Flammes Carolo : plus d'un demi-million d'euros de préjudice présumé, révèle la justice

Abonnez-vous pour profiter dès maintenant d'une lecture fluide, rapide et sans aucune pub.
À partir de 5€Essai gratuitL'affaire judiciaire qui secoue les Flammes Carolo prend une nouvelle dimension. Après les gardes à vue de cinq personnalités du club de Charleville-Mézières, mardi 6 octobre, le parquet a communiqué jeudi soir sur les suites de la procédure. Selon les informations rapportées par L'Équipe, qui a consulté le communiqué de la procureure de la République, le préjudice présumé dépasse désormais 545 000 euros. Une somme répartie entre la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) et France Travail.
Les cinq personnes interpellées ont été mises en examen pour escroquerie ou complicité d'escroquerie aggravées au préjudice d'organismes de protection sociale. L'association Flammes Carolo Basket Ardennes est également mise en examen. Tous les mis en cause contestent les faits qui leur sont reprochés et bénéficient de la présomption d'innocence.
Plus de 500 000 euros pour la CPAM, 45 000 euros pour France Travail
Les montants communiqués par la justice donnent une première mesure de l'ampleur de cette affaire. Selon la procureure de la République de Charleville-Mézières, le préjudice de la CPAM dépasse 500 000 euros, tandis que celui de France Travail est supérieur à 45 000 euros.
Les investigations portent notamment sur des arrêts maladie et des certificats médicaux qui auraient été abusifs ou fictifs, concernant des joueuses du club, notamment pendant les périodes de trêve internationale. Des indemnités chômage potentiellement perçues de manière indue sont également examinées, selon L'Ardennais.
Le quotidien régional précise que les enquêteurs sont remontés jusqu'en 2019. L'instruction devra désormais établir la réalité des faits, les éventuelles responsabilités individuelles et le montant définitif du préjudice.
Romuald Yernaux autorisé à entraîner, Amel Bouderra écartée
Au-delà des sommes évoquées, les décisions du juge d'instruction ont des conséquences immédiates sur le fonctionnement des Flammes Carolo, engagées en La Boulangère Wonderligue.
Les cinq personnes physiques mises en examen ont été placées sous contrôle judiciaire, avec des obligations différentes selon leurs responsabilités. Le juge a notamment ordonné des cautionnements et prononcé plusieurs interdictions de contact, de présence et d'exercice au sein du club.
Romuald Yernaux, entraîneur historique et directeur général, conserve uniquement ses prérogatives liées à l'entraînement et aux matches de l'équipe première. Il ne peut donc plus intervenir dans la gestion administrative et financière du club. Son avocat, Me Xavier Medeau, conteste les accusations et entend prendre connaissance du dossier pour répondre aux éléments de l'enquête.
Son père, Yannick Yernaux, président de l'association, ne peut plus exercer d'activités financières. Son avocat, Me Pierre Blocquaux, affirme dans L'Ardennais que son client ne s'est pas enrichi personnellement dans cette affaire. Il évoque plutôt, si les faits devaient être établis, un éventuel défaut de gestion.
La situation est plus contraignante pour Amel Bouderra, ancienne internationale française devenue directrice sportive. Son contrôle judiciaire lui interdit toute activité au sein des Flammes Carolo, ainsi que l'accès aux locaux du club. Son avocate, Me Julie Ségaud, déclare dans L'Ardennais : « Nous contestons totalement et fermement ce qui est reproché à ma cliente. »
Le coordinateur administratif bénévole est soumis à des restrictions similaires. Quant au médecin du club, Maxime Buffet (également en poste en équipe de France), mis en examen pour complicité d'escroquerie, il peut continuer à exercer sa profession médicale, mais ne peut plus se rendre à l'Arena ni entrer en contact avec les quatre autres personnes concernées.
L'association Flammes Carolo également mise en examen
Autre élément important de la communication du parquet : la procédure ne vise pas uniquement les cinq personnes interpellées. L'association Flammes Carolo Basket Ardennes a elle aussi été mise en examen pour escroquerie aggravée au préjudice d'organismes de protection sociale.
Cette précision est importante alors que le club doit continuer à fonctionner malgré les restrictions imposées à plusieurs de ses principaux responsables. L'instruction devra déterminer les responsabilités de chacun et établir si les pratiques suspectées ont effectivement été mises en œuvre.
Les avocats des personnes mises en examen contestent les accusations. À ce stade, aucune condamnation n'a été prononcée.
Les Flammes Carolo doivent poursuivre leur saison
Sur le terrain, les joueuses de Charleville-Mézières ont disputé mercredi 7 octobre leur rencontre de championnat face à Basket Landes, perdue 61 à 69 à domicile, au lendemain des premières interpellations.
Le prochain rendez-vous est fixé au samedi 10 octobre, avec un déplacement à Landerneau. Romuald Yernaux pourra être présent sur le banc, contrairement à Amel Bouderra, désormais empêchée d'exercer ses fonctions de directrice sportive.
Pour les Flammes Carolo, l'enjeu immédiat est de maintenir leur activité sportive et leur fonctionnement quotidien alors que plusieurs figures centrales de l'organisation sont concernées par la procédure judiciaire. L'instruction, qui ne fait que commencer, devra permettre de préciser la nature des faits reprochés et leurs éventuelles conséquences pour le club ardennais.





























Commentaires (2)