« C’est l’équipe avec laquelle on a le plus hésité » avoue Vincent Collet en vue des Jeux Olympiques
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À partir de 5€Essai gratuitPeu après l’annonce de la sélection de 12 joueurs (plus 4 réservistes) qui participera aux Jeux olympiques de Tokyo, le sélectionneur Vincent Collet a tenu une visio-conférence lors de laquelle il s’est expliqué sur les raisons qui l’ont poussé à faire à faire ses choix.
S’agit-il de l’équipe la plus difficile à construire ?
Vincent Collet : « Sans aucun doute. De mon point de vue, c’est l’équipe avec laquelle nous avons le plus hésité. Peut-être cela vient de ma situation cette année où le fait d’être à temps plein fait que j’y ai consacré beaucoup de temps. Malgré tout, avec les réunions et les échanges avec mes assistants, on était tous plusieurs fois dans l’hésitation. Et puis ça a évolué. Il y a eu des événements qui nous ont fait modifier notre position. C’était vraiment une année complexe. J’ai parlé d’une vingtaine de joueurs parce qu’ils étaient à peu près autant dans la discussion. »
Parmi les hésitations que vous avez eu, quels étaient les joueurs les plus proches d’être dans la liste des 12 ?
« Il y en a eu sur les postes de meneur/arrière, sur le poste 4 aussi en l’occurence Adrien Moerman. Et enfin sur la position de pivot intermédiaire. Si Vincent Poirier n’était pas revenu au Real Madrid, je ne suis pas sûr qu’on l’aurait emmené. Concernant Théo Maledon, il a souhaité avec sa franchise suivre un très gros programme de développement en vue de la saison prochaine donc il a renoncé à disputer les Jeux olympiques. Il faut en prendre acte. J’avais l’intention de le prendre mais sa sélection n’était pas évidente par rapport au joueur qui va le remplacer. C’était un des éléments de réflexion en dépit de son excellente première saison NBA. Ce n’est pas quelque chose qui doit abîmer notre volonté d’aller très haut sur ces Jeux olympiques. »
Vous évoquiez le retour de Vincent Poirier au Real Madrid, il y a celui aussi de Thomas Heurtel à l’ASVEL. Son retour a-t-il été décisif dans votre décision ?
« Je ne vais pas livrer un secret, mais quand il a repris le jeu après avoir été évincé de Barcelone en février, il m’avait questionné et avoué être en contact avec l’ASVEL. Je l’avais très fortement encouragé à donner suite. C’était fondamental à mes yeux qu’il joue car un joueur doit jouer. S’il s’était entraîné seul pendant sept ou huit mois sans beaucoup jouer la saison précédente parce qu’il était blessé, ça aurait fait une absence trop longue. »
« Pour l’instant c’est une liste de 12 joueurs mais pas encore une équipe »
Timothé Luwawu-Cabarrot et Guerschon Yabusele sont les nouveaux de ce groupe. Ils vont disputer leur première compétition internationale. Qu’est-ce qui vous a séduit dans leur profil ?
« Pour Timothé, cela a commencé il y a deux ans. Même si on l’avait écarté juste avant la Coup du Monde, j’avais été impressionné par ce qu’il avait montré durant la préparation, de par son engagement, son explosivité. Il a un volume de jeu vraiment intéressant. À l’époque c’était pour une question de positionnement que je ne l’avais pas retenu. Je ne le sentais pas capable d’accepter un rôle derrière Evan et Nando. Je craignais pour l’équilibre de l’équipe. Depuis deux ans, nous le suivons et il a fait du chemin. En plus, cette année, il se trouve dans une équipe (Brooklyn Nets) où il est encore plus confronté qu’en Équipe de France à cette problématique. Quand vous avez à côté de vous, Kyrie Irving, James Harden et Kevin Durant, il est dans une situation où il doit accepter certaines choses. Malgré tout, il tire son épingle du jeu quand il est sollicité. Je le trouve efficace. Concernant Guerschon, il a fait partie des cas les plus épineux. Le poste 4 a été pour moi très difficile à trancher. Je le dis avec sincérité. Il était venu sur une fenêtre internationale en février dernier et on avait aimé ce qu’il avait fait. Je trouve qu’il a évolué avec l’ASVEL, qu’il a progressé. Je suis intéressé par sa dimension athlétique, son explosivité. Il a une vraie main, son tir à 3-points est vraiment très fiable, même si défensivement il est parfois en difficulté. Et je pense qu’il peut nous amener un grain de folie. Il a parfois des coups de chaud. Par rapport à nos trois pivots plus classiques, ça me paraissait intéressant de l’avoir. Et n’oublions pas aussi que Nicolas Batum va passer plus de temps au poste 4 qu’en 2019. »
Enfin, quelle sera l’ambition de l’Équipe de France ?
« Notre objectif je veux le partager avec les joueurs. Ça fait partie de ce qu’on mettra en place en début de préparation. On travaillera beaucoup sur la construction de cette aventure. Bien sûr, on parlera de l’objectif qu’on veut atteindre tous ensemble mais aussi tout ce dont on a besoin pour y parvenir pour tout de suite basculer dans l’exigence. À titre personnel, je veux le podium, le plus haut possible. Avec mes assistants, nous avions deux objectifs. D’abord de garder une ossature de l’équipe de 2019 puisque nous estimions que la campagne était satisfaisante. Ensuite, c’était de la renforcer. Je pense que nous y sommes parvenus. Mais seule la compétition nous permettera d’en être sûr. Car pour l’instant c’est une liste de 12 joueurs mais pas encore une équipe. Il va falloir travailler ensemble. C’est pour ça que la préparation est importante. On a un groupe à fort potentiel. C’est notre comportement qui va déterminer les performances. »
L’équipe de France pour les Jeux olympiques de Tokyo :
- Meneurs : Thomas Heurtel, Andrew Albicy et Frank Ntilikina
- Arrières : Evan Fournier et Nando De Colo
- Ailiers : Nicolas Batum et Timothé Luwawu-Cabarrot
- Ailier-forts : Amath M’Baye et Guerschon Yabusele
- Pivots : Rudy Gobert, Moustapha Fall et Vincent Poirier
Les réservistes :
- Isaïa Cordinier, Axel Toupane, William Howard et Mathias Lessort.
Propos recueillis par






















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