
L’année 2025 restera marquée par les échecs répétés des équipes de France lors de l’été
Ce mercredi 31 décembre, l’heure est au grand récapitulatif. L’année 2025 du basket français a été faite de sommets et de précipices, de records jamais vus et de signaux d’alarme inquiétants. Jamais la présence tricolore à l’international n’a été aussi forte, jamais les structures nationales n’ont semblé aussi fragiles.
Le contraste avec l’été 2024 est saisissant. Un an après un cru olympique exceptionnel à Paris, le basket français a vécu un été 2025 sans le moindre titre international. Sur 14 compétitions disputées en 5×5 et en 3×3, seules trois médailles ont été ramenées, toutes en argent ou en bronze.
L’élimination précoce de l’équipe de France masculine en huitièmes de finale de l’EuroBasket face à la Géorgie, le 7 septembre, a symbolisé cet été manqué. Les Bleus terminent l’année avec un bilan brut de 70% de victoires en 5×5, mais sans aucune récompense majeure, un fait rare pour une nation devenue référence continentale.
Les forfaits en cascade, la transition post-olympique et l’absence de qualification automatique pour les Jeux de Los Angeles 2028 placent désormais le basket français sous pression, dès les prochaines échéances internationales.
Le 24 juin 2025 restera comme une date fondatrice. En battant Monaco lors du match 5 de la finale de Betclic ELITE, le Paris Basketball a décroché le premier titre de champion de France de son histoire.
Dans une Adidas Arena en fusion, le duo T.J. Shorts – Nadir Hifi a incarné la montée en puissance d’un club né en 2018 et déjà vainqueur de la Leaders Cup, de l’EuroCup et de la Coupe de France. Ce titre a définitivement installé Paris comme une place forte du basket européen, tant sportivement que structurellement.
Autre moment historique : la qualification de l’AS Monaco Basket en finale de l’EuroLeague. Une première pour un club du championnat de France depuis le Limoges CSP en 1993.
À Abou Dabi, la Roca Team a maîtrisé l’Olympiakos en demi-finale, effaçant le traumatisme de Kaunas deux ans plus tôt. Porté par Mike James, Alpha Diallo et un collectif solide, Monaco a replacé la Betclic ELITE sur la carte du très haut niveau continental.
L’année 2025 a aussi marqué un tournant structurel. Près de 70 joueurs français évoluent en NCAA cette saison, un chiffre inédit. La mise en place du Name, Image and Likeness (NIL) a bouleversé l’équilibre économique, offrant aux jeunes – garçons comme filles – des montants inatteignables pour les clubs français.
Fin 2025, les départs en cours de saison, comme celui d’Alicia Tournebize, de Bourges à South Carolina, a symbolisé cette nouvelle donne. Désormais, la NCAA n’est plus une exception mais une trajectoire centrale du développement des talents français.
Confirmation majeure de 2025 : l’arrivée de la NBA en Europe est désormais actée pour la saison 2027-2028. La future ligue comptera au moins deux clubs français, à Paris et à Lyon.
Ce projet rebat profondément les cartes. L’EuroLeague pourrait perdre plusieurs clubs majeurs dès 2026-2027, ouvrant une période d’instabilité inédite pour le basket européen et français.
Sur le plan individuel, 2025 restera une année historique. Six joueurs français ont été sélectionnés lors de la Draft NBA, un record. De Noa Essengue à Mohamed Diawara, en passant par Joan Beringer, Nolan Traoré, Noah Penda et Maxime Raynaud, la diversité des profils confirme la potentialité du vivier tricolore.
Avec 19 Français sous contrat NBA cette saison, la France s’affirme plus que jamais comme le troisième pourvoyeur de joueurs de la ligue derrière les États-Unis et le Canada.
Dix joueuses françaises ont évolué en WNBA en 2025, dans une ligue en pleine expansion. Ce développement a toutefois un impact direct sur le calendrier européen – et notamment la fin de la saison de la Boulangère Wonderligue – et les compétitions internationales, plusieurs internationales ayant manqué l’EuroBasket pour honorer leurs engagements américains.
Autre chiffre marquant : 38 joueurs français engagés en EuroLeague sur la saison 2025-2026, un record historique, et 19 en NBA, un autre record (voir plus haut). Jamais le basket français n’avait été aussi visible au sommet du basket de clubs mondial, avec une présence massive dans ces deux compétitions majeures.
Sur le plan national, Le Mans Sarthe Basket a écrit l’une des plus belles pages de la saison. Avec un effectif réduit, le MSB a remporté la Leaders Cup 2025 à Caen, devenant le club le plus titré de l’histoire de la compétition, en battant Cholet, Saint-Quentin et surtout Monaco – futur finaliste de l’EuroLeague – sur le week-end en Normandie.
À l’inverse, la chute du Tarbes Gespe Bigorre a incarné les fragilités économiques du basket féminin français. Vice-champion de France au printemps, le club s’est retrouvé en quelques mois au bord de la liquidation judiciaire.
Entre relégations administratives, tensions politiques et désengagement des partenaires, le cas tarbais illustre les difficultés structurelles de La Boulangère Wonderligue, prise en étau entre crise économique nationale, concurrence de la WNBA et attractivité croissante de la NCAA. Sans oublier les nombreux départs de joueuses tricolores vers une Liga Endesa en net regain d’attractivité.
En 2025, le basket français a confirmé sa puissance sportive à l’international, tout en révélant ses failles structurelles. Plus que jamais, l’année écoulée pose une question centrale : comment transformer cette richesse de talents en un modèle durable, capable de résister aux bouleversements économiques et géopolitiques du basket mondial ?

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