"On est le Petit Poucet mais ça ne nous fait pas peur" : comment le BCTM a vécu ses grands débuts en Boulangère Wonderligue

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À partir de 5€Essai gratuitEn entendant l'hymne de La Boulangère Wonderligue avant le match, Tilise Boisseron (27 ans) a dû contenir ses émotions. "J'en ai eu des frissons", souriait-elle après coup.
Un sentiment particulièrement compréhensible pour la capitaine du Basket Club La Tronche-Meylan, qui fêtait ses grands débuts en première division en même temps que son club, 17 ans (!) après y avoir pris sa première licence.
Un club qui était encore en NF1 en 2018/19 !
Déjà dans les rangs du BCTM en 2018, lorsque l'équipe iséroise, en NF1 à l'époque, avait remporté le Trophée Coupe de France à Bercy (64-56 contre Aulnoye), Tilise Boisseron a même poussé le symbole jusqu'à inscrire le premier panier de l'histoire du club en LFB. Mais ce n'est certainement pas dans un tel cadre qu'elle s'imaginait le faire...

À 65 kilomètres de son antre habituel du Charlaix, à Meylan, en périphérie grenobloise, le BCTM a fêté ses débuts dans le grand monde dans la confidentialité de la Halle Marlioz, à Aix-les-Bains, évidemment bien peu remplie pour l'occasion : une seule tribune ouverte, et environ 300 spectateurs pour la réception de Chartres.
1,3 million de budget pour tenter de rivaliser
"On aurait aimé être chez nous", souffle la présidente Alexandra Longo, tout en saluant l'accueil du club "voisin" d'Aix-Maurienne, dont on a aperçu le co-capitaine Cheikh Sané très vocal en tribunes.
Une délocalisation qui va s'éterniser tout le mois d'octobre, avec trois matchs supplémentaires en Savoie, soit quatre réceptions sur onze à 50 minutes de route du Charlaix. Forcément un crève-cœur pour une première saison historique dans l'élite, quand on imagine la fête que cela aurait pu être en Isère ce dimanche.

"La montée est arrivée un chouïa trop tôt par rapport à ce qui était prévu donc cela a forcé les choses", avoue la dirigeante, qui a succédé au président historique, Jean-Claude Pic, décédé en novembre dernier, sans avoir vu le club qu'il avait hissé hors de la NF4 accéder au plus haut niveau.
Encore en troisième division en 2019, le BCTM a ainsi dû convaincre la FFBB d'accepter son dossier pour la première division en bétonnant son dossier administratif, avec une hausse sensible du budget (de 900 000 à 1,3 million d'euros) et un travail sur ses structures. Ainsi, du 5 au 30 octobre, le gymnase du Charlaix sera rénové, avec la pose d'un parquet, et une mise aux normes de la table de marque, de la salle anti-dopage et des infrastructures presse.
Pas si loin de Chartres
Et sur le parquet ? Avec ses deux pivots (Morgane Armant et Bella Murekatete) absentes, Elena Zemoura en civil après la Coupe du Monde U23 de 3x3, et cinq néo-professionnelles sur le parquet, La Tronche-Meylan ne partait clairement pas avec la faveur des pronostics face à Chartres, équipe engagée au tour préliminaire de l'EuroCup.
Mais après des débuts compliqués (jusqu'à -14 dans le deuxième quart-temps), le BCTM a longtemps fait trembler le CCMBF (60-62, 36e minute), grâce notamment à l'énorme double-double d'Ashunae Durant (19 point et 17 rebonds), vieille routière des divisions inférieures.
La Tronche Meylan 67 - 74 Chartres Féminin · La Boulangère Wonderligue 2026-2027 · 27/09/2026
Leaders
| La Tronche Meylan | Chartres Féminin | |
|---|---|---|
| PTS | Nathalie Desset 19 | Assitan Kone 23 |
| REB | Ashunae Durant 17 | Coralie Chabrier 8 |
| PD | Tilise Boisseron 5 | Yvanna Enjolvy 6 |
Statistiques d'équipe
| La Tronche Meylan | Chartres Féminin | |
|---|---|---|
| TIRS | 31,4 % | 38,6 % |
| 3PTS | 4/26 | 5/19 |
| LF | 19/27 | 25/30 |
| REB | 45 | 42 |
| RO | 19 | 10 |
"La Tronche a gagné l'état d'esprit, l'abnégation et le courage", saluait le coach adverse Julien Pincemin, très peu satisfait de la prestation des siennes, pourtant victorieuses 67-74. "Sans leur manquer de respect, on avait plus de talent et d'expérience."
Une différence colossale, même, à l'image de la raquette dépeuplée du BCTM, où Merveille Lokoka et Penda Diagne, respectivement en NF1 (avec Geispolsheim) et NF3 (avec la réserve) l'an dernier, ont courageusement fait face à Ana Maria Filip et Assitan Koné, deux intérieures estampillées équipe de France.
"On est capables d'exister !"
"C'est une rencontre qui nous fait avancer", apprécie le jeune technicien local, Clément Sanchez (33 ans). "Je suis fier du travail des joueuses, qui ont fait un match de guerrières et honneur au maillot, malgré un manque de réalisme (4/26 à 3-points, huit lancers ratés, ndlr). On a des regrets, et tant qu'on a des regrets, ça veut dire qu'on espère. Donc continuons à avoir des regrets, mais pas trop longtemps non plus..."

Attendu à Lyon le week-end prochain pour un derby inédit contre l'ASVEL, le BCTM ne vise forcément rien d'autre que le maintien pour sa découverte de l'élite. "On est le Petit Poucet en termes de budget mais on l'a souvent été donc ça ne nous fait pas peur", martèle Alexandra Longo. "Avec nos armes, on peut y arriver. Malgré trois joueuses absentes, on a vu qu'on était capables d'exister donc on va embêter plus d'une équipe. Regarder tout le monde les yeux dans les yeux, c'est notre marque de fabrique."
Sorti de la confidentialité de la Ligue 2, le club isérois espère surtout profiter de son arrivée en Boulangère Wonderligue pour "gagner en visibilité" et donner "envie aux gens de rejoindre l'aventure" glisse la présidente.
"On n'a volé notre place à personne !"
Une saison en Boulangère Wonderligue pour grandir, se structurer et évidemment tenter de s'y pérenniser, en évitant la 12e place, promise par tous les observateurs, qui n'ont pas manqué de noter le départ des deux leaders de l'an dernier, Célia Cardenal (la MVP de la finale, 19 points face à Basket Landes ce dimanche) et Aurore Pautou. À ce titre, une défaite initiale face à un concurrent direct pour le maintien est déjà une mauvaise opération, mais reste encore porteuse d'espoir...

"Je n'ai pas attendu cette performance pour savoir qu'on est une vraie équipe de La Boulangère Wonderligue", clame Clément Sanchez. "On a gagné notre place sur le terrain et on ne l'a volée à personne. Derrière, on est aussi allé la chercher administrativement parlant. Dans le contexte actuel, le groupe est très résilient mais je n'avais aucun doute sur le fait qu'on avait notre place." Le droit d'y jouer, oui, et le droit d'avoir prochainement d'autres frissons, cette fois pour y célébrer une première victoire ?
À Aix-les-Bains,

































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