Recherche
Recherche
  • À la une
  • Mon actu
  • Matchs
  • Frenchies
  • Pro Basketball Manager
  • Mes joueurs
  • Scouting
  • Records
  • Équipe de France
  • Interviews
  • CONTACTEZ-NOUS

« Il n’est pas venu pour l’argent, ni pour le foie gras » : comment Boulazac a réussi à signer l’ancien pitbull NBA Patrick Beverley

Ancien top défenseur de NBA, souvent au cœur des embrouilles en playoffs, Patrick Beverley a choisi de poursuivre sa carrière au Boulazac Basket Dordogne pour la saison 2026/27. L'entraîneur périgourdin Alexandre Ménard nous dévoile comment cette signature a pu se concrétiser.
« Il n’est pas venu pour l’argent, ni pour le foie gras » : comment Boulazac a réussi à signer l’ancien pitbull NBA Patrick Beverley

Patrick Beverley, l’une des futures têtes d’affiche de la Betclic ÉLITE avec le BBD

Crédit photo : © Trevor Ruszkowski-Imagn Images
MARRE DES PUBS ?

Abonnez-vous pour profiter dès maintenant d'une lecture fluide, rapide et sans aucune pub.

À partir de 5€Essai gratuit

Depuis la semaine dernière, Alexandre Ménard est un papa encore plus populaire qu’à l’accoutumée. « Mes enfants me disent : « mais non, ce n’est pas possible, c’est un truc de dingue ! » Son téléphone ne cesse pas de sonner non plus. « Tous mes copains m’en parlent ! On sent qu’il se passe quelque chose. » Normal : Patrick Beverley, une vraie figure de la NBA, 737 apparitions dans la grande ligue, qui débarque au Boulazac Basket Dordogne, qui aurait pu le voir venir ?

À vrai dire, pas même Alexandre Ménard, puisque sa première réaction, lorsqu’un agent lui souffla le nom de Patrick Beverley (38 ans), fut de balayer l’éventualité. « Je me suis dit que c’était même pas la peine et j’avais directement zappé sur une autre piste. » Le technicien périgourdin était d’autant plus échaudé qu’il avait déjà essuyé de nombreux refus pour le poste de la part de meneurs ne souhaitant ni baisser leurs prétentions salariales, ni rejoindre un club privé de Coupe d’Europe. Alors, pourquoi une star mondiale comme PatBev, initialement introduite sur le marché français à des tarifs très élevés (200 000 euros, lorsqu’aucun boulazacois n’était à plus de 100 000 euros la saison dernière), accepterait ?!

Les bons tuyaux de Nicolas Batum

« Ce n’est évidemment pas pour l’argent qu’il vient à Boulazac », glisse Alexandre Ménard, avant de poursuivre dans un sourire. « Ni pour le foie gras… Je ne sais même pas s’il sait ce que c’est d’ailleurs ! » Mais n’empêche, l’idée a beau lui paraître saugrenue sur le papier, elle ne le lâche pas. « Patrick Beverley, est-ce que ce n’est pas trop gros pour Boulazac ? Quand j’en parlais autour de moi, on me disait : « quand même, Patrick Beverley, tu devrais regarder ! » Puis en visionnant certains de ses derniers matchs, sa carrière plus qu’étendue et à succès, on s’est dit que ça méritait de creuser. Et plus on creusait, plus ça devenait intéressant ! »

De fait, les renseignements pris sont positifs. Le staff du BBD questionne les techniciens qui l’ont côtoyé ces deux dernières années à Tel-Aviv et Thessalonique, y compris Jurij Zdovc. « Chaque fois, le même retour : quelqu’un de compétiteur, d’exigeant, qui s’entraîne dur… Tout convergeait vers la même personnalité : un mâle alpha, évidemment, mais un meneur à l’ancienne qui veut impacter le jeu sans avoir la balle en main. » Coéquipier de Beverley le temps de deux saisons aux Clippers et aux Sixers, Nicolas Batum est également sollicité. « Il nous a dit que c’était un super compétiteur, un gars qui adorait gagner, jouer, qui n’était pas cuit du tout. »

Ex-coéquipier de Pat Beverley, Nicolas Batum a participé à convaincre le BBD de tenter le coup (photo : Bill Streicher-Imagn Images)

