvalence.

Le Nicolas Batum des premières années attaquait le cercle, traversait le terrain en deux dribbles et remplissait toutes les colonnes de la feuille de statistiques, au point de devenir un potentiel All-Star. Celui de la deuxième moitié de sa carrière avait appris à peser autrement. Défendre sur plusieurs postes, faire circuler le ballon, poser un écran, trouver la passe supplémentaire, couper au bon moment, sanctionner depuis les corners : il était devenu l’un de ces joueurs dont l’influence dépassait largement le nombre de points inscrits.
Marqué davantage par sa longévité et sa consistance que de ses succès, sa carrière américaine aura traversé trois décennies et plusieurs générations de NBA. À 37 ans, Nicolas Batum referme un parcours de 18 saisons outre-Atlantique, avec 1 205 matches de saison régulière (663 victoires pour 542 défaites, soit 55 % de succès) et 76 de playoffs. Sur l’ensemble de sa carrière NBA, il a tourné à 9,6 points, 4,7 rebonds et 3 passes de moyenne, avec des records personnels à 35 points, 18 rebonds et 16 passes sur une rencontre. Son exercice le plus abouti sur le plan statistique reste la saison 2016-2017 avec Charlotte, conclue à 15,1 points, 6,2 rebonds et 5,9 passes par match.

Nicolas Batum et les Bleus, une histoire à sept médailles
Mais pour mesurer la place de Nicolas Batum dans le basket français, il faut surtout remettre un maillot bleu sur ses épaules.
Pendant quinze années (177 sélections), il a accompagné presque toutes les grandes pages de l’équipe de France de Vincent Collet. Il y eut l’argent européen de 2011 - le meilleur EuroBasket de l'histoire, comme il aime le rappeler -, le titre tant attendu de 2013, les bronzes mondiaux de 2014 et 2019, celui (plus décevant, car en France) de l’EuroBasket 2015, puis les deux finales olympiques de Tokyo et Paris.
Sept médailles avec l’équipe de France : aucun international masculin français n’en a remporté davantage.
Certaines images resteront. Parmi elles, ce contre sur Klemen Prepelič dans les dernières secondes de la demi-finale des Jeux olympiques de Tokyo. La Slovénie avait la balle de la finale. Batum était revenu pour fermer la porte. Un geste défensif devenu l’une des séquences les plus marquantes de l’histoire des Bleus.
Un geste historique qui lui aura aussi permis de demander le pardon des amoureux de l'équipe de France pour ses ratés précédents.
"J’ai fait de bons matches, en équipe de France, mais j’ai l’impression qu’on se rappelle trop de mes matches pourris. Mes trois lancers, l’Espagne en 2016, la demi-finale contre l’Argentine (en 2019, ndlr)… Est-ce que ce contre efface tout ? S’il vous plaît, oui. Je pense que ça rattrape les erreurs que j’ai faites. Je devais le faire."
Nommé capitaine à la retraite de Boris Diaw en 2018, il avait choisi Paris 2024 pour quitter la sélection. L’histoire s’était terminée avec l’argent, après une dernière finale contre les États-Unis.
« J’ai raté beaucoup de choses »
Deux ans plus tard, son dernier message parle finalement assez peu de basket. Dans sa vidéo publiée sur les réseaux sociaux, Nicolas Batum s’adresse avant tout à son fils.
« Des sacrifices, j’en ai fait beaucoup. J’ai raté beaucoup de choses. »
La scène est chargée de sens. Son père, Richard Batum, lui aussi basketteur, est décédé à 31 ans, un 21 septembre, lors d'un match de basket à Autun, alors que Nicolas n'avait que 3 ans. Face à son propre fils, Ayden Richard Batum, dans la salle de Pont-l’Évêque, il relie les trois générations et explique pourquoi le moment est venu.
21/09/1991
— Nicolas Batum (@nicolas88batum) 21 septembre 2026
21/09/2026 pic.twitter.com/0IXH9Rs6wV
Il lui raconte aussi ce souvenir des Jeux de Paris, après la victoire contre l’Allemagne. Son plus beau moment de basket, dit-il, parce que son fils avait pu le rejoindre sur le terrain. Une scène qu’il n’avait jamais pu vivre avec son propre père.
Le joueur laisse alors place à l’homme. Celui qui a passé une grande partie de sa vie entre les entraînements, les avions, les hôtels, les saisons NBA et les étés avec l’équipe de France veut désormais récupérer du temps auprès des siens.

