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Les Bleues face à l’Allemagne de… Julie Barennes : « Elle sait tout de la France, elle va nous donner toutes les astuces ! »

Meilleure entraîneuse de l'année en titre en Boulangère Wonderligue, sacrée championne d'Europe U20 en 2024 avec l'équipe de France, Julie Barennes va retrouver les Bleues ce samedi en demi-finale de la Coupe du monde dans le costume d'assistante de la sélection allemande. Une rencontre forcément spéciale pour la technicienne de Basket Landes.
Les Bleues face à l’Allemagne de… Julie Barennes : « Elle sait tout de la France, elle va nous donner toutes les astuces ! »

Julie Barennes vit sa première campagne internationale en tant qu’assistante d’Olaf Lange avec l’Allemagne

Crédit photo : Cécile Thomas
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« Je suis en stress constant ici », rigole Julie Barennes (40 ans) en nous rejoignant dans le salon de l’hôtel de la Coupe du monde à la veille de l’un des rendez-vous les plus improbables de sa carrière : une demi-finale mondiale entre l’Allemagne et la France, à Berlin, dans le camp de l’Allemagne.

Pas sur le plan basket, non, l’Agenaise répétant à chaque interview qu’elle n’a « aucune charge mentale en ce moment ». Plutôt sur le plan du timing horaire. De fait, il est 13h40 en ce vendredi après-midi et si l’on pensait avoir 20 minutes avec elle, ce sera finalement un peu moins, le staff allemand ayant programmé une réunion à 14h. Donc bien 20 minutes ? « Non, si l’on arrive avec moins de cinq minutes d’avance, c’est comme si l’on était en retard », sourit-elle. Alors il faudra qu’elle y soit pour 13h55. Minutage finalement respecté.

Non sans un bon mot, certainement, pour ses collègues. « Je me moque beaucoup des Allemands, évidemment.«  Ce qui n’entrave pas sa cote de popularité outre-Rhin. « C’est notre coach la plus drôle », s’anime sa joueuse, Lina Sontag« Elle fait tout le temps des blagues, elle détend l’atmosphère. En Allemagne, on est connu pour avoir le visage strict mais elle amène du fun. »

Au début, elle avait dit non

Au cours du petit quart d’heure passé en notre compagnie, la nouvelle assistante de la Mannschaft aura eu le temps de raconter sa nouvelle expérience nichée au cœur d’une année 2026 décidément hors du commun. Ces derniers mois, Julie Barennes est devenue l’heureuse maman d’un petit Timothée en mars, qui la suit à Berlin avec sa compagne, et connu énormément de joies sportives : le doublé Coupe de France – Championnat avec Basket Landes, deux trophées de meilleur coach (en championnat et en EuroLeague) et donc peut-être bientôt une médaille mondiale.

Julie Barennes veut accompagner l’Allemagne vers une médaille mondiale (photo : Cécile Thomas)

« Ça fait un moment que cette génération allemande attend de performer », souffle-t-elle, alors que l’Allemagne ne dispute que la deuxième Coupe du monde de son histoire, 28 ans après une édition qui s’était déjà tenue à domicile. « Qu’importe ce qui arrivera à la fin, on est dans le Top 4 mondial. Pour l’Allemagne, je pense que c’est vraiment incroyable. » 

Jusqu’ici, le lien entre Julie Barennes et le basket allemand était assez ténu. Quelques internationales (Luisa GeiselsöderAlexis Peterson) côtoyées à Basket Landes, mais guère plus. Ce qui n’a pas empêché le nouveau sélectionneur Olaf Lange de penser à elle l’année dernière au moment de rechercher un(e) n°2. « Ils étaient en recherche d’un coach européen, parce que lui n’est pas tout le temps là », retrace-t-elle. « De préférence, une femme aussi. L’avantage, c’est qu’on n’est pas nombreuses (elle rigole). Après, je ne l’imagine pas partir au hasard. Il a dû questionner les filles qui me connaissaient et il m’a demandé si ça m’intéressait. » 

Dans un premier temps, ce fut non. Compliqué de s’imaginer rater l’accouchement de sa femme en mars en parallèle du tournoi de qualification à Villeurbanne puis de partir un mois en plein été avec un nourrisson à gérer à la maison. « Mais ils m’ont dit que ce n’était pas un problème, que je pouvais rater mars et venir avec ma famille pendant le Mondial. » 

« Elle 

Alors ce fut oui, avec la casquette officielle de coordinatrice défensive, en charge du plan de jeu défensif et du scouting offensif. Du basket, rien que du basket, ce qui est son plus grand bonheur à Berlin. « J’ai énormément de travail, mais je n’ai à gérer aucun autre sujet logistique en étant assistante : normalement, je ne devrais pas avoir à répondre aux journalistes », taquine-t-elle.

Déjà vue sur la scène internationale avec la modeste sélection des Pays-Bas, 54e nation mondiale, Julie Barennes élargit cette fois son horizon aux côtés d’un coach, Olaf Lange, qui baigne dans l’univers WNBA depuis 2005. « C’est hyper intéressant de travailler avec des gens qui ont une culture basket différente et de voir d’autres choses », assure-t-elle. « En parallèle, jouer contre les meilleures du monde est hyper challengeant et stimulant. Ça me permet de sortir de ma zone de confort. »

D’autant plus qu’elle a dû assumer de vraies responsabilités au début, n°1 par intérim lors de la préparation, puisque Lange était retenu par ses obligations à Tempo. Un laps de temps suffisant pour se faire connaître et rapidement apprécier par ses nouvelles joueuses. « C’est une super coach, avec énormément d’expertise : on a tous beaucoup à apprendre d’elle », clame Lina Sontag.