De quoi convaincre le duo Alexandre Ménard – Endy Miyem de proposer un premier entretien à l’ancien aboyeur des Rockets, « pour tester la compatibilité ». Et là, première bonne surprise : malgré les neuf heures de décalage horaire entre la Dordogne et la Californie, Patrick Beverley est ponctuel, et se montre intéressé. « On a eu des conversations très directes, axées sur le coaching. Ses préoccupations principales étaient de savoir avec qui il allait jouer, quelles étaient les règles défensives, la philosophie offensive. Nous avons eu des messages de sincérité sur l’utilisation qu’on aura de lui. Enfin, je lui ai bien dit qu’on n’avait pas de Coupe d’Europe, qu’on n’allait pas en inventer une, et que les semaines seraient forcément un peu plus longues. » 

L’atout Tony Snell

Tout le volet hors-basket est aussi balayé, et même bien plus qu’avec une autre recrue lambda. Logique : quand on a connu le confort et l’ultra-professionnalisme de la NBA pendant onze ans, on veut être sûr qu’on ne met pas les pieds dans un bourbier… « Endy lui a présenté l’environnement : une ville proche de la mer, de Bordeaux, où il fait bon vivre. On lui a montré le Palio et ses 96% de taux de remplissage. Et le reste, cela tournait surtout autour de la maison, des conditions de voyage. Eu égard à ce qu’il a pu connaître, il voulait être sûr qu’on allait lui offrir les meilleures conditions de travail possibles. Boulazac, ce n’est pas la NBA, ni l’EuroLeague : on fait avec nos moyens et il fallait qu’il vienne en connaissance de cause, ce qu’il a accepté. » 

De son côté, Patrick Beverley a certainement été rassuré par une conversation avec l’un de ses alter-ego : Tony Snell, un autre vétéran NBA, dont la signature à Boulazac l’an dernier avait déjà surpris le basket français. « Je crois savoir qu’ils se sont parlés et Tony a dit des choses positives sur nous. Il nous a fait une bonne publicité auprès de tous les joueurs qu’on a sollicité car cela s’est très bien passé avec lui. » 

Lors de sa grande époque, PatBev était l’un des meilleurs défenseurs de NBA (photo : Troy Taormina)

Assez, donc, pour déboucher sur un deuxième entretien, cette fois « pour vraiment bien dresser les contours de la collaboration », notamment en termes de management. « On ne manage pas un joueur comme Patrick Beverley comme on manage un gamin sortant de NCAA ! » Cette fois, les deux parties peaufinent les derniers détails, veulent être « sûrs de bien s’entendre sur le pourquoi du comment. » Ainsi, le BBD lui expose une collaboration win-win. « C’était le cœur de notre discussion. Il recherchait un club où il pourrait être lui-même et avoir un impact sur l’équipe. Il voulait un challenge. Et nous, on récupère un compétiteur, qui nous aidera à gagner quelques matchs pour le maintien. Il va nous amener sa culture de la gagne, son habitude du professionnalisme, son aura et son expérience afin de la diffuser à toutes les composantes du club. » 

De la NBA All-Defensive Team au BBD 

Et ensuite ? « Deux – trois jours de négociation sur un contrat aux petits oignons, avec beaucoup de détails, et un effort financier de notre côté, mais en restant dans notre budget. » Et un accord, pour une signature officialisée dans la nuit du 13 au 14 août par le joueur dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux. « J’ai une annonce : ma 19e saison arrive et j’ai décidé de jouer en France cette année avec l’équipe de Boulazac. Ouais ! C’est parti et c’est que de l’amour ! » 

« Que de l’amour », vraiment ?! Non, le BBD sait pertinemment que l’histoire ne sera pas un long fleuve tranquille. « On nous a dit qu’on allait parfois l’adorer mais qu’il y allait aussi forcément avoir des frictions. » À l’image de la carrière du joueur, finalement, aussi apprécié par ses coéquipiers que détesté par certains adversaires, lui qui était l’aboyeur en chef de certains outsiders NBA, n’hésitant pas à jouer sur la limite psychologique vis-à-vis de ses rivaux, avec une défense ultra-agressive qui lui a valu ses lettres de noblesse (élu dans le meilleur cinq défensif en 2017).