« Le basket français m’a tout donné »
Nicolas Batum n’a jamais considéré sa carrière uniquement à travers le prisme de la NBA. Le Normand a toujours conservé un lien étroit avec le basket français, celui qui l’a vu grandir à Pont-l’Évêque et Caen avant son passage par le centre de formation du Mans.
« Le basket français m’a tout donné », confiait-il à notre micro en janvier. Une formule qui résume aussi ses engagements au-delà des parquets. Au fil des années, Batum s’est impliqué auprès de Caen, du Mans et de l’ASVEL, avant de se retirer du projet villeurbannais. Son club de Pont-l’Évêque a également bénéficié de son attachement à ses racines, notamment par le reversement de primes perçues avec l’équipe de France.
Ce rapport aux Bleus aura occupé une place particulière dans sa carrière. Même au lendemain du terrible échec de la Coupe du monde 2023, il rappelait avoir consacré près de vingt ans à représenter la France et sa fierté intacte de porter le maillot national. Un an plus tard, il quittait la sélection après une deuxième médaille d’argent olympique, entouré de sa femme et de ses enfants.
Un avenir en lien avec le basket ?
Sa retraite ne signifie pas nécessairement une disparition des terrains. Nicolas Batum a déjà commencé à transmettre autrement, notamment comme consultant sur TF1 lors de l'EuroBasket 2025, avant d'être de retour pour la Coupe du monde 2027. Sa connaissance de la NBA, du basket européen, de l’équipe de France et du fonctionnement des clubs lui donne un profil rare dans le paysage français.
Boris Diaw et Céline Dumerc ont, après leur carrière, poursuivi leur histoire avec les équipes de France dans des fonctions dirigeantes. Rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que Nicolas Batum suivra le même chemin. Son discours de retraite dit même clairement l’inverse à court terme : après les sacrifices et les absences, il veut d’abord retrouver du temps.
Du temps pour sa femme, pour ses enfants et pour ce fils auquel il adresse une grande partie de sa vidéo. « Je pourrai être à tous tes matchs et même te coacher », assure-t-il, lui qui s'est dit intéressé par le coaching, mais auprès des tous jeunes, avant que cela ne devienne trop sérieux.
C’est peut-être là que se trouve la véritable conclusion de sa carrière. Nicolas Batum a passé près de vingt ans à défendre, organiser, faciliter et faire jouer les autres. À 37 ans, après avoir tant donné au basket français, il choisit désormais d’être présent pour les siens.
Son parcours :
1993/01 : US Pont-l'Évêque
2001/03 : Caen Basket Calvados
2003/08 : Le Mans Sarthe Basket
2008/15 : Portland TrailBlazers
(Lock-out 2011) : SLUC Nancy
2015/20 : Charlotte Hornets
2020/23 : Los Angeles Clippers
2023/24 : Philadelphie 76ers
2024/26 : Los Angeles Clippers
Son palmarès :
En équipe de France jeunes :
Champion d'Europe U16 en 2004
Champion d'Europe U18 en 2006
Médaillé de bronze lors de la Coupe du Monde U19 en 2007
En club :
Trophée du Futur 2005 avec Le Mans
Semaine des As 2006 avec Le Mans
Champion de France 2006 avec Le Mans
Match des Champions 2011 avec Nancy
En équipe de France :
Vice-champion d'Europe en 2011
Champion d'Europe en 2013
Médaillé de bronze lors de la Coupe du monde 2014
Médaillé de bronze lors de l'EuroBasket 2015
Médaillé de bronze lors de la Coupe du monde 2019
Vice-champion olympique en 2021
Vice-champion olympique en 2024
Distinctions individuelles :
MVP de l'EuroBasket U18 2006
Meilleur espoir de Pro A en 2007 et 2008
MVP du Match des Champions 2011
Nommé dans le cinq majeur de la Coupe du monde 2014
MVP de la semaine de la conférence Est en novembre 2015
Trophée Alain-Gilles 2021
Le classement des lecteurs · À vous de ranker
Quelle est la place de Nicolas Batum dans l'histoire du basket français (masculin) ?
- Tony Parker
- Boris Diaw
- Nicolas Batum
- Alain Gilles
- Hevé Dubuisson
- Rudy Gobert
- Nando De Colo
- Richard Dacoury
- Antoine Rigaudeau
- Autre — Stéphane Ostrowski, Jacques Cachemire, Florent Piétrus, Jean-Claude Bonato, Jim Bilba, Jacques Monclar, Eric Beugnot...






























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