"Tout le monde est d'accord et personne n'est d'accord" : pourquoi le scrutin 2026 du Trophée Alain-Gilles a été le plus serré de l'histoire

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À partir de 5€Essai gratuitDimanche 13 septembre, dans le quartier de Kreuzberg, à Berlin. Ou plutôt lundi 14 septembre, au beau milieu de la nuit.
Dans l'une des rares terrasses encore ouvertes, la cohorte de journalistes français présents à la Coupe du monde féminine refait la finale, malheureusement perdue par l'équipe de France face aux États-Unis.
Puis la conversation dérive vers le Trophée Alain-Gilles, récompensant le meilleur basketteur français ou la meilleure basketteuse française de l'année, pour lequel la clôture des votes est programmée le mardi. Dans le lot, plusieurs membres du jury, et un consensus : si les Bleues avaient été championnes du monde, il n'y aurait eu aucune discussion pour élire Gabby Williams. Mais il y a débat, autour d'un podium qui se détache assez nettement.
Trois noms, jamais dans le même ordre
Pour l'un, c'est quand même Gabby Williams, qui a mené sa sélection vers des hauteurs encore jamais atteintes (finaliste mondiale), tout en étoffant largement son palmarès en 2026 : championne d'Europe avec le Fenerbahçe Istanbul, doublé Coupe - Championnat en Turquie, titulaire au All-Star Game WNBA, meilleure défenseuse de l'EuroLeague et de la Coupe du monde...
Pour l'autre, cela doit être Victor Wembanyama, All-Star NBA et premier défenseur de l'année sacré à l'unanimité. À 22 ans, l'autre capitaine des Bleus a réussi l'exploit de hisser ses Spurs vers les Finals pour sa première participation aux playoffs, en plus de la finale de la NBA Cup, mais l'absence de trophée collectif en rebute certains suite aux deux revers face aux Knicks.
D'où l'émergence d'un troisième nom, encore jamais sacré du haut de ses 33 ans : Evan Fournier, qui a enfin connu l'apothéose collective en étant champion d'Europe avec l'Olympiakos, MVP du Final Four en prime, sans oublier tous les trophées annexes (champion de Grèce, MVP de la finale, SuperCoupe de Grèce).
Bref, tout le monde avait le même podium, mais jamais dans le même ordre. "Tout le monde est d'accord et personne n'est d'accord", nous écrira d'ailleurs la FFBB le lendemain, au moment de la réception du vote de BeBasket.
Douze voix partout
Cela s'est traduit par l'élection la plus serrée de l'histoire : 28 votants, douze premières places pour Gabby Williams, douze également pour Victor Wembanyama, mais la joueuse des Valkyries sacrée aux points, ayant récupéré plus de deuxièmes places que Wemby. Derrière, avec trois votants, Evan Fournier complète le podium, sans surprise, tandis que Leïla Lacan, après sa razzia de Basket Landes et sa médaille avec les Bleues, est la seule hors du trio à avoir convaincu un juré de la classer en tête.
Les résultats du Trophée Alain-Gilles
Gabby Williams : 203 points (12 premières places)
Victor Wembanyama : 194 points (12 premières places)
Evan Fournier : 148 points (3 premières places)
Leïla Lacan : 29 points (1 première place)
Sylvain Francisco : 15 points
Dominique Malonga : 12 points
Élie Okobo : 10 points
Matthew Strazel : 5 points
Chaque membre du jury était invité à présenter son tiercé de tête afin de distribuer les 10 points (1ère place), 7 points (2e place) et 5 points (3e place). Les performances des joueurs et des joueuses lors de la saison de club 2025/26 et lors des compétitions internationales 2026 ont été prises en compte pour déterminer l’identité du lauréat.
Gabby Williams est la première double lauréate du Trophée Alain-Gilles, depuis Nando De Colo, vainqueur des deux premières éditions en 2015 et 2016.
"Je suis contente que ce soit une femme", a-t-elle réagi auprès de la FFBB. "L’année dernière c’était super de voir Valériane Ayayi choisie. Cette saison c’est incroyable, surtout avec ce que Evan et Victor ont réalisé. Le fait que les gens aient pensé à une femme me touche énormément."
"Pas une seconde je n'ai pensé au Trophée Alain-Gilles"
Cela devient toutefois une habitude puisque c'est la quatrième fois en cinq ans qu'une femme est élue après Laëtitia Guapo en 2022, Gabby Williams, déjà, en 2024 et Valériane Ayayi en 2025.
"(Les trophées individuels) sont importants dans une carrière mais je n’y pensais même pas tellement j’étais focus sur la Coupe du Monde", poursuit la gagnante. "Pas une seconde je n’ai pensé au Trophée Alain Gilles. Beaucoup de joueurs auraient pu l’obtenir et je suis contente de voir le basket grandir en France."
Comme en 2024, où elle était entrée avec fracas dans le cœur du grand public français, celui qui ne regarde le basket que lors des grands évènements, l'ancienne joueuse de Lattes-Montpellier et de l'ASVEL a pleinement profité de l'exposition offerte par l'équipe de France pour construire sa victoire.
"Je veux gagner une médaille d'or !"
Vice-championne olympique à l'époque, héroïne malheureuse de la finale avec cette terrible image du shoot réussi au buzzer en mordant la ligne à 3-points, elle a disputé le meilleur basket de sa carrière lors de la Coupe du monde, tout en ayant tout gagné en club (et même la WNBA en octobre ?!), ce qui constitue une différence majeure avec Victor Wembanyama et Evan Fournier qui n'ont pris part qu'à la fenêtre du mois d'août avec les Bleus.
"À chaque fois que je mets le maillot (de l'équipe de France), c’est là où je suis le plus motivée", confirme-t-elle auprès de la FFBB. "Je suis heureuse que les gens ressentent ça également. Depuis les Jeux Olympiques je me suis rendue compte à quel point ça change la vie. A quel point le sport peut motiver les gens. Je me souviens, quand j’étais jeune et que je regardais ce genre de moments, à quel point ça te marque. Penser qu’à mon tour j’ai offert des moments à des jeunes, ça me touche. J’essaye d’apprécier autant que je peux. La Gabby qui avait 12 ans et qui regardait les Jeux Olympiques de Londres... En finale j’étais pour la France. Et maintenant quand je repense à cette jeune fille qui était inspirée par ce qu’elle voyait, j’espère que je fais la même chose pour d’autres jeunes filles. Je pense à la petite Gabby et je crois qu’elle serait contente et fière d’où je suis aujourd’hui. J’y pense souvent."
Heureusement, "la petite Gabby" a encore des rêves à réaliser. Remporter sa première bague WNBA, en premier lieu, ce qui constituerait déjà un bon argument pour le Trophée Alain-Gilles 2027 d'ailleurs. Resterait alors le plus grand, enfin monter sur la plus haute marche du podium avec les Bleues.
"Je veux tout gagner et surtout je veux redonner à la France tout ce qu’elle m’a donné. Pendant la Marseillaise, à la Coupe du Monde, j’étais sous le coup de l’émotion encore plus que d’habitude. Je crois qu’on a vu que j’ai versé quelques larmes. Je pensais à tout ce que la France m’a donné. Même si je suis née aux États-Unis, je dois beaucoup à ce pays. Et je veux ramener la coupe à la maison. Je veux gagner une médaille d’or."