Julie Barennes est la coordinatrice défensive de l’Allemagne (photo : FIBA)

« Je l’aime à mourir », s’exclame Luisa Geiselsöder, championne de France en 2025 à ses côtés à Basket Landes, ravie de constater qu’elle « avait gardé le même sens de l’humour » et la même mentalité. « Je ne la trouve pas tellement différente qu’en club : c’est jusqu’en étant assistante, elle est moins debout en match ! Elle dirige notre défense, qui est super forte (61 points de moyenne encaissés sur les quatre derniers matchs, ndlr) et nous donne toutes les infos. »

Ce qui sera encore le cas ce samedi puisque les regards se tournent naturellement vers elle au sein du staff allemand pour affronter la France. « Elle sait tout des Bleues, j’espère qu’elle va nous donner toutes les astuces », anticipait Lina Sontag dès jeudi soir. « Le scouting individuel est facile mais il faut quand même trouver comment défendre », tempère la technicienne landaise. « Même si je connais les joueuses, ça ne m’aide pas plus que ça. »

« On va jouer bourrines mais bon enfant » 

Dans les couloirs de l’hôtel berlinois, les blagues ont fusé ces dernières heures, notamment avec Céline Dumerc, sa manager à Basket Landes, aussi GM des Bleues. « C’est très particulier de jouer la France mais ça reste un match de basket. Il n’y a pas de souci : on jouera bon enfant, on se mettra des coups quand même, on va jouer bourrines, mais on est contentes de se retrouver. J’ai beaucoup d’affect pour la France et je suis hyper contente pour elles. Je les suis, on s’auto-encourage. Si la France gagne, tant mieux et si on gagne, tant mieux. » 

Dans le microcosme du basket tricolore, certains s’étonnent, pour ne pas dire qu’ils regrettent, de la voir dans le staff d’en face, elle qui est l’une des coachs françaises les plus réputées du circuit et qui s’était mise à disposition du giron fédéral en menant les U20 au titre en 2024, éliminant notamment l’Allemagne de… Frieda Buhner en demi-finale (64-55).

Julie Barennes, en juin 2024, lors du tournoi du GS Carriat à Bourg-en-Bresse avec les Bleuettes (photo : Cécile Thomas)

« C’était une très belle aventure mais ce départ était de mon fait », détaille-t-elle. « C’est génial de mettre des coachs pros avec les U20 mais il ne faudrait pas que ce soit toujours le même. De plus, avec mes projets familiaux, je ne me sentais pas de repartir sur deux mois en plein été, surtout que travailler avec les U20 demande beaucoup de travail en amont. Il faut regarder la NF1, la NF2 à côté. Et très honnêtement, je préfère le jeu des seniors : c’est plus challengeant de participer à une Coupe du monde, un EuroBasket et peut-être aux Jeux Olympiques ! » 

« La priorité sera toujours la France » 

Reste qu’une fenêtre d’opportunité semblait possible en 2024, après sa médaille d’or européenne. Le même été, Cathy Melain a quitté le staff de Jean-Aimé Toupane et ce départ n’a finalement jamais été comblé numériquement. « Ce n’est pas grave en soi », évacue l’ancienne internationale juniors (2001/07), quintuple médaillée chez les jeunes, dont deux titres européens. « L’équipe de France a de très bons résultats et un staff performant, déjà en place. Il n’y a pas de sujet à mes yeux : j’ai 40 ans, je suis jeune, je vais très bien dans ma vie et je suis contente de voir d’autres choses. Les choses se font quand elles doivent se faire et si elles ne se font pas, on les fait différemment. » 

En tant que joueuse et coach, Julie Barennes a déjà remporté trois titres et six médailles avec les équipes de France jeunes (photo : FIBA)

Donc avec l’Allemagne. Même si cela ne faisait pas partie du plan de carrière initial, qui prévoyait plutôt un accessit chez les Bleues à terme. « La priorité sera toujours la France », ne cache-t-elle pas. « Bien sûr que c’est un objectif à court ou moyen terme. Après, je ne vais pas mentir : j’aimerais plus être coach principale plutôt qu’assistante. Et si je l’avais intégrée récemment, cela aurait été plutôt comme assistante. Il n’y a qu’une seule personne qui occupe ce poste et si c’est quelqu’un d’autre demain, ce sera quelqu’un d’autre. Tant que la France continue à performer… » 

Même si, pour la première fois de sa vie, elle espèrera ce samedi un résultat défavorable pour les Bleues. « La France, logiquement, devrait gagner mais tu as toujours envie d’être le petit qui mange le gros. » Un peu comme à Basket Landes, en somme…

À Berlin,

Image Alexandre Lacoste
Alexandre Lacoste est arrivé sur BeBasket en 2011, lorsque le site se prénommait encore Catch & Shoot. Amateur de portraits et de reportages, généralement au plus près des équipes de France lors des compétitions internationales, il aime chercher des angles originaux et des sujets qui vont au-delà du simple résultat sportif.

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