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ITW Andrew Albicy : « Il y a beaucoup de choses dans la formation espagnole qu'il faudrait intégrer en France »

Betclic ÉLITE - De retour en France avec Limoges après dix ans en Espagne, Andrew Albicy se livre, notamment sur son évolution, mais aussi sur sa vision des différences entre les deux championnats et de ce que la formation française pourrait emprunter au modèle espagnol.
ITW Andrew Albicy : « Il y a beaucoup de choses dans la formation espagnole qu'il faudrait intégrer en France »
Andrew Albicy, 10 ans après sa dernière apparition en France
Crédit photo : Sulyvan Manfroi / Limoges CSP
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Dix ans après son départ en Espagne, Andrew Albicy (1,78 m, 36 ans) fait son grand retour dans le championnat français avec Limoges. Avec 5 points et 7 passes décisives de moyenne sur les trois premiers matchs, l'homme aux 110 sélections en équipe de France est pour l'instant au-dessus de ses moyennes personnelles des dernières saisons. Même si cela peine à se traduire sur le plan collectif pour l'instant. Lors du Media Day LNB, nous avions eu l'occasion d'interviewer le vétéran tricolore, pour parler de son expérience en Espagne, de son retour en France, et de son rôle dans sa nouvelle équipe du CSP.

PROFIL JOUEUR
Poste(s): Meneur
Taille: 178 cm
Âge: 36 ans (21/03/1990)
Nationalités:
drapeau-france-carre.jpg
Stats 2026-2027 / Betclic ELITE
PTS
5
#126
REB
1,7
#133
PD
7
#5

[Interview enregistrée fin septembre]

Andrew, après 10 ans en Espagne, ce retour en France est un gros changement pour toi. Est-ce que l'adaptation est compliquée ?

Ce n'est pas du tout compliqué, c'est un beau challenge. Je le prends vraiment comme ça. Pouvoir être de retour en France, retrouver le championnat, montrer le joueur que je suis devenu… Ça va être cool.

Quel doit être ton rôle dans l'équipe ? Tu ne vas pas te réinventer à 36 ans ?

Non pas du tout. J'ai envie d'être le moteur de l'équipe, tout simplement. Des deux côtés du terrain. Vraiment des deux côtés du terrain : amener de l'énergie, défendre le plomb et créer pour les autres. On a des scoreurs incroyables dans notre équipe, il faut les mettre en valeur.

Un rôle de leader vocal aussi ? Avec ton expérience et ton CV, tu as la légitimité pour cela ?

Clairement. Mes coéquipiers m'écoutent déjà, donc c'est très bien. Et ça se fait naturellement, je ne force pas les choses : quand je vois quelque chose qu'on peut améliorer, j'essaie de le dire, pour aider l'équipe au maximum. C'est le plus important pour moi. C'est le rôle que j'ai toujours eu, même en équipe de France.

Tu as joué tes deux premiers matchs professionnels lors de la saison 2006/07…

C'était contre Le Mans puis Pau ? Je crois que c'était ça. En plus, les deux équipes jouaient en EuroLeague à l'époque, je m'en rappelle très bien. De très bons souvenirs. On aurait pu prendre 50 points, ça m'aurait fait le même effet [rires]. En rentrant sur le terrain, j'étais trop content. Je m'en souviens très bien.

C'est une fierté d'être encore là 20 ans après, toujours en première division ?

Ouais clairement. Je suis très content de mon parcours : peu de gens auraient misé sur moi pour faire cette carrière. Je suis très content et j'ai encore faim : j'ai toujours autant de passion pour le basket, donc ce n’est pas encore fini.

Depuis ton départ de Betclic ÉLITE il y a 10 ans, quels changements as-tu observés dans le championnat ? Après la présaison, as-tu vu des évolutions dans le jeu depuis 10 ans ?

Le jeu est devenu beaucoup plus athlétique et physique. Le niveau global s'est élevé, parce qu’on a eu la chance d'avoir des locomotives comme Monaco, l'ASVEL et Paris qui évoluent et grandissent chaque année. Même si la perte de Monaco peut faire mal à la popularité du championnat, ces clubs ont montré la voie à suivre. Il ne faut pas oublier que Monaco a fait deux Final Fours en 3 ans, ce qui est incroyable. Avec Paris et l'ASVEL en locomotives cette saison, il faut que les autres suivent. Bourg qui a gagné l'EuroCup est juste derrière, d’autres comme Nanterre sont des poils à gratter et se développent. 

Où se situe Limoges dans tout ça ?

Avec la restructuration du club et de l’équipe, notre but est d'être dans le Top 6 pour décrocher une Coupe d'Europe. Donc on va faire en sorte d’y arriver.

Tu as continué à suivre la LNB depuis l'Espagne ?

