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Dimitris Giannakopoulos sans filtre pour Euro Insiders : « Je ne peux pas mettre le Panathinaikos et l’Olympiakos dans la même phrase »

Europe - Invité du podcast Euro Insiders, Dimitris Giannakopoulos s'est exprimé sur sa relation avec le club grec. Son avenir pouvant s'inscrire ailleurs qu'au club vainqueur de l'EuroLeague en 2024.
Dimitris Giannakopoulos sans filtre pour Euro Insiders : « Je ne peux pas mettre le Panathinaikos et l’Olympiakos dans la même phrase »

Dimitris Giannakopoulos au micro d’Euro Insiders

Crédit photo : Euro Insiders
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Interviewé par les Français du média Euro Insiders, le sulfureux propriétaire Dimitris Giannakopoulos (52 ans) raconte ses années passées au club du Panathinaikos. Le riche héritier de la plus grande société pharmaceutique de Grèce, Vianex, s’est longuement confié dans cette première partie. Entre sa relation avec le club, l’énorme responsabilité de diriger l’une des institutions les plus soutenues de Grèce, la rivalité supposée avec l’Olympiakos et son avenir loin du club, il s’est livré depuis sa majestueuse maison de Sounion, dans le Sud d’Athènes.

LIRE AUSSI : Dimitris Giannakopoulos, Shane Larkin… comment deux anciens espoirs d’Antibes ont conquis l’EuroLeague avec Euro InsidersGabriel Pantel-Jouve

Une famille avec le Panathinaikos comme religion

Au cours de l’entretien, Dimitris Giannakopoulos a notamment expliqué ce qui l’attache particulièrement au Panathinaikos, dont la section basket a été fondée en 1937. Son père, Pavlos Giannakopoulos, l’a rachetée 50 ans plus tard, en 1987, alors que Dimitris Giannakopoulos était encore adolescent.

« J’adore le Panathinaikos. J’ai grandi dans une maison où le mot Panathinaikos était prononcé toutes les dix minutes (…) Ce n’était pas quelque chose dans lequel je voulais être impliqué. »

Une volonté paternelle à respecter

Malgré cet attachement familial, Dimitris Giannakopoulos n’avait initialement pas vocation à prendre les commandes du Panathinaikos. Il assure même avoir cherché un repreneur jusqu’au Nigeria lorsqu’il a fallu envisager l’après-Pavlos Giannakopoulos. Son père l’a finalement convaincu de poursuivre l’engagement familial auprès du club.

« Mon père m’a dit : « S’il te plaît, ne me fais pas ça, c’est mon héritage. » (…) J’ai continué, j’ai fait de mon mieux et je pense avoir dépassé le niveau de ce qui était attendu. »

À la tête du Panathinaikos depuis 2012, Giannakopoulos rappelle toutefois qu’il n’a jamais envisagé cet engagement comme définitif. La responsabilité qu’il associe à sa fonction dépasse selon lui les seuls résultats de l’équipe, puisqu’il estime que trois à quatre millions de personnes sont concernées par les performances du club.

« Je n’ai jamais dit que j’allais être ici pour toujours. J’ai la responsabilité de savoir si trois ou quatre millions de personnes vont se réveiller le matin avec le sourire ou non. Alors je pense beaucoup à eux. »

« Il n’y a pas de rivalité » avec l’Olympiakos selon Giannakopoulos

Dimitris Giannakopoulos s’est montré beaucoup moins conciliant au moment d’évoquer l’Olympiakos. Malgré l’opposition historique entre les deux géants d’Athènes et du Pirée, le propriétaire du Panathinaikos refuse même de placer les deux institutions sur un pied d’égalité dans le basket.

« Je ne peux pas mettre le Panathinaikos et l’Olympiakos dans la même phrase, parce que ce sont deux clubs totalement différents en termes de dynamique, de taille, d’éthique, de tout. »

Selon lui, la rivalité entre les deux clubs appartient avant tout au football. Une position qu’il accompagne d’une pique particulièrement provocatrice envers le public de l’Olympiakos.

« Cette rivalité vient du football. Il n’y a pas de rivalité dans le basket. Les supporters de l’Olympiakos ont appris, ces dix dernières années, que le basket se jouait avec un ballon orange et non avec un ballon noir et blanc. Il y a dix ans, vous alliez dans la salle de l’Olympiakos et vous entendiez : « Hors-jeu, hors-jeu ! » »

Giannakopoulos assure toutefois respecter les supporters du club du Pirée, comme ceux des autres équipes. Cela ne change pas son jugement sur la comparaison entre les deux formations grecques : « Je ne peux pas accepter que le Panathinaikos et l’Olympiakos puissent être placés dans la même discussion en basket. »

Quant à une éventuelle pacification des relations entre les deux camps, le propriétaire du Panathinaikos affirme être disposé à discuter, tout en rejetant la responsabilité de l’absence de rapprochement sur ses homologues.