Le palmarès du Trophée Alain-Gilles :
2026 : Gabby Williams
2025 : Valériane Ayayi
2024 : Gabby Williams
2023 : Victor Wembanyama
2022 : Laëtitia Guapo
2021 : Nicolas Batum
2020 : non remis
2019 : Rudy Gobert
2018 : Fabien Causeur
2017 : Céline Dumerc
2016 : Nando De Colo
2015 : Nando De Colo
Le jury 2026
Philippe Ausseur (LNB), Nicolas Baillou (freelance), Stephen Brun (RMC), Yann Casseville (Maxi Basket), Pierre-Olivier Croizat (DTN), Isabelle Fijalkowski (Club des Internationaux), Flavien Portat (Goatoguy), Julien Guérineau (Basketball Magazine), Jean-Pierre Hunckler (FFBB), Nicolas Kienast (AFP), Emmanuel Laurin (Basket USA), Alexandre Lacoste (BeBasket), Pascal Legendre (BasketEurope), Eric Michel (Le Parisien), David Malarme (France TV), Shayan Mazaheri (Overtime), Fred Mazeas (freelance), Sarah Michel (personnalité), Xavier Monferran (Radio France), Lukas Nicot (Sport en France), Christophe Remise (Le Figaro), Rémi Reverchon (BeIN Sports), Sami Sadik (L’Équipe), Yannick Souvre (LFB), Liliane Trévisan (Basket Europe), Arnaud Valadon (RMC), Chloé Westelynck (DAZN), le public.


































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