Toujours. Même si c'était parfois compliqué avec l'accès au site [rires], je suivais beaucoup. Il y a tout le temps du basket chez moi : du mardi au dimanche, il n'y a que du basket. Il n’y a que le lundi qui est off parce qu’il n’y a pas de matchs.

Quelles différences vois-tu entre les championnats français et espagnols, toi qui a joué 10 ans dans les deux ?

En Espagne, le jeu est beaucoup plus tactique, avec moins de qualités physiques. Même si ça dépend des équipes. Il peut y avoir de très forts joueurs aux postes-clés, et autour des joueurs un peu moins forts mais qui connaissent leur rôle. Ça les rend très précis et impactants. C'est pour cela que le championnat espagnol est beaucoup plus compétitif dans les Coupes d’Europe, sur tous les tableaux. Mais je trouve que quand les équipes françaises affrontent les Espagnols, elles sont au combat. Ça montre notre progression.

« Si on arrivait à combiner cette science du jeu espagnole avec nos qualités athlétiques dès le plus jeune âge, on pourrait dominer encore plus »
Andrew Albicy

Chez les jeunes, c'est plus compliqué lors des compétitions internationales face aux Espagnols. Que pourrait-on intégrer de leur formation chez nous ?

Malheureusement, il y a beaucoup de choses à intégrer. Savoir jouer sans le ballon déjà. Avoir la science du jeu, même si c’est difficile à expliquer. Certains joueurs espagnols n'ont pas besoin du ballon pour briller : ils savent faire sans, parce qu'on leur apprend très jeunes. En France, on a trop besoin du ballon pour exister, et c’est un problème. Tout le monde veut tout faire, alors que ce sont les petites choses qui font la différence.

En Espagne, ils l'ont compris, et c’est pour ça que ça marche pour eux. Par contre, ils n'ont pas notre vivier. Nos joueurs se développent parfois plus tard, c'est pour ça qu’on en voit beaucoup en NBA. La génération qui arrive en équipe de France est incroyable, on devrait pouvoir monter la meilleure équipe dans l’histoire du basket français. C’est que notre formation fonctionne. Mais si on arrivait à combiner cette science du jeu avec nos qualités athlétiques dès le plus jeune âge, on pourrait dominer encore plus chez les jeunes.

Tu aurais envie de transmettre ton expérience à la formation française, peut-être dans le coaching après ta carrière ?

Oui ça me tente beaucoup. Après, je n'ai pas encore de plan arrêté pour mon après-carrière. Mais c'est une voie que j'ai très envie d'explorer.

Comment s'est fait ce retour à Limoges concrètement ? À quel moment cela s'est-il décidé ?

Ça s'est fait parce que je n'avais pas de retour de Gran Canaria, qui était ma priorité. Il y a eu des changements de président et de GM là-bas, ce qui a retardé les renouvellements de joueurs. Et en fait Limoges m'a contacté. Vu que j’ai une famille, je ne pouvais pas prendre le risque d'attendre Gran Canaria sans garantie. Avec l'accord de ma femme, on a décidé de venir à Limoges, car le club a montré un vrai intérêt et un projet motivant.

Tu as dit que Nicolas Lang, que tu connais depuis 20 ans, n'avait pas eu d'impact direct sur ton choix ?

Pas du tout [sourire]. Mais c'est évidemment plus plaisant de jouer avec un gars que je connais très bien. Sur le terrain on se retrouve facilement. Je connais ses forces et j'essaie de le placer dans les meilleures dispositions, comme dans un fauteuil. Quand tu as le meilleur shooteur de l'histoire de la LNB grand ouvert et que tu le trouves, tu sais que c'est une passe décisive. Ça rend le jeu beaucoup plus simple.

Votre équipe comporte plusieurs vétérans, notamment dans le cinq majeur. Quel avantage cela vous donne-t-il ?

Savoir mieux gérer le tempo et la dynamique des matchs. On aura peut-être moins de possessions que des équipes qui courent beaucoup, mais on veut contrôler le rythme, et appuyer sur les faiblesses adverses pour créer des décalages.

Nicolas Lang lors de l'EuroBasket U20 en 2010
Nicolas Lang lors de l'EuroBasket U20 en 2010 (photo : FIBA)
Andrew Albicy lors de l'EuroBasket U20 en 2010, face à un certain Ricky Rubio (photo : FIBA)
Image Tom Compayrot
Tom Compayrot a rejoint BeBasket en novembre 2023, où il suit de près l’actualité de la NBA. Curieux et rigoureux, il s’intéresse autant aux stars qu’aux rôles clés dans l’ombre, avec l’envie de raconter ce qui fait vibrer la ligue au quotidien. Récemment, il s’est rendu aux Etats-Unis pour couvrir la Draft NBA 2025 sur place et nous faire vivre cet événement majeur de l’intérieur.

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ITW Andrew Albicy : « Il y a beaucoup de choses dans la formation espagnole qu'il faudrait intégrer en France »