« Je l’ai dit des milliers de fois. J’ai essayé d’humaniser cette relation. Il n’y a aucune volonté de l’autre côté. Aucune. Je suis prêt à m’asseoir autour de la même table. »

Un soutien appuyé à Ergin Ataman

Dimitris Giannakopoulos est également revenu sur la dernière saison du Panathinaikos, qu’il refuse de considérer comme un échec malgré des résultats sportifs inférieurs à ses attentes. Le propriétaire met notamment en avant la transformation de l’OAKA, désormais exploité par le club, et l’engouement généré autour de l’équipe.

« Sur le plan du basket, je m’attendais à quelque chose de mieux. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons changé de braquet cette année. Je pense que cette saison a simplement été malchanceuse. Je ne pense pas que ce soit une saison d’apprentissage », explique-t-il dans Euro Insiders.

Le dirigeant grec a surtout tenu à défendre Ergin Ataman, malgré les critiques adressées à l’entraîneur au cours de la saison. Giannakopoulos assume avoir maintenu son soutien au technicien turc, notamment en raison du titre en EuroLeague remporté en 2024.

« Tout le monde me demandait : « Pourquoi soutiens-tu autant Ergin cette saison ? » D’abord parce que c’est un professionnel extraordinaire. Il m’a apporté le titre européen. Et je pense que s’il avait bénéficié du soutien total de tout le monde, les résultats auraient peut-être été différents. Je l’aime énormément. Nous avons les mêmes convictions, le même caractère. »

L’évolution du basket européen

Le basket européen a considérablement évolué depuis la prise de fonction de Dimitris Giannakopoulos en 2012. Avec l’arrivée de nouveaux investisseurs et des valorisations en hausse, le propriétaire estime ainsi que le Panathinaikos, qui se chiffrait encore en dizaines de millions d’euros il y a quelques années, vaut désormais « peut-être un demi-milliard ».

Cette évolution nourrit également sa réflexion autour de NBA Europe. Giannakopoulos voit d’un bon œil les perspectives économiques offertes par le projet porté par la NBA, mais redoute qu’il conduise à une division des principaux clubs du continent entre plusieurs compétitions.

« Je ne voudrais certainement pas voir les grandes puissances du basket européen séparées dans différentes ligues. […] D’un point de vue économique, NBA Europe fera passer le basket européen au niveau supérieur. »

Le dirigeant du Panathinaikos en profite pour égratigner l’ancienne direction de l’EuroLeague et son ex-patron Jordi Bertomeu, auquel il reproche de ne pas avoir suffisamment développé la compétition : « C’était comme Jules César, assis là, essayant de voir jusqu’où il pouvait être le patron de ce sport. Cela a fait prendre beaucoup de retard au basket. » À l’inverse, Giannakopoulos juge les premières décisions du nouveau PDG de l’EuroLeague, Chus Bueno, « dans la bonne direction », tout en estimant qu’il est encore trop tôt pour dresser un bilan de son action.

Une volonté différente de celle de son père

L’évolution économique du Panathinaikos intervient directement dans la réflexion de Dimitris Giannakopoulos sur son propre avenir. S’il reste attaché à un club suivi, selon son estimation, par trois à quatre millions de personnes, le dirigeant de 52 ans ne cache plus qu’un départ fait partie des possibilités.

« Une partie de cela me retient ici. Une autre me fait peut-être changer d’avis concernant mon implication future. Disons que j’ai un pied et demi dedans et un demi-pied dehors. Nous verrons. »

Une éventuelle succession familiale ne semble pas non plus acquise. Contrairement à la situation qu’il avait lui-même vécue en 2012, Giannakopoulos ne souhaite pas imposer la gestion du Panathinaikos à ses enfants : « Je ne vais certainement pas transmettre à mes enfants cette obligation et les placer dans la situation dans laquelle j’étais en 2012. »

Après près de quarante années de présence de la famille Giannakopoulos au Panathinaikos, un départ constituerait donc une décision majeure et, selon lui, définitive. Interrogé par Euro Insiders sur l’endroit où il s’imagine dans cinq ans, le propriétaire se voit déjà à Sounion, loin de la gestion quotidienne du club.

« Je vais mettre une télévision là et regarder les matchs en tant que supporter. Je vais crier : « Vous devriez prendre un autre pivot, un autre meneur, un autre ailier ! » »

Une manière très concrète d’imaginer l’après-Panathinaikos pour celui qui assure n’avoir jamais promis de rester éternellement aux commandes.

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