« J’ai laissé les émotions prendre le dessus » : Le mea culpa de Matthew Strazel après son expulsion

Matthew Strazel regrette les incidents auxquels il a pris part
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À partir de 5€Essai gratuitExpulsé à une minute de la fin du match 3 perdu par Monaco (77-88) après avoir littéralement dégoupillé face à l’arbitre Mehdi Difallah, Matthew Strazel a finalement bénéficié d’un sursis. Alors que des rapports ont été rédigés par le corps arbitral, l’absence de procédure d’urgence lui permet, tout comme à Alpha Diallo, de tenir sa place ce dimanche (18 heures) pour un match 4 capital.
En conférence de presse, le meneur monégasque est revenu sur cette soirée électrique où il a, de son propre aveu, « laissé les émotions prendre le dessus ».
« Je suis à fleur de peau »
Les images de la fin du Match 3 ont pour le moins marqué les esprits. Alors que la défaite se profilait, Strazel a explosé, hurlant au corps arbitral « METS-LA MOI ! T’ES UN TRICHEUR, T’ES UN TRICHEUR ! » avant d’être renvoyé aux vestiaires. L’enfant de Marne-la-Vallée n’a pas cherché à nier sa responsabilité. Sans présenter d’excuses publiques, il a reconnu avoir perdu la maîtrise de ses émotions dans un contexte particulièrement tendu. « J’aurais dû réagir mieux que ça et ne pas laisser les émotions prendre le dessus sur moi », a-t-il admis.
Le meneur monégasque a toutefois insisté sur la fatigue accumulée au fil d’une saison particulièrement éprouvante. « C’est la fin de saison. Je suis fatigué mentalement, physiquement. Ce ne sont pas des excuses, mais tout ce qu’on a traversé cette saison… Je suis à fleur de peau. La moindre décision qui ne va pas dans mon sens, ça me fait disjoncter. » Une situation qui l’a poussé à remettre certaines choses en perspective avant le match 4. « Je vais essayer de me reconcentrer sur les choses les plus importantes. De base, je fais du basket pour me faire plaisir parce que c’est ma passion. Je vais essayer de revenir aux basiques et reprendre du plaisir sur le terrain. »
Une nuit blanche après le match 3
L’ancien joueur de l’ASVEL reconnaît que cet épisode l’a profondément marqué. Au point de vivre une nuit particulièrement compliquée après la rencontre. « C’est la première fois que je comprends le fait de ne pas dormir de la nuit », a-t-il confié.
« De minuit à 7 heures, je n’ai pas réussi à dormir. Je regardais le match, je repensais à tout. Pourquoi ci ? Pourquoi ça ? Pourquoi cette faute ? Pourquoi cette réaction ? Voilà, sept heures de réflexion. » Un long moment d’introspection qui n’a fait que renforcer son envie de réagir sur le terrain. « J’ai pris un coup hier, forcément. Mais maintenant, il y a une victoire impérative à aller chercher. »
L’absence de commission de discipline avant la fin des finales constitue un soulagement évident pour le meneur international. Une suspension aurait représenté un véritable cauchemar pour celui qui dispute probablement ses derniers matchs sous le maillot monégasque.
« Je suis rassuré parce que je m’en serais voulu de laisser mes coéquipiers faire un ou deux matchs sans moi. Là, ça aurait été le coup de massue et vraiment une mauvaise fin pour moi et pour l’équipe. » Désormais, son objectif est simple : se concentrer exclusivement sur le basket. « Il me reste 80 minutes à jouer au maximum. Je vais essayer de mettre ma concentration et mon énergie uniquement sur le basket. Arrêter de parler aux arbitres. Je sais que c’est quelque chose que j’essaie déjà de faire, mais quand il y a des enjeux, c’est difficile à gérer. »
Un constat sévère sur le collectif monégasque
Au-delà de son cas personnel, Matthew Strazel a livré une analyse intéressante des difficultés rencontrées par Monaco dans cette finale. Selon lui, le problème dépasse largement les faits de jeu ou l’arbitrage. « Le match 1 et le match 3 se ressemblent beaucoup. On domine pendant une grande partie du match et eux sont plus lucides que nous dans les moments décisifs. »
Le meneur estime également que la Roca Team s’est éloignée de son identité collective au fil de la rencontre. « On a arrêté de se passer le ballon vers la fin du deuxième quart-temps et on a continué comme ça en deuxième mi-temps. Chacun jouait un peu pour soi. Quand arrive la fin de match et qu’il faut mettre des tirs compliqués, certains n’ont plus de sensations parce qu’ils n’ont pas touché la balle depuis longtemps. »
Dans cette autocritique collective, il rejoint les propos tenus la veille par Terry Tarpey et Sergii Gladyr. « Je pense que c’est un peu l’histoire de nos quatre ou cinq saisons à Monaco. On a souvent l’impression d’être la meilleure équipe du championnat, mais on finit parfois par se mettre des bâtons dans les roues nous-mêmes. »
L’hommage à Yakuba Ouattara et le souvenir d’une saison hors normes
Strazel a également tenu à souligner le travail défensif effectué par le Paris Basketball, avec une mention particulière pour son ancien coéquipier Yakuba Ouattara (1,90 m, 34 ans). « Il me fatigue, il m’use, il me frustre. Je ne sais pas si ça se voit dans les statistiques, mais c’est probablement le joueur qui me fatigue le plus sur le terrain. Peut-être qu’au final, il me fait perdre un peu ma lucidité en fin de match. »
Interrogé sur les difficultés traversées cette saison, le meneur a également révélé qu’un groupe de joueurs avait envisagé d’arrêter de jouer lors de la période des retards de salaires qui ont touché le club. Une réunion avait même été organisée dans un restaurant monégasque afin de décider de la marche à suivre. Finalement, certains cadres ont convaincu l’effectif de poursuivre la saison malgré le contexte.
C’est aussi pour cette raison que cette campagne 2025-2026 restera particulière à ses yeux. « Ça aura été la saison la plus enrichissante de ma carrière. J’ai vu des choses que je n’avais jamais vues auparavant et que je ne pensais même pas possibles dans le monde professionnel. »
Dimanche, devant ce qui pourrait être son public pour la dernière fois, Matthew Strazel aura l’occasion d’écrire une conclusion différente à une soirée qu’il aimerait déjà oublier.


























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