Sauf que l’histoire avec la grande ligue s’est mal terminée, PatBev quittant la scène en 2024 sur une suspension de quatre matchs suite à l’élimination des Bucks au premier tour des playoffs, après avoir balancé un ballon sur des supporters dans les tribunes puis exclu une journaliste d’une interview puisqu’elle n’était… pas abonnée à son podcast ! Depuis, celui qui avait été MVP de l’EuroCup aux prémices de sa carrière (en 2012) a renoué avec l’Europe, du côté de l’Hapoël Tel-Aviv et du PAOK Salonique.

Encore performant en Grèce ces derniers mois (9,8 points à 41%, 4,8 rebonds et 4,5 passes décisives) avec le PAOK qu’il a contribué à mener jusqu’en finale de FIBA Europe Cup, il a redoré son blason après une fin d’histoire douteuse en Israël, où il avait été suspendu indéfiniment avant d’être libéré au printemps.

Ses stats depuis son retour en Europe 

Patrick Beverley (Hapoel Tel Aviv) - Patrick Beverley (PAOK)

Comparaison statistique entre deux joueurs
Patrick BeverleyPatrick Beverley
MJ1420
PTS10,79,8
REB4,24,8
PD4,64,5
IN1,41,3
CO0,40,7

« Je ne dirais pas qu’il y a de l’appréhension à manager un tel joueur, mais il faut s’y préparer », admet Ménard, qui disposera de « la mène la plus expérimentée de Betclic ÉLITE » avec Patrick Beverley et Antoine Eïto, 76 ans à eux deux. « Moi, le caractère, je trouve que c’est intéressant ! On ne performe pas qu’avec des gentils garçons. Il faut un peu de relief, des étincelles, et là, on en aura ! Surtout, les meneurs sont le prolongement du coach sur le terrain : on aura besoin de connivences entre nous et il y aura forcément des discussions par rapport aux orientations stratégiques. »

« L’année prochaine, ce sera Wembanyama ! » 

Présent sur le fil WhatsApp de l’équipe, l’ancien joueur de Minnesota se montrerait d’ailleurs déjà très impliqué, discutant quotidiennement avec son futur entraîneur, pour commenter les orientations offensives et défensives qui lui parviennent par message. Et en attendant, s’il n’est que virtuel, le début de l’histoire semble assez idyllique : PatBev s’est mis en tête d’organiser des repas d’équipe avec ses futurs partenaires, a demandé qu’on lui envoie un ballon du club et une tenue siglée BBD pour ses entraînements en Californie et a déjà prévenu le préparateur physique Rodrigo Fernandez Viñes qu’il serait présent 2h avant chaque entraînement pour effectuer ses routines et ses massages. « On saute dans une classe supérieure en termes de professionnalisme, ça ne peut que faire avancer le club », apprécie Alexandre Ménard. « Trois fois dans une NBA All-Defensive Team, ça classe son homme. »

Patrick Beverley a disputé une finale de FIBA Europe Cup au printemps avec le PAOK Salonique (photo : FIBA)

Tony Snell en 2025. Puis Patrick Beverley en 2026. Le BBD deviendrait-il un refuge pour NBAers en quête d’un renouveau européen ? « Bah, l’année prochaine, ce sera Victor Wembanyama si on veut augmenter crescendo », s’amuse le technicien périgourdin. « J’en rigolais avec mon ancien joueur Hugo Robineau qui m’a envoyé un SMS pour me dire : « C’est déjà pas mal mais vous auriez pu taper LeBron James si vous aviez attendu encore un petit peu. » Je lui ai répondu qu’on cherchait surtout quelqu’un pour défendre sur lui. » Hugo Robineau et d’autres meneurs de Betclic ÉLITE à contenir : plus vraiment l’époque où il devait museler Stephen Curry ou Russell Westbrook en playoffs NBA, certes. Mais le championnat de France est prévenu, et les matchs de Boulazac vaudront le détour.

Le débat de la rédaction · À vous de trancher

Croyez-vous que l'union entre Patrick Beverley et le Boulazac Basket Dordogne sera une réussite ?

  • Oui
  • Non
Image Alexandre Lacoste
Alexandre Lacoste est arrivé sur BeBasket en 2011, lorsque le site se prénommait encore Catch & Shoot. Amateur de portraits et de reportages, généralement au plus près des équipes de France lors des compétitions internationales, il aime chercher des angles originaux et des sujets qui vont au-delà du simple résultat sportif.

Dites byebye à la publicité et encouragez le travail effectué sur la couverture quotidienne du basket Français !

À partir de 5€Essai gratuit