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Julien Guérineau raconte 100 ans d’Équipe de France dans un ouvrage de 400 pages

L’Équipe de France masculine fête ses 100 ans en 2026. Pour retracer un siècle d’histoire des Bleus, Julien Guérineau, responsable contenus au service communication de la FFBB, a consacré douze années de recherches à un ouvrage de 400 pages, désormais disponible sur le store fédéral.
Julien Guérineau raconte 100 ans d’Équipe de France dans un ouvrage de 400 pages

100 ans d’équipe de France racontés en 400 pages

Crédit photo : FFBB
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Douze années de recherches pour raconter cent ans d’histoire. Julien Guérineau s’est lancé dans un travail considérable autour de l’Équipe de France masculine, dont il a souhaité retracer l’existence année après année depuis 1926. Le résultat prend la forme de L’Équipe de France de Basket – 100 ans d’histoire(s), 1926-2026, un livre de 400 pages financé par la FFBB et commercialisé exclusivement sur le store fédéral.

L’ouvrage ne se limite pas aux résultats, aux grandes compétitions et aux médailles. Julien Guérineau a passé une partie de ses week-ends et de ses congés à la Bibliothèque nationale de France, notamment à consulter les journaux sur microfilms, afin de retrouver les petites histoires qui ont accompagné la sélection. Le livre comprend également 30 portraits de joueurs marquants et 14 portraits d’entraîneurs des Bleus. Jacques Monclar et Boris Diaw en ont signé les éditos.

Douze ans d’archives pour raconter chaque année des Bleus

Le projet est né d’une démarche personnelle de Julien Guérineau, qui souhaitait raconter l’histoire de l’Équipe de France dans sa continuité plutôt que de se limiter à ses périodes les plus glorieuses. Chaque année depuis 1926 possède ainsi sa place dans l’ouvrage, avec les rencontres, les compétitions et les événements qui ont façonné la sélection.

Les pages consacrées à 1934 illustrent cette volonté. Cette année-là, la FFBB, qui vient d’adhérer à la FIBA, installe notamment les Bleus à Roland-Garros pour recevoir la Belgique. Quelques semaines plus tard, Robert Busnel effectue ses débuts internationaux et inscrit 30 points contre le Portugal. Le même match voit Étienne Onimus en marquer 33, un total présenté dans l’ouvrage comme le huitième plus élevé de l’histoire de l’Équipe de France.

Cette chronologie permet ainsi de faire ressurgir des joueurs et des épisodes aujourd’hui largement méconnus, tout en suivant l’évolution de la sélection jusqu’aux générations contemporaines.

L’Équipe de France racontée aussi par ses histoires oubliées

Le titre du livre, 100 ans d’histoire(s), prend tout son sens dans les nombreux encadrés qui accompagnent le récit principal. L’un d’eux est consacré à Philippe Baillet, international à 18 ans à la fin des années 1950. Athlète et également joueur de rugby, l’intérieur avait renoncé au Mondial 1963 pour une raison très particulière : son élevage de cailles.

« Je dois surveiller très sérieusement mes oiseaux. Chaque semaine j’ai une couvée de 2 500 œufs et je ne peux actuellement confier à personne le soin de s’en occuper », expliquait alors Philippe Baillet à L’Équipe. Il abandonnera finalement cette activité un an plus tard avant de poursuivre parallèlement son parcours dans le rugby.

Autre expérimentation étonnante : en 1969, Éric Degonse (2,08 m) et Jean-Marie Hamel (2,18 m) sont appelés chez les Bleus alors qu’ils ne jouent toujours pas en club. Ils sont issus d’une opération lancée après un appel télévisé de Robert Busnel pour trouver de grands gabarits. Degonse débute même dans le cinq contre la Suisse et inscrit deux points, tandis qu’Hamel joue les deux dernières minutes.

De Jean-Paul Beugnot à Boris Diaw, 30 joueurs racontés

Les 30 portraits permettent également de traverser les différentes générations. Jean-Paul Beugnot, par exemple, est présenté sur une page retraçant ses 98 sélections entre 1951 et 1961. Le pivot de 2,07 m avait arrêté sa carrière internationale avant ses 30 ans pour privilégier sa carrière professionnelle d’ingénieur, à une époque où le basket ne lui permettait pas de vivre.

Plusieurs décennies plus tard, Boris Diaw a poussé l’histoire jusqu’à 247 sélections entre 2002 et 2018. Un chiffre qui n’a rien d’anodin : il correspond exactement au nombre de sélections de sa mère, Élisabeth Riffiod. Le capitaine des Bleus, cinq fois médaillé avec l’équipe nationale et champion d’Europe en 2013, est ensuite devenu General Manager de la sélection.

L’ouvrage s’attarde aussi sur des trajectoires plus contrariées, à l’image d’Appolo Faye et de ses multiples départs de l’Équipe de France au début des années 1980. Ou encore sur Rudy Bourgarel, international en 1988 et père de Rudy Gobert, dont le potentiel NBA était déjà évoqué avant une Draft qui ne lui ouvrit finalement pas les portes de la ligue nord-américaine.

Joakim Noah, Boris Diaw et les coulisses des Bleus modernes

Les années Parker ne sont pas uniquement racontées à travers leurs cinq médailles internationales. Julien Guérineau a également recueilli de nombreuses histoires de l’intérieur du groupe.

Patrick Beesley raconte ainsi sa longue tentative pour convaincre Joakim Noah de rejoindre durablement les Bleus. En 2014, incapable d’obtenir un rendez-vous avec lui pendant le All-Star Weekend de La Nouvelle-Orléans, le General Manager de la sélection apprend que Noah participe à une séance de dédicaces. Il se place alors dans la file avec les supporters. Lorsque vient son tour et que Noah lui demande à quel nom signer son poster, Beesley lui répond : « Tu mets Patrick Beesley. » Les deux hommes finiront par discuter à l’hôtel du joueur, sans que Noah ne revienne finalement en sélection après son EuroBasket 2011.

Boris Diaw possède lui aussi son histoire parallèle. Aux Jeux Olympiques de Londres en 2012, le capitaine filme les coulisses de la sélection malgré les restrictions liées aux droits olympiques. Des heures d’images sont assemblées dans un documentaire de 83 minutes destiné à un usage privé et remis aux joueurs de l’équipe.

Trois ans plus tard, avant un match contre la Serbie à Belgrade, c’est le docteur Serge Petuya qui se retrouve au premier plan. Après trois tentatives infructueuses pour diffuser La Marseillaise dans la salle, il commence à chanter l’hymne avant de récupérer un micro. Sa prestation a cappella avec le staff lui vaut une standing ovation des 20 000 spectateurs présents.

Des débuts de Robert Busnel aux générations Parker et Diaw, ces histoires constituent le fil conducteur d’un ouvrage pensé comme une somme sur le premier siècle de l’Équipe de France. Après douze ans de travail, Julien Guérineau voit désormais son projet édité par la FFBB et proposé à la vente sur le store de la Fédération.

Image Gabriel Pantel-Jouve
Gabriel Pantel-Jouve est le fondateur et rédacteur en chef de BeBasket, qu’il anime depuis 2010 (sous le nom de Catch & Shoot). Passé par l’Ecole Publique de Journaliste de Tours, puis deux universités en Amérique du Nord, il a pu développer son expertise sur le basket français, de la Ligue Nationale aux divisions amateurs, durant ces 20 dernières années. En parallèle, il est aussi engagé dans le développement de clubs du côté de Montpellier.

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